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    Пекин

    De quel côté penche Pékin dans l'affaire Skripal?

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    Affaire Skripal (126)
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    Aujourd'hui, certains se demandent pourquoi Pékin ne condamne pas sans équivoque le Royaume-Uni pour ses provocations en lien avec l'affaire Skripal. De telles pensées témoignent de l'incompréhension du fond des relations sino-russes et du principal objectif visé par Vladimir Poutine et Xi Jinping.

    Et si Vladimir Poutine ne se demande pas quelle position la Chine adopte dans ses batailles contre l'Occident, les médias jouent à chaque fois la «carte de la position chinoise». À peine la Russie est-elle durement accusée, comme dans le cas de l'empoisonnement de Sergueï Skripal, que les médias libéraux russes — et pas seulement — se mettent à spéculer: «La Chine n'a pas soutenu la Russie, elle reste à l'écart et observe notre bagarre avec l'Occident». Ils en concluent que Pékin n'est ni un ami ni un allié pour Moscou, qu'il faut craindre les Chinois, qu'on ne peut pas leur faire confiance, qu'il faut se tenir à l'écart parce que soit ils nous asserviront, soit ils s'entendront dans notre dos avec l'Occident pour nous trahir.

    Une telle méfiance envers tous les autres pays est dangereuse parce qu'elle complique la tâche et rend la solution bien plus coûteuse et complexe, voire impossible. Autrement dit, la Russie ne peut pas à elle seule construire un nouvel ordre mondial post-atlantique, cela nécessite au moins une coordination avec les autres puissances contestant l'ordre financier, économique et militaro-politique en place.

    C'est pourquoi il faut analyser les relations de la Russie avec la Chine sur une échelle globale, non pas simplement comme des relations bilatérales mais comme une alliance stratégique, voire une union afin d'atteindre les objectifs que chaque pays se fixe. Ces objectifs convergent sur l'essentiel: la nécessité de construire un nouvel ordre mondial dont le centre de gravité se trouverait en Eurasie, et non dans l'Atlantique.

    Des relations d'alliés trop ouvertes entre les deux pays compliqueraient leur travail sur la scène internationale, une alliance militaire signalerait aux États-Unis leur disposition à lutter sur tous les fronts, de l'Ukraine au Pacifique. Mais, premièrement, les deux pays misent sur le déclin de l'ère américaine, pacifiquement, à travers un affaiblissement parfaitement objectif aussi bien des positions militaires que financières et économiques des États-Unis. Et deuxièmement, la Chine ne s'est pas encore dotée d'une armée et d'une flotte suffisantes pour lancer ouvertement un défi aux Américains et commencer à les repousser de l'Asie du Sud-Est et du Pacifique. Pékin avance progressivement et n'est pas enclin à aller trop vite en besogne. Alors que la Russie, qui en 2014 est entrée en confrontation ouverte avec l'Occident, adopte une position bien plus dure dans ses relations avec les atlantistes, notamment à cause de la lutte pour l'Ukraine mais elle mise également sur une diminution progressive de la dépendance de l'Europe envers les États-Unis et sur le renforcement des contradictions au sein de l'Occident.

    Alors que la position de Pékin sur l'affaire Skripal est formellement neutre — son ministère des Affaires étrangères a déclaré que le «problème entre la Russie et le Royaume-Uni devait être réglé en s'appuyant sur les faits». Mais les remarques sur le caractère inadmissible d'attiser la situation et les articles dans la presse officieuse ne laissent aucun doute au sujet de savoir de quel côté penche Pékin.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe.

    Dossier:
    Affaire Skripal (126)

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    Tags:
    Sergueï Skripal, Chine, Russie
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