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    Manuel Valls

    Dans les traces de Saakachvili: Valls part à la conquête de l’étranger

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    Gazeta.ru
    Traduction de la presse russe (avril 2018) (46)
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    L'ex-premier ministre et ancien ministre de l'Intérieur français Manuel Valls a déclaré qu'il étudiait la possibilité de se présenter aux élections municipales de Barcelone l'an prochain. Il a partagé ses plans dans une interview à la chaîne espagnole TVE.

    Manuel Valls critique l'indépendance de la Catalogne et s'est exprimé à plusieurs occasions à ce sujet, écrit le site d'information Gazeta.ru.

    Les origines de l'ancien chef du gouvernement français lui donnent la possibilité d'être candidat à la mairie de la deuxième plus grande ville d'Espagne: son père est suisse mais sa mère est d'origine catalane, et Manuel Valls est né à Barcelone.

    Dans son interview à TVE, ce dernier a noté que les autorités avaient réussi à combattre le séparatisme local mais que la Catalogne restait «divisée», et que les projets séparatistes existeraient probablement pendant longtemps car la société était divisée.

    L'automne dernier, la Catalogne a été secouée par des manifestations importantes en soutien à l'indépendance vis-à-vis de Madrid, et au final le conflit entre les Catalans et les autorités centrales espagnoles s'est aggravé.

    La région autonome a organisé de sa propre initiative un référendum sur l'indépendance où la grande majorité des votants s'est prononcée pour le détachement de l'Espagne. Madrid a déclaré de son côté que ce référendum n'avait pas de force juridique et sapait les bases constitutionnelles de l'État. Le jour du vote, la police et la garde nationale espagnole ne se sont pas montrées sous leur meilleur jour en utilisant contre des milliers d'activistes désarmés (y compris des personnes âgées) des matraques et du gaz lacrymogène. A ce moment, le dirigeant de la Catalogne Carles Puigdemont, après avoir longuement hésité, a tout de même déclaré qu'il n'organiserait pas d'élections anticipées.

    Madrid a réagi assez durement aux actions de Barcelone. Plusieurs dirigeants catalans ont été arrêtés et le président Puigdemont a fui à l'étranger pour échapper aux poursuites en Espagne. D'après les experts, les événements d'octobre pourraient se reproduire car les partisans de l'indépendance restent nombreux en Catalogne. Ainsi, l'an dernier, plus de 90% des participants au référendum ont voté pour la sortie de l'Espagne. Toutefois, près de 3 millions de personnes ayant le droit de vote n'ont pas participé au scrutin.

    Le leader du parti catalan Citoyens, Albert Rivera, a déclaré que Valls pourrait être l'un de ceux à qui son parti ferait appel pour la course au poste de maire de Barcelone. Il a décrit le Français comme un «démocrate convaincu» et un «ami de l'Espagne quand elle était en pleine lutte contre le séparatisme». Les élections municipales de Barcelone sont prévues pour 2019.

    On ignore pour l'instant quelles sont les chances de Manuel Valls de devenir maire de Barcelone, mais cela ne l'aidera certainement pas à revenir dans la vie politique française car le Parti socialiste auquel il appartient est en déclin.

    «Il n'a aucun espoir en France parce que le centre-gauche a définitivement cessé d'exister. C'est Macron qui incarne désormais le centriste de gauche 2.0», déclare Vladimir Brouter, expert de l'Institut d'études sociopolitiques.

    Ce dernier fait toutefois remarquer qu'en tant qu'homme politique de gauche, Manuel Valls veut se présenter aux élections municipales pour un parti de droite. «Un politicien de gauche devient de droite et veut poursuivre la politique de la droite. Cela signifie qu'il profite de la moindre occasion de revenir au pouvoir», explique l'expert, comparant Manuel Valls à un «candidat parachuté» qui n'a rien à voir avec l'Espagne. Vladimir Brouter précise également que Manuel Valls fait ses déclarations alors que les principaux politiciens catalans sont en prison, et que cela ne lui fait pas honneur.

    Carrières politiques sans frontières

    Manuel Valls n'est pas le premier qui, après avoir construit sa carrière politique dans un pays, a tenté de se faire élire à un poste politique important dans un autre. L'exemple le plus révélateur est celui de l'ex-président géorgien Mikhaïl Saakachvili qui, après son départ du poste présidentiel, est devenu gouverneur de la région d'Odessa en Ukraine. Cela est devenu possible après l'octroi à Mikhaïl Saakachvili de la citoyenneté ukrainienne par le président de l'Ukraine, mais elle lui a été retirée ensuite.

    Le prédécesseur de Mikhaïl Saakachvili à la tête de l'État géorgien, Edouard Chevardnadze, a été ministre des Affaires étrangères de l'URSS pendant plusieurs années et fut l'un des politiciens soviétiques les plus influents de l'époque de Mikhaïl Gorbatchev.

    L'histoire de l'URSS connaît également des politiciens étrangers qui ont occupé des postes importants dans leur pays avant de faire carrière dans un autre. Par exemple, le politicien communiste finlandais Otto Kuusinen a dirigé le gouvernement fantoche prosoviétique de la République démocratique de Finlande en 1939, puis plus tard, en URSS, Otto Kuusinen est devenu chef du Soviet suprême de la République socialiste soviétique carélo-finnoise.

    Son compatriote le général Carl Mannerheim, qui a combattu de l'autre côté des barricades, a été président de la Finlande de 1944 à 1946. Une histoire très controversée est liée au nom de Mannerheim. Un tableau accroché sur le mur de l'école militaire en hommage à Mannerheim en octobre 2016 a été retiré à cause de l'indignation sociale que cela avait suscité — les opposants pointaient la participation de Mannerheim à la guerre contre l'URSS.

    En ce qui concerne l'histoire contemporaine, en 2016, l'ex-président roumain Traian Basescu a obtenu la citoyenneté moldave. Comme l'ont expliqué les experts, l'ancien dirigeant roumain l'avait fait avec un seul but: devenir président de ce pays.

    Toutefois, au final, le président moldave Igor Dodon a privé Basescu de la citoyenneté moldave et ce dernier a été contraint de rentrer en Roumanie.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    Dossier:
    Traduction de la presse russe (avril 2018) (46)

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    Tags:
    Mikhaïl Saakachvili, Manuel Valls, Barcelone, Espagne
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