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    Giuseppe Conte

    Les eurosceptiques italiens se préparent pour une confrontation avec Bruxelles

    © AFP 2018 Vincenzo Pinto
    Lu dans la presse
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    Nezavissimaïa gazeta
    Traduction de la presse russe (mai 2018) (73)
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    Le Président italien Sergio Mattarella a examiné la candidature du professeur de droit privé à l'université de Florence Giuseppe Conte au poste de Premier ministre du pays. Ce dernier a été proposé à ce poste par les leaders de la coalition composée des partis Ligue et Mouvement 5 Etoiles (M5E).

    Giuseppe Conte n'a aucune expérience de travail à un poste politique, il a passé la majeure partie de sa carrière dans le milieu académique, écrit mercredi le quotidien Nezavissimaïa gazeta. Selon le professeur, ces quatre dernières années il entretenait des contacts avec des représentants du M5E, et en prévision des législatives italiennes de mars le parti lui a proposé un poste au gouvernement. Giuseppe était censé s'occuper de la réforme du pouvoir exécutif afin d'améliorer son efficacité.

    Dans le même temps on ignore quelles fonctions précises exercera M. Conte. D'après les analystes son rôle se résumera à remplir les consignes de ses patrons politiques — Luigi Di Maio et Matteo Salvini.

    Entre temps les traits du nouveau cabinet ministériel se dessinent. Ainsi, selon les médias, Luigi Di Maio a l'intention de diriger le ministère du Travail et du Développement économique. Ce qui attribuerait au leader du M5E les pouvoirs pour mettre en œuvre les réformes promises pendant la campagne — à savoir fournir aux citoyens un revenu de base, instaurer une échelle linéaire des impôts sur le revenu des compagnies et des particuliers et apporter des changements à la loi des retraites.

    Alors que le poste de ministre de l'Intérieur pourrait revenir à Matteo Salvini où le politicien pourrait appliquer la ligne de durcissement de la politique migratoire. Il est à noter que dans son programme politique la coalition avait promis de revoir les principes de travail de la patrouille maritime en Méditerranée sous l'égide de l'UE. L'idée consiste à faire arrêter tous les navires n'appartenant pas aux Etats membres de l'UE. De plus, Matteo Salvini a fait part de son intention d'intensifier la lutte contre l'extrémisme islamiste en fermant notamment les mosquées et les organisations religieuses affiliées aux structures radicales.

    Cette coalition Salvini-Di Maio se transformera presqu'à coup sûr en une épine dans le pied de l'UE. Dans le brouillon du programme des deux partis rendu public par le Huffington Post les politiciens admettent la possibilité de sortir de la zone euro. Cette démarche et d'autres mesures radicales ont été rayées de la version finale, mais les positions de Bruxelles et de Rome restent tout de même irréconciliables sur plusieurs problèmes.

    Premièrement, le M5E et la Ligue s'opposent aux «certains aspects» des transactions commerciales de l'UE avec d'autres pays qui, selon eux, ne défendent pas suffisamment les intérêts des citoyens et des producteurs européens. A titre d'exemple les politiciens italiens citent l'accord de libre-échange avec le Canada et l'éventuel traité avec les USA sur le Partenariat transatlantique.

    Deuxièmement, le nouveau gouvernement a l'intention d'accélérer la croissance économique italienne en augmentant les investissements publics. D'après certains experts, les mesures annoncées par la coalition pourraient coûter au moins 100 milliards d'euros, doit 6% du PIB Italien. Dans ce contexte le M5E et la Ligue ont l'intention de se battre pour assouplir la politique macroéconomique injustement intransigeante de Bruxelles et faire réformer la règle budgétaire.

    Le président du Parlement européen Antonio Tajani a qualifié les intentions des eurosceptiques de faire sortir l'Italie de la zone euro de démarche «irresponsable».

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    Dossier:
    Traduction de la presse russe (mai 2018) (73)

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    Tags:
    Giuseppe Conte, Sergio Mattarella, Bruxelles
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