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    Golan

    La fenêtre donnant sur la guerre: les Druzes du Golan otages du conflit syrien

    © AFP 2019 Jalaa Marey
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    Kommersant
    Traduction de la presse russe (mai 2018) (73)
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    Il vient d'être annoncé que le gouvernement de Benjamin Netanyahu exigeait de Washington la reconnaissance de la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan contrôlé par Israël depuis 1967 et qui appartenait auparavant à la Syrie.

    La petite Syrie sur le territoire israélien — quatre villages de Druzes sur le Golan. Ils parlent toujours de politique et ne cessent de débattre, raconte le quotidien Kommersant. La plupart des habitants n'ont pas la citoyenneté israélienne et ils commencent toutes leurs conversations avec les journalistes en disant «nous sommes Syriens et nous nous trouvons sur un territoire occupé», bien que certains d'entre eux aient réussi leur vie en Israël.

    Les Druzes sont une minorité ethno-confessionnelle au Moyen-Orient. Ils vivent essentiellement sur le territoire libanais, syrien et israélien. Les Druzes israéliens (plus de 100.000) servent dans l'armée, le plus souvent dans le renseignement, et la plupart sont loyaux envers l'Etat hébreu, contrairement aux Druzes du Golan. En 1981, le parlement israélien a adopté une loi sur le plateau du Golan proclamant unilatéralement la souveraineté israélienne sur ce territoire. Le Conseil de sécurité des Nations unies n'a pas reconnu cette décision. Tout comme les Druzes locaux qui ont refusé notamment d'accepter la citoyenneté israélienne. Sur les 23.000 habitants seulement près de 9.000 l'ont, parce que les personnes nées après 1990 la reçoivent automatiquement.

    «Israël tente de persuader les habitants du Golan que la Syrie n'existe plus», déclare le cheikh Rafik Ibrahim, un habitant local. La plupart sont persuadés qu'Israël a décidé de profiter de la situation. Comme quoi en voyant les horreurs de la guerre les Druzes ont perdu l'espoir de réunification avec la patrie historique et sont déçus par Damas, et c'est pourquoi pour la première fois depuis 1967 Israël a annoncé des élections municipales en octobre prochain dans les villages druzes du Golan. Jusqu'à présent les maires des villes étaient nommés par le ministre israélien de l'Intérieur. Conformément à la loi, les maires et les autorités municipales doivent être des citoyens israéliens, mais ils sont minoritaires dans cette région. C'est l'une des raisons pour laquelle les habitants s'opposent aux élections. «Participer aux élections reviendrait à reconnaître l'occupation», poursuit le cheikh Rafik Ibrahim.

    Bien qu'il n'existe pas de relations officielles entre Israël et la Syrie et que la frontière (plus exactement la ligne de démarcation) soit fermée, les Druzes locaux exportaient avec l'accord des deux parties dans leur patrie historique des tonnes de pommes, ce qui leur apportait un soutien économique conséquent. Chaque année des dizaines d'étudiants du Golan partaient en Syrie effectuer des études gratuites dans les universités, des mariages étaient célébrés des deux côtés de la frontière. Les Druzes se marient uniquement au sein de leur communauté, et il n'est pas facile de se trouver une compagne vu leur faible nombre en Israël. A présent tout cela n'existe plus. Les contacts déjà très modestes entre les familles ont cessé. «Mes proches vivent dans différentes régions de la Syrie, y compris à Idleb où sévissent les terroristes. Cela fait longtemps que nous n'avons pas eu de leurs nouvelles», s'inquiète Rafik Ibrahim.

    Les habitants locaux savent qu'à tout moment ils peuvent devenir des victimes accidentelles du conflit en Syrie, ainsi que de la confrontation entre l'Iran et Israël. Mais ils sont surtout préoccupés par la situation sur le territoire syrien, car leur avenir en dépend.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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    Hauteurs du Golan, Israël, Syrie
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