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    Narendra Modi et Xi Jinping. Photo d'archive

    Trump rapproche les adversaires de longue date l'Inde et la Chine

    © REUTERS / Kim Kyung-Hoon
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    Nezavissimaïa gazeta
    Traduction de la presse russe (juillet 2018) (37)
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    Inquiète face à la hausse de l'influence de la Chine en Asie du Sud, l'Inde a appelé ses diplomates à expliquer aux pays voisins que la dépendance envers les projets chinois était susceptible de les entraîner dans un gouffre de dettes. C'est d'ailleurs déjà le cas du Sri Lanka, qui est incapable de rembourser les crédits qui lui ont été accordés.

    Selon l'intervention de la chef de la diplomatie indienne Sushma Swaraj, il faut opposer à la Chine le «soft power» (ou «manière douce»). En même temps, les représentants militaires des deux pays cherchent à s'entendre pour éviter un conflit frontalier, écrit mardi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    Selon la description que font les ambassadeurs de l'Inde de l'état de la rivalité indochinoise dans les pays voisins, au Bangladesh la Chine occupe des positions économiques fortes. Le gouvernement de cette république densément peuplée est disposé amicalement envers l'Inde. Certains politiciens du Bangladesh craignent que le pays puisse se retrouver dans un gouffre de dettes comme le Sri Lanka.

    Dans les Maldives, le régime au pouvoir a tenté d'éliminer intentionnellement l'influence de l'Inde. La Chine y a obtenu une immense domination grâce aux investissements dans la construction d'un aéroport, d'un pont, d'un port et dans l'aménagement des îles.

    Ashok Kantha, ancien ambassadeur indien en Chine, déclare que Pékin ne cache pas ses ambitions concernant sa périphérie étrangère. Sushma Swaraj a souligné que l'Inde ne devait pas entrer en compétition avec la Chine par rapport aux ressources allouées aux pays voisins: elle doit s'appuyer sur ses amis et expliquer que la coopération économique avec Pékin peut avoir des conséquences négatives pour les pays emprunteurs.

    Par ailleurs, Vinay Shukla, rédacteur consultant du magazine India Strategic, a noté: «Les différends entre l'Inde et la Chine persisteront. Ils peuvent s'aggraver. Mais tout de même, en tant que voisins et puissances nucléaires, les deux pays ont de nombreux intérêts en commun. Le premier ministre Narendra Modi et le président chinois Xi Jinping en ont parlé pendant leur rencontre au printemps dans la ville chinoise de Wuhan. D'autant que la coopération est nécessaire aujourd'hui que le système économique mondial et les règles de l'OMC sont menacés par les USA de Donald Trump.»

    Selon l'expert, l'Inde et la Chine collaboreront certainement plus étroitement après le sommet des Brics qui se tiendra ce mois-ci en Afrique du Sud. «Je pense que l'Inde et la Chine accepteront de prendre en quelque sorte la tête du processus de création du «nouvel ordre mondial». Évidemment, l'Inde et la Chine souhaitent toutes les deux de bonnes relations avec les USA. Elles avanceront prudemment. Mais la guerre commerciale, si elle commençait, pousserait la Chine et l'Inde vers une coordination bien plus significative des actions sur la scène mondiale», conclut Vinay Shukla.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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    Traduction de la presse russe (juillet 2018) (37)

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