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    Le Congrès US renonce à soutenir l'Arabie saoudite mais Trump serait d’un autre avis

    © AFP 2019 KIM JAE-HWAN
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    Kommersant
    Traduction de la presse russe (avril 2019) (29)
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    La Chambre des représentants du Congrès américain a adopté jeudi une résolution sur l'arrêt du soutien américain à l'Arabie saoudite dans le cadre du conflit au Yémen. La résolution a été soutenue par 247 congressistes contre 175, mais l'entrée en vigueur de ce document exige la signature de Trump.

    Le projet de loi sur l'arrêt du soutien américain à l'Arabie saoudite a été initié par les sénateurs Mike Lee (républicain) et Bernie Sanders (démocrate), qui ont présenté fin janvier leur projet à la Chambre des représentants et au Sénat. Selon Bernie Sanders, les États-Unis «ne peuvent plus continuer de coopérer avec un gouvernement despotique», écrit le quotidien Kommersant

    «Si vous vous souciiez réellement de la vie des Yéménites, vous soutiendriez les efforts de l'Arabie saoudite pour empêcher la transformation du Yémen en marionnette du pays brutal et corrompu qu'est la République islamique d'Iran», a souligné le secrétaire d'État américain Mike Pompeo après l'adoption de la résolution par le Sénat.

    La coalition arabe menée par l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis a lancé son opération militaire au Yémen en mars 2015. Selon l'ONG Armed Conflict Location & Event Data Project (ACLED), la coalition est responsable de la mort avérée de 4 700 civils.

    De 2015 à 2019, les États-Unis ont livré à l'Arabie saoudite au moins 68 milliards de dollars d'armes. Ces données, publiées sur le site MiddleEastEye.net, ont été récemment présentées par le centre analytique américain Security Assistance Monitor (SAM).

    Cette somme regroupe les contrats de livraison d'armes publics et privés, et dépasse de plusieurs fois les volumes de l'aide humanitaire livrée au Yémen par l'Onu. Selon le rapport, en 2015, quand l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont lancé leur campagne militaire au Yémen, les entreprises américaines ont signé avec ces pays des contrats de livraison d'armes pour 14 milliards de dollars. Elles y ont fourni depuis des armes à feu, des bombes et des systèmes d'armement.

    Le SAM souligne que les États-Unis ont signé des accords militaires avec l'Arabie saoudite même après les révélations sur le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi dans l'enceinte du consulat général d'Arabie saoudite à Istanbul en octobre dernier. Ainsi, l'administration Trump a approuvé en décembre un accord commercial pour la modernisation des systèmes antimissiles Patriot de l'armée saoudienne pour plus de 195 millions de dollars. A plusieurs reprises, le Président américain a souligné la nécessité de poursuivre la coopération militaire avec l'Arabie saoudite par crainte de céder ce marché à la Russie.

    Selon William Hartung, directeur de projet armement et sécurité du Center for International Policy (Washington), la participation des États-Unis au conflit est sous-estimée car les ventes privées d'armes sont rarement évoquées ou évaluées. Il souligne que la plupart des transactions ont été approuvées par le Congrès sans aucune résistance.

    D'après les études de l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm, la coalition arabe n'aurait tout simplement pas eu assez de ressources pour mener cette guerre sans le soutien des États-Unis.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    Dossier:
    Traduction de la presse russe (avril 2019) (29)

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    Tags:
    ventes d'armes, Patriot (missile), Security Assistance Monitor (SAM), Congrès américain, coalition arabe, ONU, Mike Lee, Mike Pompeo, Bernie Sanders, Jamal Khashoggi, Donald Trump, Iran, Yémen, États-Unis
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