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Quel est le bilan de la première rencontre des Présidents Joe Biden et Vladimir Poutine à Genève, au moment où les relations entre la Russie et les États-Unis sombrent? Analyse de Claude Blanchemaison, ancien ambassadeur de France en Russie, pour Le Désordre mondial.

Vladimir Poutine et Joe Biden se sont rencontrés pour la première fois en face à face en tant que Présidents le 16 juin dernier à Genève. La réunion s’est tenue à la demande de Biden.

La veille de la rencontre Biden avait gelé 100 millions de dollars d’aide militaire américaine à l’Ukraine, selon Politico.

Mais qu’est-ce que Biden pourrait bien vouloir de la Russie en contrepartie? Son soutien pour traiter avec la Chine, considérée comme l’ennemi numéro un des États-Unis mais qui est un allié de Moscou? Ou peut-être –comme Biden l’a lui-même suggéré lors du sommet du G7– son aide pour stabiliser et reconstruire la Syrie après le chaos dans lequel l’a plongée l’ancien Président Barack Obama, dont Biden était vice-Président? 

Pendant ce temps, le chœur antirusse s’est montré contrarié par le déroulement de cette réunion, considérant qu’il avait été trop favorable à Poutine. Alexander Vindman, directeur des Affaires européennes et russes au Conseil de sécurité nationale sous Donald Trump, a déclaré dans un article que «Poutine est toujours en train de gagner». 

Pourquoi certains estiment-ils que la diplomatie entre les deux nations doit être un jeu à somme nulle? Est-il naïf de croire que les États-Unis et la Russie puissent un jour être des alliés qui coopèrent?

Claude Blanchemaison, ancien ambassadeur de France en Russie, considère que le point le plus important de cette rencontre est la reconnaissance que les pays sont responsables de la stabilité stratégique du monde:

«À eux deux, ils possèdent 90 % des ogives nucléaires et fusées intercontinentales. Entre eux, la guerre nucléaire est donc impossible. Ce qui a donc prévalu, c’est un jugement de réalité: pour le moment, la Russie est le partenaire stratégique des États-Unis et il y a une sorte de coresponsabilité sur la stabilité mondiale.»

L’Ukraine était l’un des thèmes évoqués lors de la rencontre entre les Présidents. Son adhésion à l’Otan est perçue par Moscou comme une ligne rouge, comme le déclarait le porte-parole du Kremlin:

«Certains membres des cercles de sécurité américains ont plusieurs fois dit que l’Ukraine devrait un jour rentrer dans l’Otan. Je pense que Joe Biden a très clairement compris le message du Président russe: il n’en est pas question, ce serait un casus belli, il enclencherait un conflit armé majeur. Il en est de même pour la Géorgie», analyse Claude Blanchemaison.

L’ancien diplomate salue par ailleurs le professionnalisme avec lequel a été menée la rencontre:

«Il n’y a pas eu de conférence de presse conjointe, ce qui signifie qu’il n’y a pas la tentation de faire des effets de manche et d’écraser le camarade sur le pupitre voisin… Je crois que des deux côtés, on a tenu un sommet professionnel, bien préparé, par des gens qui connaissent bien leurs dossiers. Les deux Présidents se sont comportés en professionnels de la diplomatie. Des progrès ont été accomplis sur le contrôle du désarment et sur le dossier des cyberattaques.»

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Tags:
États-Unis, Russie, Ukraine, Joe Biden, Vladimir Poutine
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