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    Photographie de l'évangéliaire d'Ostromir, le manuscrit ancien. Image d'illustration

    La protection de la langue russe, une question de sécurité nationale

    © Sputnik . P. Manuchine
    Russie
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    Le 26 mai, le président Vladimir Poutine a pris part à la première réunion de la Société de la langue et de la littérature russes, structure récemment fondée pour préserver les valeurs culturelles du pays.

    Bien que les discussions aient porté sur des questions linguistiques et littéraires, leur ardeur a parfois rappelé celle des débats du Conseil de sécurité de Russie. Et pour cause, car les problèmes évoqués par les participants étaient directement liés à la sécurité nationale du pays.

    "Préserver la langue, la littérature et la culture russes revient à protéger notre sécurité nationale et à conserver notre identité dans le monde globalisé", a déclaré Vladimir Poutine lors de la réunion.

    Force est de constater que la langue russe ne cesse de se dégrader. Plusieurs raisons en sont la cause: la baisse du niveau d'instruction des habitants du pays, le fait qu'ils lisent de moins en moins et la tendance d'un grand nombre d'entre eux à parler argot et à employer à tort et à travers des mots d'emprunt. L’Internet à la place des livres et les réseaux sociaux en guise de littérature… Tout cela finit par appauvrir le vocabulaire des gens et les rend incapables de formuler logiquement et correctement leurs pensées.

    Aussi étrange que cela puisse paraître, rien — ou peu s'en faut — n'a changé dans l'usage quotidien du russe ces 300 dernières années. Le grand écrivain Alexandre Griboïedov avait signalé en son temps la tendance de ses compatriotes à "mélanger des langues: celles de France et celle de Nijni-Novgorod". Cette pratique existe toujours, sauf qu'aujourd'hui le français est remplacé par l'anglais. L'abondance des emprunts à la langue de Shakespeare est telle qu'une personne normalement constituée a parfois du mal à comprendre son interlocuteur.

    Le rédacteur en chef de la "Litteratournaïa Gazeta", Youri Poliakov se plaint de voir partout des enseignes en anglais dans les villes russes.

    "J'ai demandé à plusieurs reprises à nos commerçants: «Pourquoi avez-vous appelé votre établissement Food City? Ne pensez-vous pas qu'un nom russe aurait été plus approprié?». Ils répondent: «Non, Food City est le seul nom qui convient»", a raconté M. Poliakov.

    Cette tendance à mélanger le russe et l'anglais donne un effet affreux en transformant le parler de certaines personnes en une parodie monstrueuse de ces deux langues.

    "Il convient de citer ici l'écrivain Alexandre Kouprine qui qualifiait le russe «d'histoire de notre peuple», qui le considérait comme la «voie de notre civilisation et de notre culture» et qui jugeait nécessaire de «l'étudier et de le préserver». C'est là une assertion juste et profonde. Ce n'est pas la première fois que nous évoquons les problèmes de la langue et de la littérature russes, problèmes qui méritent une attention bien plus grande que celle qui leur était accordée jusqu'à présent. Car il en va ni plus ni moins de notre identité nationale", a indiqué le président russe lors de la réunion de la Société de la langue et de la littérature russes.

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    Tags:
    identité nationale, sécurité nationale, littérature, langue russe, Société de la langue et de la littérature russes, Alexandre Kouprine, Iouri Poliakov, William Shakespeare, Alexandre Griboïedov, Vladimir Poutine, Russie
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