Santé
URL courte
Par
6134
S'abonner

Alors que l’exécutif a suspendu les vols entre le Brésil et la France en raison des inquiétudes autour du variant brésilien du Covid-19, cette souche ne deviendra pas majoritaire en France, estime l’infectiologue Benjamin Davido auprès de L’Obs. Il affirme toutefois que l’augmentation du nombre de variants peut induire une résistance aux vaccins.

Ce mardi 13 avril, la France a suspendu ses vols avec le Brésil où la situation sanitaire reste grave en raison de l’émergence d’un variant local du virus, appelé souvent en Europe variant brésilien.

Tandis qu’au Brésil le variant 20J501Y.V3 est majoritaire, en France sa prévalence ne dépasse pas 0,5%, selon les dernières données de Santé publique.

D’après Benjamin Davido, infectiologue à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches, il est improbable que le variant brésilien devienne majoritaire.

«Il y a peu de chances que le variant brésilien devienne majoritaire: il ne remplacera sûrement pas le variant anglais», assure-t-il dans une interview accordée à L’Obs.

Pour lui, le variant brésilien «est stable et à un niveau extrêmement bas, voire inexistant».

Cet avis est partagé par un autre médecin, Jacques Izopet, chef du service de virologie du CHU de Toulouse. «Pour l’instant, il n’y a pas d’inquiétude particulière, mais il faut surveiller», a-t-il dit à La Dépêche début avril.

L’anglais gagne

«Même dans les régions où le variant brésilien est un peu plus implanté, le nombre de cas n’explose pas, on a l’impression qu’il est gêné par les autres variants, et notamment l’anglais», remarque Benjamin Davido.

Effectivement, selon Santé publique France, la prévalence du variant anglais en France est de 82,6% au 7 avril.

Toutefois, un point inquiétant, d’après l’infectiologue, est qu’avec l’augmentation du nombre de variants, «le risque de résistance à la vaccination se multiplie» aussi. Il note également l’absence de données scientifiques établies sur l’efficacité des vaccins existants contre le variant brésilien.

Le variant brésilien

La souche «brésilienne» 20J501Y.V3 a émergé en décembre 2020 dans la région de Manaus, en Amazonie, mais n'a été identifiée pour la première fois comme un nouveau variant qu'en janvier, au Japon, chez des voyageurs ayant séjourné dans ces zones du nord du Brésil.

Selon une étude préliminaire parue en février dans la revue médicale MedRxiv, le variant brésilien peut s’avérer jusqu’à 2,5 fois plus contagieux que la souche originelle. Son potentiel de réinfection, soit sa capacité à contaminer des personnes infectées par le passé, est estimé entre 25 et 61%. Plusieurs indices laissent également croire qu’il touche des patients bien plus jeunes que les autres variants.

Avec 4.000 nouveaux décès par jour liés au coronavirus, les hôpitaux brésiliens sont saturés dans la plupart des régions. Le Président Jair Bolsonaro qui dès le début de l’épidémie avait qualifié le Covid-19 de «gripette» ne veut pas confinement généralisé à l’ensemble du pays.

En dehors du Brésil, ce variant est présent dans de nombreux pays d'Amérique du Sud, notamment en Argentine, au Chili, en Uruguay, au Paraguay, au Pérou, en Bolivie ou au Venezuela, mais aussi aux États-Unis et au Canada.

Lire aussi:

Le MoDem lâche LREM, l'Assemblée rejette le pass sanitaire
«Un gentil garçon»: la mère du tueur présumé du policier à Avignon s’en prend aux autorités
Covid et accident de laboratoire, ces «complotistes» qui avaient vu juste
Tags:
vaccination, vaccin, Covid-19, vols directs, souche de coronavirus
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook