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Prônée par le Pr. Raoult en France, l'hydroxychloroquine ne fait plus partie des molécules recommandées en Russie pour traiter le Covid-19, indique le ministère de la Santé du pays. La décision d’éliminer tel ou tel médicament de la liste est prise si celui-ci montre une faible efficacité dans le traitement de la maladie.

Alors que l'utilisation de l'hydroxychloroquine fait l’objet d’une polémique depuis le début de la pandémie, les autorités sanitaires russes l’ont exclue de la liste des médicaments autorisés pour soigner les patients atteints du Covid-19.

«Il est recommandé d’administrer de l’immunoglobuline humaine contre le Covid-19 aux patients hospitalisés en tant que composant de tout schéma de thérapie antivirale […]. L'hydroxychloroquine est exclue de la liste des médicaments autorisés pour traiter le Covid-19», indique un communiqué publié sur le site du ministère russe de la Santé.

Cinq médicaments figurent dans cette liste: le remdesivir, le favipiravir, l’immunoglobuline humaine, l’interféron alpha et l’umifenovir.

Afin de prévenir une inflammation, il est conseillé aux adultes de prendre des glucocorticoïdes sous forme de poudre à inhaler.

La liste des médicaments de prévention est complétée par deux vaccins anti-Covid, le CoviVac conçu par le centre Tchoumakov de recherches et de conception de produits immunobiologiques et le Spoutnik light à une seule injection.

Cette 11e édition des recommandations sanitaires a été préparée, comme les précédentes, par un groupe de travail de plus de 100 spécialistes russes qui ont analysé les résultats de divers études et essais sur l’efficacité des médicaments. Si une molécule fait preuve d’une faible efficacité, elle est éliminée de la liste, explique le ministère de la Santé.

Polémique sur son efficacité

La controverse sur la nécessité d’administrer la chloroquine et son dérivé l’hydroxychloroquine ne s’apaise pas depuis plus d’un an. Bien qu’une vaste étude de la revue médicale The Lancet ait démontré l’absence d’efficacité chez les patients hospitalisés et même, au contraire, l’augmentation du risque de décès et d’arythmie cardiaque du fait de ce médicament, le professeur marseillais Didier Raoult le défend depuis de nombreux mois. Selon lui, cette molécule permet de «diminuer de 75% le risque de mort».

Toutefois, une étude rétrospective publiée en avril 2021 dans Science direct a constaté que l’administration précoce de l’hydroxychloroquine réduisait de 38% le risque d’hospitalisation chez les patients atteints d’une forme légère du Covid-19, et de 73% le risque de décès. Cependant, les chercheurs soulignent la nécessité de mener une étude approfondie à ce sujet.

En revanche, des résultats intermédiaires de Solidarity, vaste essai clinique international coordonné par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ont confirmé l’inefficacité de l’hydroxychloroquine chez les patients hospitalisés pour Covid-19, ainsi que de trois autres molécules dont le remdesivir, le lopinavir et l’interféron-β1a.

En avril, les États-Unis ont réitéré leur avertissement concernant l’utilisation de ce médicament. La Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis, les National Institutes of Health (NIH) et l'American Medical Association (AMA) ont déconseillé auprès de Reuters de traiter le Covid-19 avec de l'hydroxychloroquine et de faire preuve de prudence.

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Tags:
Russie, chloroquine (chloroquinine), hydroxychloroquine, Covid-19, Didier Raoult
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