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    A qui attribuer le pôle Nord? (Rossiiskaïa Gazeta)

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    MOSCOU, 8 août - RIA Novosti. L'expédition au pôle Nord a entraîné une foule de questions dans son sillage. Regardons la situation: le plateau continental va des rives d'un pays jusqu'aux frontières d'un autre. Comment dès lors partager les richesses souterraines?

    Selon la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, la zone économique exclusive d'un Etat, fixée à 200 milles à partir de ses côtes, peut être élargie si les limites externes de son plateau continental s'étendent au-delà. Mais la convention apporte des restrictions. Un Etat peut prétendre exercer des droits soit jusqu'à 350 milles marins de ses côtes, soit jusqu'à 100 milles de l'isobathe 2.500.

    Il y a un élément crucial qui pour l'instant ne permet à aucun pays de prétendre pleinement à exercer sa souveraineté sur les plateaux arctiques. La commission de l'ONU exige qu'une carte complète du relief des zones dont les candidats souhaitent exploiter les ressources soit tracée à l'aide d'une sonde acoustique. Sans quoi, il serait difficile de déterminer l'étendue de la juridiction des Etats bordant l'Arctique. Au total, ce sont 24.000 kilomètres qu'il va falloir étudier dans l'Arctique.

    Le litige joue sur l'âge de la roche du continent et des fonds océaniques. S'il est varié, alors on peut oublier toutes les prétentions des pays sur le plateau continental. Certains scientifiques estiment que la dorsale Mendeleïev témoigne de l'existence d'un puissant plateau volcanique, bien plus récent que le continent russe. La Russie devrait donc ravaler ses prétentions. Quand les chercheurs russes ont rapporté de leur expédition des échantillons d'une roche de 600 millions d'années, les sceptiques ont déclaré que c'était le temps qui l'avait arrachée du continent et déposée là-bas.

    Il en va de même pour la dorsale Lomonossov. Il n'y a aucun doute qu'elle constitue le prolongement d'un continent. Cela a été prouvé en 2004 par une expédition américaine et suédoise qui avait fait des forages jusqu'à 428 mètres au niveau de la dorsale. Mais est-elle reliée au continent russe? La question reste ouverte.

    Cette année, pour la première fois, des images sous-marines de la dorsale Lomonossov ont été tournées, aux endroits précis où des échantillons de roche ont été prélevés pour être analysés. On voit clairement à l'écran que le fond est propre, qu'il n'y a pas de morceaux de roche apportés au fil du temps. Ces images devraient convaincre les détracteurs que ce sont bien des morceaux de l'écorce terrestre qui ont été rapportés et qu'ils ont effectivement des centaines de millions d'années. Cela signifie donc que la dorsale n'est pas isolée, qu'elle est rattachée au continent russe.

    Tous les pays intéressés vont maintenant débuter de vastes recherches dans l'Océan Glacial Arctique. Il nous faut passer des accords. C'est tout simplement la seule solution. La Convention sur le droit de la mer indique en effet qu'elle ne traite pas les litiges entre pays voisins. Seul un document signé par toutes les parties en présence sera étudié.

    (Auteur: Viktor Posselov, vice-directeur de l'Institut russe de géologie océanique, docteur en géologie et en science des minéraux).

    Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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