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    Un sous-marin nucléaire du projet Iassen

    Des roues à un réacteur nucléaire spécial: ces fameuses machines à mouvement perpétuel

    © Photo. Groupe de production Sevmach
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    Irina Dmitrieva
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    Un réacteur nucléaire pour sous-marins que les médias ont déjà surnommé de «perpétuel» a été conçu et testé en Russie. L’humanité essaie de créer des machines à mouvement perpétuel depuis des siècles. En voici quelques exemples des plus connus.

    L’idée de fabriquer une machine à mouvement perpétuel donnant de l’énergie gratuite inspire de nombreux inventeurs et scientifiques. Des milliers de brevets de mouvement perpétuel ont été déposés dans le monde. Dès qu’un nouveau moteur ou machine ont l’air de pouvoir fonctionner très (très) longtemps, on songe à un mouvement perpétuel. Sputnik rappelle quelques machines de ce type qui ont attiré l’attention du public et des scientifiques.

    Le réacteur «perpétuel» pour sous-marins

    La Russie a pour la première fois créé la zone active pour réacteurs nucléaires des sous-marins de 4e génération des projets Boreï et Iassen, qui est capable de fonctionner sans être rechargée en combustible pendant toute la durée de vie du submersible, a annoncé mardi le bureau d’études Afrikantov du groupe public russe Rosatom.

    «Nous avons mené à bout les travaux de conception, fabriqué et testé deux zones actives pour propulseurs nucléaires: une zone active pour sous-marins de 4e génération qui reste opérationnelle jusqu’aux travaux de réparation moyenne du navire, ainsi qu’une zone active qui fonctionne sans rechargement pendant toute la durée de vie du sous-marin nucléaire», a indiqué Rosatom dans un communiqué.

    La nouvelle a immédiatement été diffusée par les médias qui parlent déjà d’un réacteur «perpétuel», le rêve des sous-mariniers qui sont actuellement obligés de passer la procédure de rechargement du combustible tous les 5 à 10 ans.

    La roue de Bhaskara

    Conçue en 1150 par le mathématicien indien Bhaskara II (1114-1185), cette roue serait l’une des premières machines à mouvement perpétuel jamais conçues.

    Dans son œuvre Siddhanta Shiromani, le mathématicien a décrit une roue composée de tubes inclinés et remplis de mercure. Selon son idée, la roue serait toujours plus lourde d'un côté que de l'autre et devrait tourner d’elle-même éternellement en raison du mouvement du liquide.

    Bhaskara n’a jamais essayé de mettre son idée en pratique. Pour lui, ce ne serait qu’une abstraction mathématique. Mais sa machine se heurte à la dure réalité de la physique, elle ne peut fonctionner que dans l’esprit de son concepteur…

    La roue de Honnecourt

    Villard de Honnecourt, architecte et maître d’œuvre du XIIIe siècle, se flattait d’avoir trouvé le mouvement perpétuel. Sa machine ressemblait à la roue de Bhaskara, mais à la place du mercure, il a proposé d’utiliser un nombre impair de petits maillets articulés aux sommets d'un polygone régulier inscrit dans la circonférence de la roue.

    Selon lui, les maillets frappant la roue l’empêcheraient de s’arrêter, d’après notamment l’œuvre de Jules Quicherat «Mélanges d’archéologie et d’histoire».

    Léonard de Vinci et ses machines

    Le problème du mouvement perpétuel a aussi intéressé Léonard de Vinci (1452-1519) connu pour ses multiples talents en art, musique, physique, mathématiques et ingénierie. Pour démontrer l’impossibilité de créer un moteur perpétuel, il a créé à son tour une roue basée sur le déséquilibre.

    Pour lui, «les chercheurs après le mouvement perpétuel ont poursuivi maintes chimères vaines, et devraient être avec les alchimistes».

    «Vous vous êtes peut-être prouvés qu'en équipant une telle roue avec plusieurs balances, sur chaque partie, quoique petite, qui tourne à la suite de percussions causerait soudainement la chute d'une autre balance, et par cela cette roue serait maintenue en mouvement perpétuel. Mais par cela vous serez déçus… Plus la pièce du corps lourd est loin du centre de la roue, plus le mouvement rotatif de la roue deviendra dur, bien que la force motrice peut ne pas varier», écrivait-il dans son carnet de notes.

    Le mécanisme d’eau de Robert Fludd

    Le chimiste, physicien et astrologue Robert Fludd (1574-1637) a publié en 1618 un folio sur ses travaux en latin dans lequel il a décrit plusieurs inventions dont la plupart fonctionnant avec de l’eau.

    L'un de ses travaux porte sur une roue créé en Italie qui aurait tourné sans s’arrêter. Robert Fludd a exprimé des doutes concernant la possibilité de construire une telle roue en raison des erreurs de calculs commises par son inventeur italien.

    Ironiquement, on le considère souvent comme un partisan de l’idée du mouvement perpétuel, lui attribuant les dessins techniques qu’il mettait dans ses œuvres.

    Les machines à mouvement perpétuel de Bessler

    L’horloger et médecin allemand Johann Ernst Elias Bessler (1680-1745), aussi connu sous le pseudonyme de Orffyreus, a inventé plusieurs machines dites à mouvement perpétuel.

    En novembre 1717, il a présenté une roue qui tournait toute seule dans une pièce fermée et scellée au château Weissenstein. Quinze jours plus tard, des intellectuels, hommes de science, experts en mécanique de renom ont été invités pour s’assurer que la roue tournait aussi vite qu’à son lancement.

    Le professeur Willem Jacob's Gravesande de Leyde a ensuite écrit à Isaac Newton: «Il s'agit d'une roue creuse, une sorte de caisse, qui fait 35 cm d'épaisseur et 3,5 mètres de diamètre. Composée de panneaux de bois encastrés les uns dans les autres, elle est d'une grande légèreté. Le tout est recouvert d'une sorte de toile qui cache l'intérieur. Au centre de cette roue, il y a un axe d'environ 15 cm de diamètre. Cet axe se termine à chaque extrémité par deux axes de fer, d'environ deux centimètres de diamètre. J'ai examiné ces axes en détail, et je peux affirmer que rien d'extérieur ne contribue au mouvement de la roue», d’après le site Messages de la Nature.

    Mais M.Bessler aurait un secret: les mécaniciens n'ont pas pu examiner l'intérieur de la roue, car il s'y est toujours opposé. En 1727, la servante de Bessler, Anne Rosine Mauersbergerin, a affirmé que cette roue serait une supercherie et qu’elle-même actionnerait le mécanisme d'une pièce voisine.

    En 1738, Bessler a annoncé d’autres inventions: une fontaine qui n'arrêtait pas de couler et un orgue qui n'arrêtait pas de jouer. Après sa mort, les chercheurs ont reconnu qu’il était impossible de créer une roue à mouvement perpétuel dans le cadre de la mécanique de Newton.

    L’horloge infernale de James Cox

    Un horloger britannique, James Cox, a réalisé à la fin du XVIIIe siècle une énorme horloge, toujours visible au Victoria Museum de Londres, qui fonctionnerait sans la moindre source d’énergie. James Cox aurait-il découvert le mouvement perpétuel?

    Le mécanicien aurait affirmé qu’il avait utilisé des études mécaniques, et avait fait appel à des forces mystiques pour créer son horloge.

    En fait, le mécanisme complexe de James Cox fait appel aux variations de la pression atmosphérique (donc consomme de l'énergie). James Cox a, en quelque sorte, fabriqué un grand baromètre qui était à l'origine du mouvement de son système d'entraînement mécanique.

    D'après certains physiciens et Max Planck en faisait partie, il n'est pas interdit de croire qu’un jour l’humanité découvrira probablement des lois de la physique, qui nous échappent encore totalement à ce jour ce qui permettrait de trouver de nouvelles sources d’énergie et même probablement créer des vraies machines à mouvement perpétuel… Mais pour l’instant, il faudrait se contenter de créer des mécanismes capables de fonctionner très longtemps.

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    Tags:
    roue, horloge, sous-marins, mouvement perpétuel, réacteur, 955 Boreï, 885 Iassen, Rosatom, Bureau d'études des constructions mécaniques (OKBM) Afrikantov, Max Planck, Isaac Newton, Johann Ernst Elias Bessler, Robert Fludd, Léonard de Vinci, Villard de Honnecourt, Bhaskara II, Allemagne, Russie
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