Ecoutez Radio Sputnik
    Antarctique

    Le Royaume-Uni ferme sa base antarctique par crainte qu’un énorme iceberg ne se détache

    © AP Photo / Raytheon Antarctic Services, John Feaney, HO
    Sci-tech
    URL courte
    0 233
    S'abonner

    Après que la NASA a mis en garde contre le détachement imminent d’un iceberg antarctique 16 fois plus grand que la ville de Paris, le Royaume-Uni a décidé de fermer sa base scientifique Halley installée dans la région menacée, d’après la société BAS qui gère la base.

    La British Antarctic Survey (BAS) a annoncé avoir décidé de fermer sa base de recherche antarctique Halley pour des raisons de sécurité suite à l’annonce faite en février par l’agence spatiale américaine sur la prochaine rupture de la barrière de Brunt (mer de Weddell) qui entraînera la libération d’un iceberg géant de 1,700 km2.

    ​Deux fissures, Chasm 1 et Halloween, s’ouvrent sur la barrière de Brunt, elles couperont cette zone de la calotte polaire en se rencontrant. Le Nasa Earth Observatory en a parlé dans un communiqué publié le 21 février.

    La crevasse Chasm 1, qui n’a pas évolué pendant 35 ans, s’est réveillée en décembre 2012, progressant du sud vers le nord à une vitesse de quatre kilomètres par an. La fissure d’Halloween, baptisée ainsi parce qu’elle a été découverte en octobre 2016, avance de la zone McDonald Ice Rumples vers l’est, d’après des images satellites publiées par la NASA.

    La base Halley est située plus loin de la mer que la fissure Chasm 1. Mais les scientifiques ont décidé de l’abandonner parce qu’il est difficile de savoir comment le prochain détachement de l’iceberg, qui sera 16 fois plus grand que la ville de Paris, affectera cette station permanente.

    «L’avenir de la barrière de Brunt dépendra probablement du point où les fissures existantes se rejoindront. Si cela se produit au sud de la région McDonald Ice Rumples, la banquise pourrait être déstabilisée», a déclaré Joe MacGregor, un glaciologue du centre de recherche Goddard Space Flight Center (GSFC) de la NASA, cité par la BBC.

    Selon Chris Shuman, glaciologue à la NASA et à l’université du Maryland-Comté de Baltimore (UMBC), les chercheurs ne savent pas ce qui fait avancer les crevasses et la future perte de glace de l’autre côté de la fissure d’Halloween présente un risque pour la base Halley.

    D’après la BAS, la base Halley pourrait rouvrir en novembre 2019.

    ​La station scientifique permanente Halley a été créée en 1956 pour étudier l’atmosphère terrestre. Elle a été rebâtie plusieurs fois, pour tester différentes méthodes de construction et déplacée de 23 km pour faire face à des changements morphologiques de la banquise. La version actuelle de la base Halley, Halley VI, a été inaugurée en 2013.

    L’Antarctique libère régulièrement des icebergs géants. Ainsi, en juillet 2017, l’iceberg A68, 60 fois plus grand que Paris, s’est détaché dans la même région avant de commencer à dériver en mer de Weddell. En septembre 2017, un iceberg d’une taille équivalente à celle de l’arrondissement new-yorkais de Manhattan s’est détaché du glacier de l'île du Pin.

    Tags:
    glaciologie, scientifiques britanniques, banquise, iceberg, chercheurs, base de recherche Halley (Antarctique), British Antarctic Survey (BAS), Centre des vols spatiaux Goddard (GSFC) de la NASA, NASA, Chris Shuman, Joe MacGregor, mer de Weddell, barrière de Brunt, Antarctique
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik