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    Allergie au Wi-Fi? Les gens se plaignent, la science dément

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    Environ 1,5% de la population a un sentiment de malaise ou d'inconfort en utilisant des téléphones portables et le Wi-Fi, ou à proximité des antennes de téléphonie mobile. Certains renoncent même aux appareils électroniques et déménagent dans les zones de silence radio. Les chercheurs analysent ces cas, mais il n'existe pour le moment de réponses.

    En 2015, la française Marine Richard a obtenu devant la justice que l'État lui verse une allocation pour le handicap que constituait son électro-hypersensibilité. Ce terme regroupe différents symptômes pénibles comparables à une sorte d'allergie aux émissions des appareils électroniques, des lignes à haute tension ou d'autres sources d'ondes électromagnétiques. Marine Richard s'est notamment plainte de maux de tête, de fatigue, de nausées et d'accélération du rythme cardiaque. 

    Les parents d'un adolescent canadien ont quant à eux déclaré que les migraines, les insomnies et les nausées de leurs fils étaient provoquées par le Wi-Fi à l'école et ont demandé de l'éteindre. Le tribunal a cependant rejeté leur plainte l'été dernier, jugeant qu'aucune preuve ne permettait d'affirmer que ces symptômes étaient liés aux émissions électromagnétiques.

    Une «maladie» sans raison apparente

    Les premières mentions de l'électro-hypersensibilité dans la littérature scientifique datent du milieu du XXe siècle. L'Organisation mondiale de la santé a organisé en 2014 un séminaire consacré à ce problème. Et bien que les experts aient confirmé la réalité des symptômes douloureux, il n'existe toujours aucune preuve du fait qu'ils sont provoqués par les émissions électromagnétiques des appareils électroniques ou d'autres sources d'ondes faibles.

    Les experts français sont parvenus à la même conclusion il y a un an. Après avoir analysé les publications scientifiques et consulté des spécialistes, ils ont établi l'absence de données authentiques nécessaires pour confirmer l'électro-hypersensibilité. Ils ont pourtant recommandé aux médecins de faire attention aux plaintes des patients.

    La plupart des scientifiques qui étudient l'électro-hypersensibilité lient cette dernière à l'effet nocebo: autrement dit, si l'on demandait à une personne si elle éprouvait des troubles à proximité d'une antenne radio, elle se mettrait à rechercher des symptômes et les trouverait assez souvent. Le problème réside dans l'absence de toute information objective sur l'influence des appareils électroniques sur la santé: toutes les données disponibles ont été obtenues grâce aux questionnaires.

    Le sociologue Maël Dieudonné, du Centre Max Weber (France), a interviewé en 2016 40 personnes pour vérifier le lien entre l'effet nocebo et les symptômes d'électro-hypersensibilité. Il a conclu que l'état pénible était réel et qu'il s'était fait ressentir avant la participation de ces personnes au sondage, mais qu'il existait des signes laissant présager de sa nature psychologique.

    Les personnes souffrant d'électro-hypersensibilité se plaignent le plus souvent de fatigue, de maux de tête, de difficultés cognitives, de perte de mémoire, d'insomnies, d'éruptions cutanées ou encore de douleurs dans différentes parties du corps. La dépression, le stress et l'angoisse sont également fréquents.

    Ces personnes peuvent avoir d'autres particularités, notamment une sensibilité accrue à un grand nombre de substances chimiques qui n'est pas non plus considérée comme une maladie.

    Maël Dieudonné et ses collègues ont récemment publié les résultats de leur étude qui avait permis à l'aide du sondage des patients de comparer les symptômes de l'électro-hypersensibilité à ceux de la fibromyalgie (des douleurs musculaires diffuses qui n'ont aucune raison apparente). Les scientifiques ont établi beaucoup de similitudes entre ces cas, bien que les patients souffrant de fibromyalgie affichaient un nombre plus important de troubles psychologiques.

    Les chercheurs de l'Université d'Umeå (Suède) ont analysé les données d'un sondage réunissant environ 3 500 personnes et ayant participé à une étude de l'environnement et de l'hygiène menée à Västerbotten. Ainsi, les symptômes de l'électro-hypersensibilité ont été remarqués par 91 participants, notamment par les femmes âgées de 40 à 59 ans.

    Seulement 18% éprouvaient des symptômes douloureux quotidiennement, alors que 47,6% ne les remarquaient que quelques fois par mois. En même temps, la majorité souffrait d'électro-hypersensibilité depuis des années et tentait — avec succès — d'éviter les sources d'émissions. Seules quelques personnes avait consulté un médecin à ce sujet.

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    Tags:
    science, maladies, portable, émissions électromagnétiques, électro-hypersensibilité, ondes, wi-fi, Marine Richard, Canada, France
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