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Des chercheurs américains ont découvert un mécanisme biophysique qui active certains gènes, conduisant au développement de cancers, relate un article publié dans Nature. Ils l’ont étudié en prenant la leucémie comme exemple, mais supposent qu’il marche avec les autres types de cette maladie dangereuse.

Des biologistes américains ont découvert une mutation génétique qui pourrait mener au développement de cancers, selon un article publié dans le journal Nature. Les scientifiques ont étudié le nouveau mécanisme sur l'exemple de la leucémie. Cependant, ils pensent qu'il fonctionne aussi pour d'autres cancers.

Ils ont montré que la mutation, qui regroupe deux gènes non proches, favorise le lancement d'un processus physique de séparation des phases, comme celui qui se produit lors du mélange de deux liquides non solubles, comme l'huile et l'eau. La séparation des phases à l'intérieur du noyau de la cellule forme des cellules avec différentes propriétés physiques qui peuvent contribuer au développement de cancers.

«La séparation des phases et son rôle dans le développement du cancer était la partie manquante du puzzle dans la compréhension de cette maladie», indique le communiqué de presse du Centre du cancer de Lineberger, citant le directeur de l'étude Dr Greg Wang, professeur de biochimie, biophysique et pharmacologie.

Selon les scientifiques, cette découverte qui lie la séparation des phases au développement du cancer livre une nouvelle vision du processus complexe qui relie la biologie et la physique.

Des expériences menées

Pour décoder ce processus, les scientifiques ont réalisé des expériences en laboratoire sur des cellules cancéreuses transportant un gène appelé NUP98-HOXA9. Cette fusion anormale est détectée dans les cellules sanguines des patients qui souffrent de la leucémie.

Dans les protéines produites par le NUP98-HOXA9 se trouvent des zones non structurées connues comme IDR. Le rôle d’IDR restait jusqu'ici l'énigme, mais les biologistes américains ont montré qu'IDR contribuent à la division des phases pour les protéines NUP98-HOXA9, quand ils atteignent des concentrations critiques dans le noyau d’une cellule.

«La division des phases change le comportement des protéines NUP98-HOXA9, et les oblige beaucoup plus fortement à contacter avec les gènes cibles […]. Le jumelage plus fort des protéines NUP98-HOXA9 des ADN mène au renforcement de l'activité du facteur qui est à la base de la formation du cancer du sang agressif», détaille l’un des auteurs de l'article, le Dr Jeong Hyun Ahn.

Le médicament

Les chercheurs soulignent qu’en théorie, il est possible de créer un médicament qui détruirait ou dissoudrait les gouttes liquides divisées en phases formées par des protéines NUP98-HOXA9.

Toutefois, ils précisent que pour l'instant, toutes les expériences ont été réalisées in vitro, mais ils espèrent tester bientôt le mécanisme qu'ils ont découvert in vivo.

Les statistiques

D’après les données publiées par le Centre international de recherche contre le cancer, quelque 19,3 millions de nouveaux cas de cancers ont été diagnostiqués en 2020 pour 10 millions de décès déplorés.

«À ce jour, le nombre de patients en rémission (ce que l’on appelle la prévalence après le diagnostic sur cinq ans) atteint 50,6 millions dans le monde. Mais selon l’OMS, une personne sur cinq souffrira d’un cancer dans sa vie. Un homme sur huit et une femme sur onze en décéderont», indique le site des Nations unies.

Qui plus est, les cancers restent toujours la première cause de décès chez l’homme et la deuxième chez la femme en France, selon les données de Santé publique France.

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Tags:
cancer, maladies, science, médicaments, recherche
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