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    Poutine condamne les répressions politiques: élan sincère ou coup de pub? (Vedomosti/Gazeta.ru)

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    MOSCOU, 31 octobre - RIA Novosti. Le président russe a étonné les journalistes en célébrant mardi la Journée de la mémoire des victimes des répressions politiques, en se rendant pour la première fois au polygone de Boutovo, dans le sud de Moscou, où 20.765 Moscovites furent fusillés dans les années 1930, indiquent mercredi les journaux Vedomosti et Gazeta.ru.

    Défenseurs des droits de l'homme et experts supposent que Vladimir Poutine pourrait avoir été guidé par des motifs politiques. Alexeï Makarkine, directeur général adjoint du Centre des technologies politiques, a déclaré à Gazeta.ru que M. Poutine voulait par ce moyen prendre ses distances avec le culte de la personnalité et avec Joseph Staline lui-même.

    "Quelle que soit la raison de ce déplacement, qu'il s'agisse d'une tentative pour répondre à l'émotion de la société à l'occasion du 70e anniversaire de la "grande terreur", d'un désir sincère de prier pour les victimes innocentes ou de quelque considération politique que ce soit, c'est en tout cas un événement emblématique et positif", estime Arseni Roguinski, directeur de l'association Memorial.

    Un autre défenseur des droits de l'homme, Lev Ponomariov, directeur exécutif du mouvement Pour les droits de l'homme, a été, quant à lui, moins diplomatique: "Poutine l'a fait pour que la Russie renvoie une meilleure image aux yeux de l'Occident, pour lui montrer que la Russie se développe en toute liberté, pour se blanchir. Mais ceci va à l'encontre de la réhabilitation de Staline qui est entreprise depuis quelques temps".

    La déclaration du président, qui condamne sans équivoques les répressions et les arguments idéologiques qui les justifiaient, ne peut qu'être saluée, écrit Vedomosti. Elle peut mettre fin à la tendance alarmante de ces dernières années, lorsque rendre hommage aux victimes des répressions était devenu la prérogative des défenseurs des droits de l'homme et de l'opposition libérale, alors que les autorités évitaient soigneusement d'avoir affaire à tout ce qui était lié aux épisodes tragiques de l'histoire russe.

    Pour l'instant, la conscience historique des Russes est divisée en deux: la part des sympathisants et celle des opposants de Staline sont à peu près égales, selon les sociologues, tandis que la figure de Lénine suscite plus de sympathie que d'antipathie.

    Ce dédoublement est également présent au niveau de l'Etat. Certes, le président a condamné les crimes du passé. Mais dans le même temps, le pouvoir rétablit des éléments de ce passé qui lui semblent attrayants, tels que l'hymne stalinien, le drapeau rouge des Forces armées, les "corrections" publiques des représentants de l'intelligentsia artistique, les meetings devant les ambassades des pays antipathiques ou la baisse arbitraire des prix "dans l'intérêt des travailleurs". Ce qui est plus dangereux, c'est que le retour de ces attributs est accompagné de celui des signes patrimoniaux du système politique soviétique, lourd de l'isolation volontaire du pouvoir et de la perte de contrôle par la société.

    Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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