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    Euro 2008: le parcours des Russes a entraîné un élan patriotique inouï (Vedomosti)

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    MOSCOU, 27 juin - RIA Novosti. Indépendamment du résultat du match joué hier contre l'Espagne, les supporters russes, dont le nombre s'est sensiblement accru depuis le début de l'Euro, se souviendront de l'euphorie, de la fierté ou de la solidarité éprouvées après les victoires de leur équipe, et chercheront à l'avenir des occasions de revivre de tels moments, lit-on vendredi dans le quotidien Vedomosti.

    L'identification vertigineuse, totale et massive avec le pays, l'amour envers son drapeau et son hymne ont surgi, pour ainsi dire, de nulle part, "d'en bas", ce qui est pour le moins étonnant, au regard de tous les vains efforts des autorités et des spécialistes de la politique pour inculquer ce comportement "d'en haut". Il y a deux semaines, lors de la fête nationale, la Journée de la Russie, rien de semblable n'avait été observé et, d'ailleurs, nombre de Russes ne savaient toujours pas comment s'appelait exactement cette fête. Est-ce que trois matches remportés à l'Euro suffisent à inculquer le patriotisme?

    Les sociologues constatent depuis longtemps chez les Russes un déficit d'identification nationale. Par exemple, d'après les données d'un récent sondage de la compagnie Bachkirova & partners, les Russes qui s'identifient avant tout à leur patrie au sens local du terme sont les plus nombreux (44%), alors que seulement 29,6% d'entre eux s'identifient en premier lieu à la Russie en tant que pays.

    L'élan actuel entraîné par le football peut être expliqué par la conjonction de plusieurs facteurs favorables. Pour ceux qui sont nés et ont vécu une partie considérable de leur vie en URSS, l'identification avec une nouvelle patrie apparue soudainement n'a pas été chose facile. D'autant que cette nouvelle patrie traverse jusqu'à présent une crise d'identité.

    En outre, la crise de la perestroïka (restructuration) dans les années 1990 a habitué la population aux échecs aussi bien économiques que sportifs, abaissant considérablement l'opinion qu'ont les Russes d'eux-mêmes. L'essor qui a suivi la crise a entraîné des changements psychologiques importants: les Russes sont actuellement plus individualistes que les habitants de la plupart des pays d'Europe. Le succès personnel et l'aisance financière restent les principaux objectifs à atteindre. D'autre part, le déficit d'identification collective, de solidarité et d'échange social s'accentue.

    Le sport est devenu un instrument convenable pour résoudre ces contradictions. L'équipe russe (cela vaut aussi pour les clubs) est une variante simple et pratique d'identification nationale. En effet, les supporters ne remarquent que les défauts de son jeu. Elle est exempte de contradictions économiques, ethniques et idéologiques (en tout cas, elles ne sont pas évidentes). Comme il ressort d'un sondage effectué par la fondation Opinion publique dès le mois de décembre 2006, les victoires sportives sont un objet de fierté pour 21% des Russes, loin devant la renaissance du pays et son essor économique (4%), le renforcement de sa capacité défensive (4%), l'activité de Vladimir Poutine (3%), et les réalisations dans les domaines de la science et de l'éducation (3%).

    Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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