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    Affaire du Bugaled-Breizh, l'État français persiste honteusement dans le déni !

    Affaire du Bugaled-Breizh, l'État français persiste honteusement dans le déni !

    © Photo : AFP
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    Depuis 2004 les familles des victimes des marins bretons décédés dans le naufrage du Bugaled-Breizh se heurtent à la désinformation de la part de l’État français. Les résultats de deux expertises attendues depuis plusieurs mois viennent enfin d’être communiquées aux médias, de façon laconique et tronquée, si bien que tous ont déclaré que « la thèse du sous-marin s’éloignait » ou même était « définitivement écartée ». La Justice avait en effet fini par admettre en 2008 et confirmé en 2010 qu’un sous-marin était la seule cause possible du naufrage. Ces annonces sont tombées à point nommé quelques jours avant la diffusion du film documentaire The Silent Killer http://www.boitapicsel.com/silentkil.htm de Jacques Losay au Sénat ce 31 janvier.

    L'avocat Kermarrec, l'un des avocats des familles, confirme aussi que c'est un sous-marin. « Les journalistes français désinforment les lecteurs. Ces articles sont des imbécillités ! Ils n'ont rien lu. Aucun des rapports d'expertises ne remet en cause le sous-marin. La communication du parquet des rapports est orientée. Aucun des grands journaux ne sont venus vers nous. C'est un scandale. Mais nous allons revenir à la charge pour expliquer ce mensonge ! Les experts n'ont jamais contacté l'armateur se limitant à reprendre des désinformations dans le dossier. L'expert pourrit le dossier dans le but d'exonérer l’État. Depuis le début l’État sait que c'est un sous-marin. Une manœuvre secrète ! »

    Le réalisateur du documentaire The Silent Killer renchérit en précisant que l’expert a écrit : « Je suis en mesure de mettre en doute la réponse qui avait été faite au cours de la commission rogatoire internationale en date du 10 mars 2011 transmise aux États Unis et à la rédaction de laquelle vous m'avez associez. » Aucun journaliste n'a interviewé le contre-amiral. « Ce qui est scandaleux c'est que le juge n'a pas convoqué sur le champ le contre-amiral pour en savoir plus. C'est se moquer des familles, c’est une insulte aux marins assassinés » s’indigne Jacques Losay.

    Rétention d'informations

    C'est seulement le 22 janvier que les avocats des familles des victimes ont obtenu le rapport de 60 pages d'expertises sur les traces de titane relevées sur les câbles du chalut et sur la position du sous-marin anglais, le Turbulent. Le parquet, par le truchement d'un communiqué, s'est efforcé de dire qu'il n'y avait pas de sous-marin dans l'affaire aussi tout le monde a dit qu'il n'était plus question de sous-marin pour expliquer l'accident. Ce qui choque c'est que dans ce rapport figure tout un chapitre dans lequel le contre-amiral Dominique Salles dit que c'est un sous-marin américain qui est la cause du naufrage du Bugaled Breizh et qu'il en a ... les preuves.

    Le résultat de ces expertises qui datent du 24 septembre 2012 n'ont été remises aux avocats des familles... que le 22 janvier 2013 ! « Nous avons seulement obtenu l'information maintenant. Nous sommes confrontés à une manœuvre médiatique. Même des grands journaux comme Le Monde, Libération ou La Croix, disent que la thèse du sous-marin est abandonnée alors que c'est faux ! On communique à la presse deux expertises fictives. C'est une volonté de nous torpiller à la veille de la présentation de note film Silent Killer au Sénat ce 31 janvier 2013. Toute la presse dit que nous sommes des affabulateurs ! ».

    L'affaire du Bugaled-Breizh est une suite, de mensonges, de fausses affirmations et de désinformations, réalisés par l’État français avec l'aide des médias pour cacher la vérité aux familles bretonnes et aux Français qui réclament la vérité. Au départ, il a été dit qu'un cargo avait heurté le Bugaled-Breizh. Même Paris-Match avait publié des photos du bateau de pêche en ne montrant qu'un seul côté de la coque du bateau pour attester les dires du gouvernement français.

    En 2004, le procureur de Quimper, Roland Esch, spécialiste de l'enfance maltraitée, magistrat de devoir, selon les divers témoignages, avait décidé de renflouer l'épave. Les deux côtés de la coque, là où se trouvent les cales aux poissons, étaient écrasés et enfoncés. Les spécialistes, en voyant ces deux enfoncements ont déclaré que c'était la marque d'un sous-marin. Des affirmations, bien-sûr, rapidement tuées dans l'œuf par l’État. Le BEA-mer (Bureau Etudes Accidents dépendant du Ministère de la Défense) a vite réagi en prétendant que le sable aurait retenu le Bugaled Breizh . Il a fallu les démonstrations étayées par des calculs et simulations en bassin par IFREMER (Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la Mer) pour que « L'hypothèse de la croche molle » soit enfin rejetée.

    Manipulation à tous les niveaux

    A la question s’il ne pensait pas avoir été manipulé ? Le procureur de Quimper répond au journaliste Sébastien Turay qui l’interroge : « En réfléchissant , oui je crois que je l'ai été et cette affaire-là m'empêche de dormir ».

    En juillet 2010 la Cour d'appel de Rennes non seulement confirme que c’est un sous-marin mais va plus loin et créé la sensation en révélant que c’est un sous-marin nucléaire américain, dont la mission secrète était de surveiller un chargement de déchets nucléaires recyclés en partance de Cherbourg à destination du Japon ! Les familles sont ainsi invitées à prendre des vacances du côté du Pentagone. Un leurre de plus.

    Le même arrêt transfère le dossier à Nantes ce qui, rend la tâche difficile aux familles. Ces dernières demeurant principalement à la pointe de la Bretagne, doivent faire des kilomètres pour suivre la procédure.

     

    Interdictions

    Les familles avaient cru se défendre en demandant à un expert de leur choix de mener les investigations parallèles délaissées par la procédure officielle. Les juges refusèrent de le reconnaître et dès le début on lui refusa l’accès à l'épave qui se trouve sur un terrain de la gendarmerie maritime.Ce même expert créa alors un blog destiné à recueillir tous les avis et témoignages susceptibles de faire avancer l’enquête. Il eut très rapidement la visite de personnages lui conseillant vivement de mettre fin à son initiative. Est-ce par manque de courage ou le sentiment qu’en tant qu’ancien militaire il devait obéir.

    Même des ministres sont au service de la désinformation

    « C'est le cas de Michèle Alliot-Marie qui a été tour à tour ministre de la Défense, de l'Intérieur, de la Justice et des Affaires Étrangères qui est intervenue à plusieurs reprises auprès du Parquet et qui est allée jusqu’à la tribune de l'Assemblée nationale pour exiger l'arrêt des recherches sur le dossier du Bugaled-Breizh ! », explique Jacques Losay. Mais les vacances idylliques de Michèle Alliot-Marie en Tunisie ont causé sa chute du gouvernement pour des raisons évidentes de désinformation sur la réalité de ce pays permettant aux défenseurs de la vérité sur le naufrage du Bugaled Breizh de pouvoir respirer un peu et de mener leur recherche de la vérité.

    « On s'est dit que les juges ne pouvaient pas faire leur travail car Michèle Alliot-Marie était à fond contre nous. Nous savons quele commandant de sous-marin, l’Anglais Coleshttp://www.agencebretagnepresse.com/fetch.php?id=28614, qui prétendait fermement qu'un sous-marin ne pouvait pas s'approcher des côtes, a échoué son bâtiment sur la côte écossaise prouvant ainsi que les sous-marins peuvent s'approcher très près des côtes, de naviguer dans des eaux de moins de 80 mètres là où justement le Bugaled Breizh naviguait ».

    La projection du film documentaire Silent Killer au Sénat a eu le grand mérite de dérouler toute l’affaire devant un public composé de parlementaires, personnalités du monde maritime, journalistes, simples citoyens indignés devant tant d’injustice. Beaucoup connaissaient l’affaire, mais en ignoraient les détails et surtout tous les traquenards tendus pour faire dévier l’enquête. Des témoins se sont fait connaître ouvrant de nouveaux champs d’investigation. De nouvelles surprises ne vont pas manquer. Affaire à suivre.

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