Ecoutez Radio Sputnik
    Une petite histoire de la démographie en Russie, de la chute de l’URSS à nos jours

    Une petite histoire de la démographie en Russie, de la chute de l’URSS à nos jours

    Photo : RIA Novosti
    Société
    URL courte
    0 51 0 0

    C’est bien connu, la Russie connaît une crise démographique. A la chute du mur, l’effondrement systémique que le pays a connu a entrainé un désastre économique, moral et donc bien évidemment démographique. En 1991, la Russie avait 148,3 millions d’habitants avec une balance de 1.794.626 naissances et 1.690.657 décès, la population avait donc augmenté de 103.969 habitants. Puis dans les années 90 le nombre de naissances s’était effondré pendant que le nombre de décès avait lui augmenté, la Russie était entrée dans ce que l’on appelle la croix russe, c'est-à-dire une faible natalité (dite à l’européenne) et une forte mortalité (dite à l’Africaine).

    Regardons le nombre de naissances et de décès par année, ainsi que le solde démographique qui en résulte, sans l’immigration.

    Année    Naissances  Décès          Solde
    1992      1.587.644       1.807.441      -219.797
    1993      1.378.983       2.129.339      -750.356
    1994      1.408.159       2.301.366      -893.207
    1995      1.363.806       2.203.811      -840.005
    1996      1.304.638       2.082.249      -777.611
    1997      1.259.943       2.015.779     -755.836
    1998      1.283.292       1.988.744     -705.452
    1999      1.214.689       2.144.316     -929.627

    2000      1.266.800       2.225.332     -958.532
    2001      1.311.604       2.254.856     -943.252
    2002      1.397.000       2.332.300     -935.300
    2003      1.483.200       2.370.300     -887.100
    2004      1.502.477       2.295.402    -792.925
    2005      1.457.376       2.303.935    -846.559

     

    En 2005 la population de la Russie était donc tombée à 143,5 millions soit une perte de 4,8 millions d’habitants en 14 ans, с’est à dire une moyenne annuelle de 342.857 habitants. Mais la perte nette (naissances - décès) sur cette période était de 11.235.559 habitants (!) mais elle fut largement compensée par l’immigration, principalement le retour vers la Russie des russes ethniques habitant dans les républiques soviétiques.

    Dès 2005, la situation démographique de la Russie commence à s’améliorer et depuis 2008, le nombre de naissances est stable tandis que le nombre de décès commence à diminuer.

    Année Naissances Décès       Solde

    2005   1.457.376     2.303.935    -846.559
    2006   1.479.637     2.166.703    -687.066
    2007   1.610.100     2.080.400    -470.300
    2008   1.717.500     2.081.000    -363.500
    2009   1.764.000     2.010.500    -246.500
    2010   1.789.600     2.031.000    -241.400
    2011   1.793.828     1.925.036    -131.208

    2012   1.896.263     1.898.836    - 2.573

     

    L’année 2012 a donc vu une perte « naturelle » de population de 2.573 habitants, soit un quasi équilibre démographique. Ces chiffres sont très encourageants et étaient absolument imprévisibles puisque les prévisions démographiques les plus optimistes de l’Etat russe envisageaient une perte de population nette de 65.000 habitants pour 2012, et une population au 1er janvier 2013 de 142,7 millions d’habitants. Or la population russe en ce début 2013 est de 143,3 millions d’habitants. Par conséquent, depuis 2005 la population russe n’a en réalité diminuée que de 200.000 habitants.

    La stabilisation de la démographie russe s’est accompagnée d’une stabilisation de l’immigration de résidence depuis 2007 (stabilisée entre 250 et 300.000 personnes) ce qui a permis une hausse de population depuis 2009. Cette double stabilisation devrait permettre (si le climat politico-économique ne change pas en Russie) que la population de la Russie ne baisse quasiment plus.

    Bien sûr l’avenir proche (la prochaine décennie) devrait voir une baisse du nombre de naissances puisqu’arrive en âge de procréer la génération (moins nombreuse) née durant la fin des années 90 et le début des années 2000. Les résultats des dernières années sont donc d’autant plus inattendus que le nombre de femmes en âge de procréer est lui déjà en forte baisse : depuis 2003 pour les femmes de 15-49 ans et depuis 2008 pour les femmes de 18-29 ans, voir ce schéma pour mieux comprendre. La population ne devrait pas cependant pour autant diminuer, puisque le nombre de décès devrait lui aussi continuer à baisser, tandis que l’espérance de vie augmente elle très rapidement, passant de 67 ans en 2002 à 71 ans en 2012.

    Ainsi certaines sinistres prévisions ne devraient vraisemblablement pas se réaliser et la Russie ne devrait pas « disparaître ».

    Lire aussi:

    Démographie, la «mort lente» de l’Ukraine
    Des établissements de santé chinois en crise face au boom des naissances
    Les Français et la mort
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik