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    Couchsurfing : le tourisme avec une touche humaine

    Couchsurfing : le tourisme avec une touche humaine

    Photo : CouchSurfing.org
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    Les sites qui proposent de voyager à travers le monde en se logeant gratuitement chez l’habitant comptent plus de 3 millions de membres à travers le monde. En Russie, cette forme de tourisme devient également de plus en plus populaire.

    Le proverbe ivoirien dit : « Si tu voyages dans la pirogue de quelqu’un, chante sa chanson ». C’est sur ce principe qu’est basé le « surf de canapé », ou couchsurfing - une forme de tourisme qui permet de voyager à travers le monde en se logeant gratuitement chez l’habitant. La seule contrepartie – c’est d’accueillir des voyageurs sur son canapé lorsqu’on est chez soi.

    En 2004, l’informaticien Casey Fenton fonde l’association CouchSurfing, un réseau social qui permet à chaque inscrit de profiter d’un service d’hébergement temporaire chez l’habitant en échange de son canapé.

    Les adeptes de ce mode de tourisme sont actuellement plus de 3 millions dans le monde et outre CouchSurfing, des sites comme HospitalityClub ou BeWelcome ont vu le jour. Le couchsurfing est différent du séjour dans un hôtel. L’hôte et l’invité s’accordent au préalable sur des conditions à respecter, et notamment sur les frais qui seront à la charge de chacun, par exemple la nourriture ou les factures d’électricité ou d’Internet.

    En Russie, nombreux sont ceux qui n’imaginent plus un voyage touristique dans sa forme classique : avion – circuit – hôtel.

    « L’avantage de ce type de tourisme, c’est qu’on se retrouve plongé dans un milieu social déjà créé, qui n’existe pas à l’arrivée dans un hôtel. C’est comme une grande famille », raconte Ekaterina Kabanova, une expérimentée du « surf de canapé ».

    L’arrivée du couchsurfer finlandais Anders Carlstedt à Blagovechtchensk (Extrême-Orient) jeudi dernier fut un véritable événement pour les amateurs locaux de ce type de tourisme. Agé de 26 ans, Carlstedt parcourt les pays d’Europe et d’Asie depuis neuf mois et est hébergé par des membres de la communauté dans toutes les villes où il s’arrête. C’est lors de son séjour en Thaïlande que ses amis russes lui ont suggéré de visiter la Russie. Natalia Davydova, qui l’a accueillie sur son canapé à Blagovechtchensk a prévenu son invité finlandais qu’elle n’aura pas le temps de lui montrer la ville.

    « J’ai appelé à l'aide nos couchsurfers pour qu’ils lui montrent Blagovechtchensk », dit-elle en souriant. « Principalement des filles ! ».

    Ils sont près de 200 dans la ville à pratiquer le couchsurfing. Grâce à eux, Anders a pu faire une tournée des boîtes de nuit de la ville. « On nous laissait entrer gratuitement et on nous a servi des cocktails », raconte Carlstedt. « Je trouve que l’Iran et la Russie se distinguent des autres pays par leur hospitalité ».

    Des profils-types des touristes en fonction du pays

    En tout près de 3 000 couchsurfers moscovites sont enregistrés sur le site CouchSurfing.org. La plupart d’entre eux sont ravis de l’expérience qu’ils ont eue. Mais certains relativisent.

    « Chaque pays a son profil-type de touristes », explique sur les pages du magazine Bolchoï Gorod Alexandra Levina, qui a déjà reçu près de 200 hôtes dans son appartement de Moscou. « Par exemple si l’on voyage dans les pays d’Europe de l’Est, c’est mieux d’être une blonde de 25 ans, car la plupart des personnes qui hébergent sont des hommes. Quant aux pays de l’ex-URSS, c’est une tendance inverse. Parmi les membres les plus actifs de la communauté dans ces pays il y a des femmes. C’est pourquoi en Russie les hommes de moins de 30 ans trouveront leur canapé plus rapidement ».

    L’accueil d’un étranger dans sa maison peut être perçu comme une intrusion dans son monde privé, met en garde la psychologue Nadejda Pavlovskaïa. « Tout le monde n’a pas envie d’ouvrir sa vie privée aux inconnus. Car la maison de chacun est remplie d’émotions et de souvenirs privés qui sont leur jardin secret, leur refuge. L’expérience de couchsurfer apprend à faire confiance à autrui et étudier les frontières de son intimité ».

    Pour éviter les mauvaises surprises, il est conséillé d'étudier en détail le profil de celui qu’on veut héberger, ses préférences et ses goûts. En outre, chaque utilisateur du site donne une note de la personne qu’il a hébergée, ce qui la fait monter ou descendre dans un classement général. Quant aux expériences positives de couchsurfing, elles se transforment souvent en amitié, rapprochant les personnes des cultures différentes, contribuant à la création « d'un monde meilleur, canapé après canapé » - comme le précisent les concepteurs du site CouchSurfing.org dans le réglement. /L

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