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    Des trous noirs dans le Grand collisionneur de hadrons ?

    Des trous noirs dans le Grand collisionneur de hadrons ?

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    Il y a 5 ans, L’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN) a inauguré le Grand collisionneur de hadrons (LHC), le plus grand accélérateur de particules.

    Plus de 10 000 scientifiques de plus d’une centaine de pays ont participé à sa création. La Russie a également apporté une contribution technologique importante, plus de mille chercheurs russes ayant participé à l’élaboration de l’accélérateur.

    L’installation a soulevé un enthousiasme débordant : grâce à elle, les scientifiques comptaient faire des découvertes importantes et élucider le mystère de l’apparition de l’Univers. En même temps, les médias épouvantaient la population en brandissant la menace de fin du monde consécutive à la possible formation de trous noirs dans le collisionneur, qui engloutiraient d’abord l’appareil lui-même et ensuite toute la planète. Mais l’apocalypse n’a finalement jamais eu lieu. Comme l’expliquent les scientifiques, si l’énergie générée par le collisionneur contribuait vraiment à la formation de trous noirs, ils seraient également présents dans les rayons cosmiques. Toutefois, jusqu’à présent, ni les trous eux-mêmes ni leurs traces n’ont été aperçus. De plus, les études spécialement menées sur les processus théoriquement favorables à la formation des trous noirs ont démontré l’absence de fondement de ce genre de suppositions.

    Alexeï Kourepine, chef du laboratoire de physique nucléaire relativiste et docteur en physique et mathématiques, est persuadé que même si un travail énorme est déjà réalisé, le vrai progrès reste à venir.

    « Nous avons publié plus d’une centaine de travaux rien que sur notre installation. Mais il s’agit de travaux en cours, qui permettent de planifier de futures études. Nous devons trouver des réactions nucléaires qui permettraient de prouver l’existence de nouveaux états de la matière nucléaire. C’est dans cette direction que nous allons. Nous cherchons des réactions nucléaires qui peuvent fournir de telles informations »,explique le chercheur.

    Le Modèle standard existant aujourd’hui - construction théorique des particules élémentaires - n’est pas définitif. Les scientifiques estiment qu’il doit faire partie de la théorie plus profonde de l’organisation d’un micro-univers. C’est ce que l’on appelle la

    « nouvelle physique ». Les scientifiques espèrent que les études menées sur le LHC leur donneront au moins une indication sur la nature de cette théorie plus profonde.

    « Les processus rares que l’on avait l’intention d’observer dans le LHC devaient permettre de détecter le boson de Higgs. C’est une particule unique, responsable de toutes les masses des particules élémentaires, observées aujourd’hui. C’est un champ unique qui liait tous les phénomènes et toutes les particules observés et qui attribuait à ces particules les caractéristiques que l’on connaît. Sans cette particule, les théories modernes seraient restées en l’air »,explique Oleg Dalkarov, chef du département de physique nucléaire et d’astrophysique de l’Institut de physique Lebedev.

    Le boson de Higgs a été découvert en 1964 dans le cadre du Modèle standard. Toutefois, les résultats obtenus ne fournissent pas de réponse univoque sur l’existence de cette particule. Pour le moment, les scientifiques ont suspendu leurs expériences, afin de moderniser le LHC.

    « Aujourd’hui, le Grand collisionneur est en train d’être modernisé, ce qui intensifiera et augmentera l’énergie de deux fois environ. Les travaux majeurs devraient être entamés en 2018. A mon avis, ces expériences seront menées afin de trouver des particules, que l’on retrouve dans ce que l’on appelle des théories supersymétriques, qui ne s’inscrivent pas dans le modèle standard »,note Oleg Dalkarov.

    Actuellement, les scientifiques russes participent à toutes les expériences importantes sur le collisionneur. En 2012, la Russie a fait une demande d’adhésion au CERN en tant que membre associé. Selon les experts, cela augmentera considérablement sa contribution au travail du Grand collisionneur de hadrons. T


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