Ecoutez Radio Sputnik
Les Roms de l’UE sont les bienvenus en Ukraine

Les Roms de l’UE sont les bienvenus en Ukraine

© Photo : RIA Novosti
Société
URL courte
01410

Des centaines de milliers de Roms de l’Union européenne pourraient trouver refuge en Ukraine. Le pays s'est engagé à accueillir ces populations dans le cadre d’un accord d’association avec l’UE. Le président ukrainien Viktor Ianoukovitch a signé un décret sur cette question en avril. Le délai de 6 mois accordé par le chef d’Etat ukrainien au gouvernement pour élaborer un projet spécial de réinstallation et l’intégration des Roms expire bientôt.

Les détails du projet de relogement des Roms seront discutés probablement en novembre, lors du sommet du Partenariat oriental à Vilnius. Lors de ce sommet l’accord d’association de l’Ukraine avec l’Union européenne pourrait être signé. Ce rapprochement tant souhaité par l’Ukraine l’oblige toutefois à contracter de nouvelles obligations. L'une d’elles, c’est l’accueil chaleureux des campements tsiganes de l’Ancien Monde.

La « question tsigane » a toujours été un défi pour l'Europe. Mais ce n’est qu’après l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à l’UE en janvier 2007 que les Roms sont devenus un problème. On a même surnommé cette adhésion la « deuxième chute du mur de Berlin ». La seule différence, c’est que cette « chute » ne réjouit personne en Allemagne ou en France. Les Roms, principalement originaires de Roumanie, de Bulgarie et de Hongrie ne se sont pas intégrés dans la société européenne. Les campements continuent de mener une vie nomade et de vivre grâce aux prestations sociales, qui sortent de facto de la poche des contribuables.

Les autorités ukrainiennes sont convaincues que c’est la discrimination des Roms qui pose le plus grand problème. Et elles sont prêtes à proposer un programme offrant les mêmes conditions pour la participation des Roms à la vie sociale, économique et culturelle de l’Ukraine qu’aux Ukrainiens, est persuadé le député de la Verkhovna Rada (parlement ukrainien) Vladimir Oleïnik.

« Nous devons prendre des mesures juridiques. Notamment adopter une législation appropriée et exiger l’application à tous ceux qui arrivent dans notre pays de la législation actuellement en vigueur en Ukraine. Nous devons également communiquer étroitement avec nos homologues de l'UE. »

Cette interaction sera-t-elle réellement profitable à l’intégration des Roms ? Les pays d’Europe ne sont pas parvenus à un consensus sur cette question. Ainsi, en France, la discussion au niveau des ministres du gouvernement s’est terminée par un scandale. Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a proposé d'expulser les Roms du pays, et ses déclarations furent sévèrement critiquées par ses collègues. Mais Valls a bénéficié du soutien de la majorité des Français. Selon les derniers sondages, la majorité des Français, près des trois quarts, se prononcent pour le retour des Roms dans leurs pays d’origine. Et les Européens sont même prêts à dépenser des milliards d'euros pour le rapatriement des gens du voyage. Ce programme est déjà mis en œuvre en Allemagne, en Autriche, en Suisse et au Danemark. Pourquoi l’Ukraine veut-elle devenir le pays d’accueil de tous ces migrants ? Il est peu probable qu’on puisse expliquer cette décision par la seule volonté de se rapprocher de l’Europe.

« Selon vous, qui en retirer les bénéfiques ? », s’interroge le directeur du Centre d’information russo-ukrainien Oleg Bondarenko. « Apparemment, les partisans du parti raciste Svoboda (Liberté) vont affirmer haut et fort que l’Ukraine s’est transformée en pays d’accueil pour qui le veut. Cela s’inscrit dans la stratégie de transformation d’Oleg Tiagnibok en principal rival de Ianoukovitch aux élections présidentielles de mars 2015. Cette technique est élaborée par l’administration de Ianoukovitch et il est clair que quelle que soit la situation, Ianoukovicth l’emportera sur Tiagnibok . »

Ni Timochenko, ni Klitchko ne pourront participer à ces élections, et ce renforcement du mouvement nationaliste joue en faveur du président ukrainien, souligne l’expert, en rappelant que le parti radical-nationaliste Svoboda a déjà obtenu 37 sièges à la Verkhovna Rada lors des dernières élections parlementaires. Il s'avère que l'Ukraine a besoin des Roms. Ou alors c’est son président qui a besoin d’eux. T


Règles de conduiteDiscussion
Commenter via FacebookCommenter via Sputnik
Grands titres