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    Dans la honte et le silence, la France extrade un papa en Allemagne

    Dans la honte et le silence, la France extrade un papa en Allemagne

    © Photo : Lionel Gilberti
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    Le jeudi 29 novembre 2012, la Cour de cassation avait décidé de valider le mandat d'arrêt européen émis par l'Allemagne à l'encontre de Lionel Gilberti, 43 ans, pour, selon la version officielle, son refus de payer les pensions alimentaires du fait de l'interdiction faite à son encontre par l'Allemagne de parler ou d'être en France avec ses deux enfants, Julia-Angelina, 13 ans, et Quirin, 12 ans. Selon les affirmations allemandes Lionel Gilberti devait payer 6 000 euros et, pour cette raison, devait être envoyé en prison en Allemagne pour 3 ans minimum.

    Lionel Gilberti a, en fait, déjà payé le double de la somme réclamée et a déjà fait 10 jours de prison en France pour cette affaire. C'est surtout une action politique à son encontre qui est menée, ce que l'Allemagne ne dit pas. La France, elle, avec toute sa diplomatie, ses députés, ses sénateurs, ses slogans d'amitiés franco-allemands et son attitude moralisatrice sur les droits fondamentaux, ferme les yeux et laisse extrader Lionel Gilberti.

    Faits. L'extradition de Lionel Gilberti, qui était en suspens depuis le 29 novembre 2012, vient d'être confirmée début octobre 2013 par la police française. Un policier français a téléphoné au domicile alsacien de Lionel Gilberti pour lui demander de faire ses adieux à sa famille, ses proches, avertir son employeur et faire sa valise avant de partir en prison à Munich à 9 heures ce lundi 14 octobre. « Le policier est gentil, il se propose même de m'accompagner en prison en Allemagne», dit Lionel Gilberti. Pour tout Français, cela rappelle la période noire de la collaboration, du temps où la France mettait entre les mains de la police allemande les résistants français. La famille de Lionel Gilberti se mobilise, a réalisé une vidéo et a lancé une pétition sur le Net.

    Nouvelles pièces à charge. Mais des nouvelles pièces, qui sont arrivées dans le dossier, montrent l'emploi de faux dans la décision allemande et prouve surtout qu'il s'agit d'une extradition politique. La police allemande a effectué des écoutes secrètes en France sur Lionel Gilberti et sur le CEED, organisation dénonçant le rapt d'enfants par l'Allemagne. Lionel Gilberti entretient des liens d'amitié avec Olivier Karrer et le CEED qui dénoncent depuis des années, selon leurs observations, la germanisation des enfants français et le rapt organisé de ces enfants en Allemagne. Olivier Karrer, franco-allemand, est un homme qui rentre dans le lard des politiques et qui a mené des actions coup de poing pour dénoncer l'attitude des responsables juridiques et politiques dans ces dossiers violents. D'ailleurs, depuis l'arrestation d'Olivier Karrer par la police française en juin 2012, il ne se trouve personne pour parler des actes violents des autorités allemandes effectués sur nos citoyens et sur leurs enfants. Pourtant, Olivier Karrer, qui dérangeait, par ses propos, la morale bien pensante et l'omerta en prenant le risque d'adopter un comportement limite, voire à agacer certains parents ayant peur de représailles, a été, il faut bien l'écrire, pendant de longues années avec son organisation et ses parents, qui formaient le CEED, le seul à dénoncer de manière véhémente les agissements des autorités allemandes envers les enfants et parents français et la capitulation de la France. Tout se passe comme si le problème avec la justice allemande, qui a une définition particulière du bien être de l'enfant avec le rôle du Jugendamt, n'existait plus avec un CEED rendu au silence. 

    Action politique. Au mois de décembre 2012, le député européen Philippe Boulland disait: « J'appelle les autorités françaises à vite se saisir du dossier pour venir en aide à Lionel Gilberti et revenir à une décision plus raisonnable. Passons d'abord par la médiation ! Est-ce en effet logique d'emprisonner quelqu'un pour lui demander la perception d'une aide alimentaire ? Car c'est lui faire prendre le risque de perdre son emploi, aggraver sa situation et en fin de compte appauvrir aussi la créancière et les enfants. A moins que la décision soit politique...». Aujourd'hui, Philippe Boulland, qui pourtant sentait l'action politique contre Lionel Gilberti, qui a fait adopter un rapport sur la mission d’étude à Berlin sur les divorces transnationaux et l’office de protection de la jeunesse allemande (Jugendamt), et qui s'était engagé à traiter du rôle du Jungendamt et de la justice familiale allemande, est, comme tous les responsables politiques, devenu silencieux sur le dossier Lionel Gilberti et sur tous ces dossiers franco-allemands. Le site du député européen Philippe Boulland reste silencieux depuis 2011 sur la germanisation des enfants préférant vanter le modèle allemandpar la nouvelle victoire d'Angela Merkel. Pourtant, les faits sont accablants à l'encontre de la justice allemande qui viole les bases élémentaires des droits fondamentaux. Lionel Gilberti, lui, apporte la preuve par documents que l'Allemagne le met en prison pour collaboration avec le CEED, une entreprise terroriste selon Berlin, confirmant l'action politique à son encontre.

    En Pologne par contre. Pendant que Lionel Gilberti recevait un appel de la police française pour le conduire en prison, les Polonais, eux, ont sauvé, Antonya, une petite fille allemande des griffes du Jugendamt et ont protégé ses parents des poursuites judiciaires en Allemagne et de la prison sur le territoire allemand. L'organisateur de ce sauvetage d'une famille allemande n'est autre que Wojciech Pomorski, fondateur de l'organisation polonaise Dyskryminacja qui comme le CEED, dénonce la germanisation des enfants polonais en Allemagne et le rapt des enfants polonais par la justice allemande avec l'aide du Jugendamt. Wojciech Pomorski s'est rendu célèbre en Pologne en 2004 pour son affaire qui a scandalisé toute le pays. Lors de sa séparation avec sa femme allemande, le Jugendamt interdit à Wojciech Pomorski, tout comme dans l'affaire Lionel Gilberti, le droit de parler à ses enfants ou de les voir, le Jugendamt allant même jusqu'à interdire, comme le montre un titre de la presse polonaise représentant un cadenas sur la bouche d'un enfant, au père polonais de parler en polonais avec ses enfants ! Les parents de la petite Antonya sont en Pologne avec leur fille et disent aux médias polonais que le système de contrôle et de répression en Allemagne sur les familles et sur les enfants est généralisé. La police polonaise ne les extrade pas en Allemagne mais protège les parents et l'enfant. Le père français, lui, a perdu ses deux enfants en Allemagne et ne reçoit pas d'aide de son pays. /N

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