Ecoutez Radio Sputnik
    Crise de l’UE : l’Europe tend la main aux pauvres

    Crise de l’UE : l’Europe tend la main aux pauvres

    Photo : EPA
    Société
    URL courte
    0 01

    Le nombre de mendiants et de sans-abri est en forte croissance dans l’UE. Le phénomène est une des conséquences de la crise financière. La Croix-Rouge, interpellée par ce problème, a appelé les fonctionnaires des gouvernements des pays européens à essayer de chercher des solutions nouvelles au règlement de la crise, car les programmes d'austérité des Etats européens risquent de plonger des millions de personnes dans pauvreté.

    43 millions d’individus sur tout le continent européen ne mangent pas à leur faim et 120 millions vivent à la limite de la pauvreté. Ces chiffres inquiétants ont été publiés récemment dans un rapport de la Croix-Rouge internationale. Le nombre de personnes qui reçoivent des produits de la première nécessité de la part des organisations caritatives a augmenté de 75 % au cours des trois dernières années. Les experts sont persuadés que la misère qui s’attaque aux couches plus larges de la population en Europe est une conséquence de la politique d’austérité.

    Une situation critique s’est créée ainsi au Royaume-Uni. En mai 2013, plus de 500.000 citoyens britanniques demandaient une aide aux organismes de bienfaisance. Et les hommes politiques refusent de reconnaître ce problème. Pour Lord Freud, les personnes qui veulent obtenir des repas gratuits n’ont qu’une seule intention : vivre sur le compte des autres. Le ministre de l'Education Michael Gove a déclaré que ceux qui vont à la soupe populaire n’arrivent pas à gérer correctement leur budget.

    Mais quoi qu’en disent les hommes politiques, la Croix-Rouge envisage toute de même de lancer un programme d’aide aux pauvres en Grande-Bretagne, pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale. Selon le journal The Independent, cette action va commencer en novembre 2013. Des bénévoles se rendront dans les magasins et demanderont aux acheteurs de donner de l’argent pour l’achat de produits de première nécessité. Les employés de la Croix-Rouge transmettront ensuite les fonds recueillis à l’organisation. La Croix-Rouge va transférer les fonds collectés à l’organisation britannique FareShare. Et cette dernière s’occupera de la distribution des fonds aux sans-abri britanniques.

    Selon Igor Dmitriev, journaliste indépendant basé à Londres, un autre problème réside dans le fait que les autorités britanniques ont une attitude sereine envers les sans-abri, et voient dans ce mode de vie l’expression du choix de chacun. En outre, ils créent toutes les conditions nécessaires pour augmenter le nombre de pauvres dans le pays.

    « Le nombre de sans-abri a augmenté considérablement depuis que le programme de réduction des dépenses sociales a été mis en œuvre », explique Igor Dmitriev. « De nombreuses familles originaires des couches déshéritées de la population se sont retrouvées privées d’allocations, et la plupart d’entre elles ne peuvent même plus se permettre de louer un appartement, car les loyers augmentent d’année en année. Les autorités municipales se voient obligées de placer les sans-abri dans des hôtels de luxe pour tenter de résoudre le problème. La presse britannique a évoqué récemment l’histoire d’une famille avec huit enfants, placée dans un hôtel quatre étoiles près de Chelsea, un quartier de Londres où vivent des personnes très aisées. Leurs allocations étant réduites, ces personnes n’arrivaient pas à louer un logement, alors que leurs enfants vont à l’école dans ce quartier, et y consultent le médecin traitant. Selon la loi, si les enfants sont scolarisés dans le même arrondissement que celui où exerce le médecin de famille, les autorités sont obligées de fournir un logement à la famille dans le même quartier. Les autorités n’ont pas trouvé de logement social dans les environs, c’est pourquoi elles ont été obligées de placer la famille dans un hôtel de luxe. »

    La législation britannique est conçue de telle de manière qu’il est mieux travailler que d’être un sans- abri vivant en-dessous du seuil de la pauvreté. Des squatters, se retrouvent souvent à vivre dans des châteaux ou des hôtels particuliers. Conformément à la loi du Royaume-Uni, si le logement est vacant pendant une longue période, si le propriétaire ne l'utilise pas, et que des personnes le squattent sans casser les portes et les fenêtres, en y pénétrant par exemple par la cheminée, d’ici un certain temps ils le droit de revendiquer la propriété de ce logement. Ainsi, il n'y a pas si longtemps, un sans-abri est devenu propriétaire d’un hôtel particulier d’une valeur de trois millions de livres à Brighton.

    Le gouvernement britannique s’est même préoccupé de l’éduction des sans-abri. Une école professionnelle a été ouverte récemment pour qu’ils puissent améliorer leurs connaissances et leur formation, afin de trouver un emploi.

    L’aide apportée aux sans-abri en en Europe est assez complète. Cependant, depuis quelque temps elle est considérée comme insuffisante. Les experts disent que le nombre des pauvres a augmenté de façon spectaculaire après l'élargissement de l'UE, lorsque les immigrants et les réfugiés économiques en provenance d'Europe de l'Est ont commencé à affluer. La Roumanie et la Bulgarie ont constitué le plus gros du flux de migrants. Car en intégrant l’UE, les populations de ces pays ont reçu la possibilité de se déplacer librement. La politique menée par l’UE est un autre problème. On peut la caractériser à juste titre par cette phrase : l'argent n’est pas loin, il suffit de se baisser pour le ramasser. T

    Lire aussi:

    L’autre croissance qui n’intéresse pas l’UE: celle du nombre de sans-abri
    Radio Sputnik: Les infos du 22 mars 2018!
    Chaque hiver, même rengaine, la classe politique s’émeut sur le sort des SDF
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik