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    Un télescope russe pourrait être construit aux Canaries (recteur de la MGU)

    Un télescope russe pourrait être construit aux Canaries (recteur de la MGU)

    Photo: RIA Novosti
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    Un télescope géant pourrait être érigé aux Canaries, a déclaré Viktor Sadovnitchi, recteur de l'Université d’Etat Lomonossov de Moscou (MGU).

    Le projet pourrait être réalisé conjointement avec les représentants des Canaries et une fois accompli, le nouvel instrument sera même plus grand que le télescope de 39 mètres projeté par l'Observatoire européen austral. La question est seulement de savoir si la Russie réussira à construire un tel instrument et pour quels projets ?

    La première information sur la construction possible d'un télescope géant aux Canaries a été publiée dans les médias russes à la fin du mois de mars et relayée en avril par des ressources de langue anglaise. Le projet a été annoncé suite à la signature d'un accord de coopération scientifique entre le recteur de l'Université d’Etat de Moscou Viktor Sadovnitchi et le président du gouvernement des Canaries Paulino Rivero. L'accord prévoit entre autres la construction d'un télescope aux Canaries. D'après certaines informations, l'Allemagne et la Suisse pourraient participer au projet, outre l'Espagne et la Russie, qui s'est réservé un quart du temps d'observation. Les sources divergent sur les caractéristiques du futur instrument : le site officiel de l'Université de Moscou évalue le diamètre du miroir à 40 mètres, d'autres sources parlent de 60 mètres. De toute façon, les deux chiffres sont « astronomiques » : le diamètre des plus grands télescopes optiques existants ne dépasse que légèrement 10 mètres. Même l'European Extremly Large Telescope (E-ELT), dont la construction va commencer aura un miroir de 39 mètres.

    L'information est apparue peu avant la discussion publique des perspectives de l'astronomie et de l'astrophysique en Russie qui s'est tenue au ministère de l'Education et de la Science le 24 mars. Un regain d'intérêt pour ce domaine de la science est évident en Russie qui n'en est pas un leader mondial. Le plus grand télescope sur le territoire de la Russie est le télescope optique de 6 mètres en Kabardino-Balkarie (Caucase) construit dans les années 1970. Les autres ont 2 mètres et même moins. Par ailleurs le problème ne réside pas dans le diamètre du miroir : en Russie peu d'endroits jouissent d’un astroclimat favorable. Aussi est-il difficile, voire impossible, de promouvoir l'astronomie en s'orientant uniquement sur les « ressources intérieures ».

    Une solution est proposée depuis plusieurs années. C'est la participation de la Russie à des projets internationaux, notamment à l'Observatoire européen austral (ESO). Les instruments de ce dernier se trouvent au Chili, dans le désert d'Atacama offrant les meilleures conditions d'observation sur Terre. L'observatoire possède quatre télescopes optiques de 8 mètres, et un système d'instruments observant le ciel l'Extrêmement grand télescope européen (E-ELT). L'ESO regroupe 15 pays membres.

    La Russie est invitée à y adhérer en tant que membre à part entière. Sur le plan financier, cela signifie 120 millions d'euros. Sur le plan scientifique, c'est la possibilité de participer immédiatement à des études avec des instruments sophistiqués et à la mise au point d'une stratégie d'observation. En plus, la Russie pourrait participer à la construction du géant de 39 mètres, l'E-ELT, ce qui contribuerait à l'essor des productions appropriées dans le pays, selon les partisans du projet.

    L'adhésion à l'ESO est onéreuse et menace de « freiner » le développement des instruments d'observation russes. Mais qu'est-ce qu'elle peut donner à la Russie ?

    Les Canaries sont connues pour leur bon astroclimat, mais le facteur clé, en l'occurrence, est le temps et l'argent. Même si le projet se développe plus ou moins vite, le télescope géant ne sera pas construit en moins de dix ans (plutôt 20 ans). En plus, les astronomes signalent que la Russie ne possède pas à l'heure actuelle les technologies indispensables à sa construction, ce qui va prolonger la durée des travaux. Il est plus que probable qu'au moment de sa construction l'E-ELT fonctionnera déjà et que la « crème » des premiers résultats aura déjà été prélevée. En outre, les astronomes russes seront comme toujours exclus de leur participation à part entière à un grand projet international. En ce qui concerne l'aspect financier, le coût du télescope des Canaries sera assez élevé : le montant est évalué à 500 millions d'euros. Il va de soi que toute la somme n'est pas requise d’un seul bloc. Même si l'ESO propose à la Russie d'échelonner sa cotisation d’adhésion sur 10 ans, la question financière restera sensible. T


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