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    Les USA voudraient, en vain, que Snowden se fasse oublier

    Les USA voudraient, en vain, que Snowden se fasse oublier

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    L’ex-agent de la CIA et de la NSA Edward Snowden a annoncé son intention de demander à la Russie un renouvellement de son délai séjour dans le pays. Il a dit aussi n’avoir jamais espionné ni pour le compte de la Russie, ni pour celui d’aucun autre Etat.

    Ses révélations avaient vocation à montrer l’ampleur des violations, par la Maison-Blanche et les services spéciaux des Etats-Unis, de la Constitution du pays, des droits et libertés des Américains. La chaîne de télévision américaine NBC a diffusé une longue interview du « fugitif ».

    La NBC a fait coïncider son entretien du principal révélateur des secrets de l’Amérique avec le premier anniversaire du commencement de sa saga. Elle a débuté fin mai 2013 au moment du départ de M. Snowden des îles Hawaï, où il travaillait, pour Hongkong.

    Toute mention de « l’affaire Snowden » suscite une réaction douloureuse aux Etats-Unis. Et la crise en Ukraine, aussi cynique que cela puisse paraisse, est tombée bien à propos. Cette crise semble avoir fait oublier à tous que Washington espionnait à une échelle jamais vue le monde entier : de ses propres citoyens aux leaders des pays étrangers.

    L’ancien agent de deux principaux départements de renseignement a tiré au grand jour le système de surveillance globale de l’Amérique. Il s’est avéré que les Etats-Unis tenaient sous cloche plus d’un milliard de personnes dans 60 pays. La NSA pratiquait (et pratique) les écoutes des communications des gouvernements de 35 pays. Y compris des ses principaux alliés. Edward Snowden est persuadé que les autorités aux Etats-Unis cherchent délibérément à dénigrer son statut à la CIA et à NSA, à le présenter comme un consultant de peu d’importance. « On m’a longuement appris à la CIA, comme à la NSA, l’espionnage électronique à tous les niveaux, et j’ai beaucoup plus d’expérience que ne s’efforce de le présenter dans la NSA », a dit M. Snowden. Il a déclaré dans le même temps qu’il était ridicule de le définir comme quasiment un espion russe.

    « Je n’ai absolument aucuns rapports avec le gouvernement russe. Je n’ai jamais rencontré le président de Russie. Le gouvernement de Russie ne me soutient pas et ne me donne pas d’argent. Je ne suis pas un espion (de la Russie). »

    M. Snowden a rappelé qu’il n’avait nullement l’intention de rester en Russie, mais planifiait de quitter Hongkong pour l’Amérique latine, lorsque le Département d’Etat américain a subitement annulé son passeport. « Pour cette raison, quand on me demande comment je me suis retrouvé en Russie, je conseille d’adresser cette question au Département d’Etat américain ».

    Il faut dire que M. Snowden, âgé de 30 ans, a donné dans son interview des définitions tellement exhaustives du patriotisme et du devoir civique, qu’elles ne correspondent en rien aux accusations de haute trahison et de vénalité qui pleuvent sur M. Snowden par la Maison-Blanche et le Département d’Etat américain. Le terme de « patriote » est tellement usé que sa signification est devenue entièrement dévaluée, déformée à l’extrême, a dit M. Snowden.

    « Il me semble qu’être patriote ne signifie nullement placer le service dans l’intérêt du gouvernement au dessus de tout. Être patriote pour moi veut dire comprendre quand il faut se mettre à défendre son pays et sa Constitution. Ses concitoyens. Contre les ennemis. Et ces ennemis ne sont pas nécessairement extérieurs. Les violations de la Constitution et une mauvaise politique peuvent également être un ennemi. » N

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