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    Guennadi Padalka

    Guennadi Padalka, détenteur du record de temps passé en orbite

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    Travaillant au sein de l'équipage sur la Station spatiale internationale (ISS) le cosmonaute russe Guennadi Padalka a battu le record de séjour en orbite. L'ancien record était détenu par Sergueï Krikalev, avec 803 jours. Au moment de son retour prévu sur terre le 11 septembre, Guennadi Padalka aura totalisé presque 880 jours de vol spatial.

    Le cosmonaute doit passer en orbite 5% de temps en plus par rapport au précédent record pour que sa prouesse soit officiellement reconnue.

    Les règles de vie

    J'ai toujours regretté de ne pas pouvoir aller sur Mars.

    Le souvenir d'enfance le plus marquant: je vois un avion gris tomber dans un ciel bleu infini — pas en vol, mais bien en train de tomber. Puis le moteur rugit et l'avion remonte. C'est seulement à l'école que j'ai compris qu'il s'agissait alors d'une zone où les pilotes s'exerçaient à des manœuvres.

    Quand j'étais petit, le terme "cosmonaute" n'était pas courant. On ne rêvait pas de devenir cosmonaute, mais Gagarine, on projetait le nom sur la profession.

    Après l'atterrissage j'avais toujours les cheveux longs. Je ne me coupe pas les cheveux dans l'espace. D'autres le font — il y a une tondeuse et des ciseaux, mais je ne le fais pas depuis le premier vol. Mais il ne faut pas chercher du sens où il n'y en a pas. J'aime simplement ne pas me couper les cheveux.

    Je ne crois pas aux présages. Mon numéro porte-bonheur est 13. Ma troisième fille est née le 13 novembre. Je suis parti le 13 août. Avant un lancement, je suis passé en 13e place lors de la visite médicale.

    Le vol dans l'espace est une longue mission. C'est une zone de vie où tout est temporaire.

    On ne peut pas dire que la Terre change constamment, et l'espace ne change pas. Le télescope Hubble a montré énormément de choses: des constellations qui se dispersent, des galaxies. Et nous ne polluons pas seulement la Terre, mais aussi l'espace.

    Le plus proche de l'espace parmi les écrivains de science-fiction a été Stanislas Lem avec Solaris.

    Les critiques disent: pourquoi conquérir l'espace, à quoi servent les milliards dépensés? Et ma réponse: pourquoi a-t-on besoin de la médecine tant que l'homme est en bonne santé?

    Les ambitions de l'homme grandissent. À terme nous conquerrons la Lune, Mars et d'autres planètes du Système solaire. Comme disait Ray Bradbury, la civilisation ne peut pas exister sans ambitions grandioses. Mais il ajoutait: et sans savoir lire.

    J'ai trois filles, et elles ont toutes une grande différence d'âge: l'aînée a 33 ans, la cadette a 12 ans. Les deux aînées ont une bonne situation et elles vivent indépendamment, et j'en suis fier, alors que la cadette m'apprend encore beaucoup de choses.

    Dans la Cité des étoiles aucun enfant ne se vante d'avoir un père cosmonaute.

    La dernière fois, je suis parti dans l'espace à 53 ans, mais certains partent à 55, à 56 et à 57 ans. Nous sommes des gens très motivés — nous voulons voler. C'est pourquoi on fait attention à nous et on exclut les mauvaises habitudes. Après cette interview j'irai faire 10 km à ski.

    J'aime bien l'expression de Famke Janssen dans votre magazine: "Je ne vis pas dans un champ de mine pour suivre les pas des autres".

    Nos biographies sont souvent rédigées sans que nous soyons consultés.

    Il ne faut pas penser à la vie, comment elle était ou sera. Il n'y a pas de passé et il n'y aura pas de futur. Tout se passe ici et maintenant.

    Je veux absolument repartir encore une fois. Il y a l'ennui et le romantisme, c'est magnifique et non à la fois, c'est comme une sorte de symbiose.

    99% des cosmonautes qui ont volé ensemble ne deviennent pas amis sur Terre. Après tout c'est une nécessité de se trouver ensemble.

    Les sons terriens manquent le plus dans l'espace. Il n'y a que les voix des collègues et le bruit des ventilateurs.

    Tous les cosmonautes boivent - les Russes et les étrangers. Nous buvons tous avec modération, et personne ne s'abstient.

    Je n'ai pas peur de la mort, mais de la vieillesse. Ceux qui disent que tous les âges sont beaux se mentent, il me semble.

    L'espace, c'est l'espace. Il n'y a rien de comparable sur Terre.

    Contenu réalisé à partir d'informations émanant de sources ouvertes

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    Tags:
    cosmonaute, espace, Guénnadi Padalka, Russie
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