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    Crise des migrants: "Ils nous remerciaient sans cesse…"

    © REUTERS/ Alexandros Avramidis
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    Une volontaire britannique qui aidait les réfugiés en Grèce partage son expérience.

    En 2015, plus d'un million de migrants en provenance du Proche-Orient et d'Afrique du Nord sont arrivés en Grèce. Chacun d'eux a besoin d'aide, aussi bien que de la part des médecins que des gens ordinaires.

    Mère de deux enfants, Rachel Lovell a partagé avec le Telegraph son expérience de volontariat dans un centre d'accueil sur l'île de Lesbos (Grèce).

    La femme raconte qu'après avoir vu la photo d'Alan Kurdi, garçon syrien décédé lors de la traversée, elle ne pouvait pas s'arrêter de penser aux enfants qui souffraient et mouraient chaque jour. C'est pourquoi quand son amie médecin Abby lui a proposé de se rendre en Grèce pour aider les migrants, Rachel a tout de suite accepté la proposition.

    Les femmes ont signé tous les documents nécessaires et sont devenues membres de l'organisation qui s'occupait du Camp Moria, dans la partie sud de Lesbos. A l'époque, plus de 2.000 réfugiés venus de Syrie et d'Afghanistan demeuraient à Moria.

    "Le 2 janvier, nous sommes arrivées à Lesbos. (…) Une grande tension flottait dans l'air (du camp), on ne pouvait pas y échapper", se rappelle Rachel. "Nous avons aidé tous ceux qui en avaient besoin: quelqu'un toussait, quelqu'un souffrait d'angine ou avait perdu les médicaments nécessaires".

    D'après la femme, les réfugiés se sont avérés très polis et amicaux. "Ils ne cessaient de nous remercier. Ils étaient ravis d'être finalement en Europe".

    "Nous avons été confrontés à beaucoup de souffrance, mais je rappelle de moments distincts. (…)Une femme âgée lève les bras au ciel après avoir senti les battements de coeur d'un bébé dans le ventre de sa fille. Ou encore un garçon de 4 ans pleurait à cause du froid subi depuis si longtemps que ses yeux rouges littéralement brillaient sur son petit visage pâle".

    "Mais je n'ai pas vu les cas les plus choquants, on me les a seulement décrits", rappelle-t-elle.
    "Par exemple, on m'a raconté l'histoire d'un garçon qui a perdu sa couverture et est mort de froid. Ou le cas d'une mère qui devait choisir lequel de ses enfants elle devait sacrifier quand le bateau coulait en haute mer. Chaque jour, les volontaires comptaient les pertes".

    "Quand je suis rentrée chez moi, mes amis m'interrogeaient avec intérêt sur mon expérience. Mais j'étais gênée, car je n'ai pas fait rien de particulier. Il y avait des centaines de volontaires et aucun de nous ne pensait avoir fait de grands prouesses", dit Rachel.
    "Quand même, j'ai compris que cette attention pouvait être bénéfique. Notre équipe a tenu quelques réunions et motivé certains à se rendre dans des camps de ce type en qualité de volontaires."

    D'après Rachel "c'est la compassion qui pousse les gens du monde entier à venir à Moria. Lesbos est un endroit unique. Ce qu'il y a de pire en l'humanité révèle ce qu'elle a de meilleur."

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    Tags:
    camp, bénévolat, centre d'accueil, crise migratoire, Grèce
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