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    Tchernobyl, la catastrophe du siècle

    © Sputnik . Alexey Vovk
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    Il y a 30 ans, le mot "Tchernobyl" devenait un nom commun. Des "liquidateurs" de Tchernobyl se souviennent aujourd'hui de leur expérience de l'époque.

    Le 26 avril 1986, il y a 30 ans, survenait la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, la plus dévastatrice de l'histoire. Comme presque tout les autres accidents, elle a été le fruit d'erreurs humaines. Des personnes qui exploitaient la centrale comme de celles qui l'ont construite. Mais il y a eu aussi un autre problème, celui de la réaction des hommes face à cette situation critique.

    A l'époque de l'URSS, les dirigeants sur place ne pouvaient pas prendre de décisions indépendantes car c'est le Parti communiste qui réglait tout. La peur de la panique, que les autorités soviétiques considéraient comme bien plus dangereuse que la radioactivité, les a poussés à ne pas prévenir la population locale de l'accident. Les gens ont alors poursuivi leurs activités habituelles sans prendre de précautions particulières.

    L'accident nucléaire de 1986 a contaminé 150.000 kilomètres carrés de territoire en Ukraine, en Biélorussie et en Russie. Selon un récent rapport de Greenpeace, près de 5 millions de personnes (1,1 million en Biélorussie, 1,6 million en Russie et 2,3 millions en Ukraine) habitent toujours sur les territoires contaminées.

    Plus de 650.000 personnes ont participé à la liquidation des conséquences de l'accident. Plus de la moitié d'entre eux sont morts bien avant cet anniversaire.

    Des "liquidateurs" de Tchernobyl se souviennent aujourd'hui de leur expérience de l'époque.

    "Pas de panique"

    Alexandre Kapoustine, décoré de l'ordre du Courage, travaillait au ministère de l'Intérieur et est venu sur place un jour après la catastrophe. Trois cents employés de l'Intérieur ont été réveillés en pleine nuit et envoyés à Pripiat, ville à proximité de la centrale, sans recevoir de détails sur l'opération. Une centaine de personnes ont refusé d'y aller et ont été dégradés par la suite.

    Sur place, tout était secret. Personne ne recevait d'informations générales mais chacun remplissait une tâche concrète. Les uns évacuaient la population, les autres chargeaient des hélicoptères de mélange spécial destiné à être dispersé au-dessus de la ville. Ce sont eux qui ont reçu les doses de radiation maximales.

    Au moment de la catastrophe, la population de Pripiat comptait 45.000 personnes. Une zone d'exclusion nucléaire a été établie dans un rayon de 30 km autour de la centrale accidentée où se situaient encore 76 localités. L'évacuation de Pripiat n'a commencé que 36 heures après l'explosion.

    Les évacuateurs devaient faire le tour des maisons et appartements, raconte M. Kapoustine. Les gens n'étaient autorisés à prendre que leurs affaires les plus nécessaires. Les personnes âgées refusaient souvent de partir. Mais plus tard, elles ont été évacuées de force.

    Les miliciens (nom des policiers en URSS) ne portaient pas de vêtements spéciaux qui les protégeraient de la radiation. Il a été simplement interdit de manger les aliments en provenance de la zone contaminée.

    "Ce n'est pas la santé qui nous préoccupait"

    Les premiers jours après l'explosion, un vent très fort a soufflé pendant presqu'une semaine, répandant la poussière radioactive à des centaines de kilomètres.

    "Au début de l'été, les arbres étaient d'une couleur rousse, comme en automne, se souvient Alexandre Bakhmoutov, un autre "liquidateur". Le paysage était épouvantable: le silence, le vide, les portes ouvertes, comme si on était sur une autre planète".

    Alexandre était chargé de transporter du mélange de béton utilisé pour couvrir les dépôts de déchets radioactifs. "A l'époque, nous n'avions pas peur des conséquences pour notre santé, mais que le béton dans notre camion ne durcisse", raconte-t-il.

    Il faisait alors très chaud, se souvient Pavel Belkine, encore un "liquidateur". Il confie avoir eu tout le temps un goût de rouille dans la bouche et il se raclait constamment la gorge. De retour, il a été admis à l'hôpital pendant deux semaines car il avait du mal à respirer et avait mal à la tête. Ce n'est que sept ans plus tard qu'il a pleinement ressenti les conséquences de cette mission. A 30 ans, il a été reconnu invalide.

    L'Assemblée générale de l'Onu tiendra mardi une séance spéciale consacrée au 30e anniversaire de la catastrophe.

    "La tragédie de Tchernobyl a été une leçon pour l'humanité, et ses conséquences continuent de se répercuter sur la nature et sur la santé des gens. L'envergure de la tragédie aurait pu être beaucoup plus importante sans le courage et le dévouement des pompiers, des militaires, des spécialistes et des médecins qui ont dignement rempli leur devoir professionnel et civil. Nombre d'entre eux ont sacrifié leurs vies pour sauver les autres", a déclaré le président russe Vladimir Poutine à l'occasion de l'anniversaire. 

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    Tags:
    radioactivité, centrale nucléaire, anniversaire, Tchernobyl, URSS
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