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    Un homme  armé d'un couteau

    Culte venu de l’enfer? Des sectes qui font parler

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    Elles sont accusées d’affecter les esprits de leurs adeptes, à un point qui peut s'avérer dangereux. Si la plupart des sectes se contentent de s'approprier les biens de leurs fidèles, d’autres pratiquent l'extorsion, la fraude, le viol, la pédophilie et même le meurtre de leurs membres. Panorama de quelques sectes.

    Une secte fait généralement référence à un groupe social dévoué à des croyances ou à des pratiques considéré comme peu orthodoxes. Les sectes demandent à leurs adeptes de consacrer une grande quantité de temps et d'argent au bien de celle-ci. Parfois, la secte demande le prix ultime, la vie… Voici les cultes qui ont changé la façon dont le monde regarde les sectes.

    Vérité suprême d'Aum

    Destructrice, totalitaire, extrémiste et terroriste: ces épithètes correspondent à la secte japonaise Aum Shinrikyo, considéré comme l'un des cultes les plus meurtriers du monde.

    Aum Shinrikyo ou «Vérité suprême d'Aum» a été fondée au Japon en 1987 par Shoko Asahara (de son vrai nom Chizuo Matsumoto), vendeur de médicaments, mais arrêté pour avoir vendu de faux produits.

    Ensuite, il a ouvert une salle de yoga et de méditation. Il l'a rapidement transformée en organisation religieuse qui s'inspirait principalement du bouddhisme, mais aussi empruntait quelques notions à l'hindouisme, à l'apocalyptisme chrétien et… aux prophéties de Nostradamus.

    D'après ses fidèles qui pratiquaient du yoga, ils vivaient parfois durant des séances des expériences paranormales comme voir une lumière ou sentir une énergie monter en eux. Le but principal des adeptes de ce mouvement était d'atteindre l'illumination par la soumission totale aux ordres du leader Asahara que les adeptes considéraient comme l'incarnation du Messie sur terre.

    Sur un plan politique, Asahara avait prédit l'Apocalypse pour le 1er août 1999, convaincu de la disparition du gouvernement japonais qu'il jugé corrompu. En fait, ayant pour objectif de provoquer cet Armageddon, les membres de l'organisation s'y sont préparés activement. Dans les années 1990, le groupe a commencé à justifier le meurtre sur des bases spirituelles. De plus, ils ont comploté d'assassiner plusieurs personnes vues comme leurs concurrents. D'après le Guardian, les ennemis du culte ont été assassinés et incinérés dans des fours spécialement conçus. Plusieurs meurtres au sein de la secte ont été étouffés et révélés plus tard.

    L'année 1995 est devenue l'apogée de l'activité de l'organisation. Un attentat dans le métro de Tokyo, organisé par les membres d'Aum Shinrikyo, a fait 12 morts et 5.000 blessés. Les terroristes ont utilisé le gaz toxique sarin, dont des traces ont été par la suite découvertes dans le bâtiment appartenant à la secte. Le but de l'attentat était d'attirer l'attention sur Aum Shinrikyo et de déclencher «la bataille finale entre le Bien et le Mal».

    Shoko Asahara et plusieurs autres membres de la secte sont condamnés à mort en février 2004 pour l'attentat au gaz sarin de Tokyo. Il attend son exécution depuis cette date.

    Quant à la secte, elle demeure encore active, mais sous un nouveau nom, «Aleph». Les responsables ont reconnu une certaine responsabilité du fondateur dans les actes qui lui sont imputés, mais le gardent comme maitre spirituel, tout en lui déniant tout pouvoir effectif.

    L'organisation est placée sur la liste officielle des organisations terroristes du Canada, des États-Unis et de l'Union européenne. Elle est interdite également en Russie.

    Le Temple du Peuple

    L'une des sectes les plus dangereuses au monde, ce mouvement religieux est devenu macabrement célèbre pour son suicide collectif de 900 de ses adeptes en 1978.

    Fondée en 1955 aux États-Unis par Jim Jones sur la base du marxisme, la secte a connu une envolée dans les années 1970, quand le Temple du Peuple a ouvert ses filiales dans plusieurs États américains. Le but du fondateur était de venir en aide aux déshérités et aux minorités ethniques, telles que la communauté noire.

    Jones prônait le partage pour tous et le rejet de la société actuelle, qui n'offre que désillusion, égoïsme et discrimination. Par ce biais, il a poussé ses adeptes à lui laisser leur fortune, leurs biens matériels et à laisser derrière eux leur ancienne vie.

    À mi-parcours des années 1970, suite à diverses révélations d'anciens membres et de journalistes sur le détournement des fonds et sur l'ambiance au sein de la secte, Jones a dû quitter les USA avec ses disciples pour le Guyana où ils ont fondé un nouveau village, Jonestown. Le choix de ce pays s'est révélé facile à faire, car la Guyana est une ancienne colonie britannique où l'on parle anglais, les habitants sont majoritairement noirs tout comme les adeptes de la secte. Le gouvernement y est principalement socialiste.

    Plus de 900 adeptes vivaient ainsi sur une surface de 16 kilomètres carrés. Les membres de la secte ont organisé une communauté, exploitaient des fermes, ont construit une scierie, un jardin d'enfants et un club. L'intérêt du public pour la communauté ne s'est pas amenuisé. Jones réussissait à donner une image positive de la vie des membres de la communauté.

    En même temps, certaines personnes ont fui la secte disant que pour contraindre les adeptes à la soumission, Jones et son entourage avaient souvent recours à la violence physique et aux drogues.

    C'est le village de Jonestown qui a connu l'un des plus grands suicides collectifs de l'histoire, le 18 novembre 1978. Plus de 900 membres du Temple du Peuple se sont tués en avalant du cyanure. D'après les témoignages des survivants, les parents auraient d'abord fait boire de la limonade aux enfants, avant de l'avaler eux-mêmes. Ceux qui ne voulaient pas mettre fin à leurs jours en buvant du poison ont été abattus.

    Jones, quand à lui, s'est fusillé ou a été abattu par son entourage. Tout cela a été représenté comme un «suicide révolutionnaire». En 1979, le Temple du Peuple a été reconnu aux USA comme un culte destructeur et a été officiellement interdit.

    Église de l'Euthanasie

    The Church of Euthanasia (l'Église de l'Euthanasie) est un groupe religieux fondé par Chris Korda en 1992 qui prône la diminution de la population humaine dans le but de préserver l'environnement.

    Ses méthodes? Ce culte a quatre doctrines principales: le suicide, l'avortement, le cannibalisme et la sodomie.

    Apparemment, ce culte est «consacré à restaurer l'équilibre entre les humains et les espèces restantes sur Terre» et interdit à ses membres de procréer. Ils ont des slogans comme «Sauvez la planète, tuez-vous» et «Mangez un fœtus pour Jésus», ce qui devrait vous donner une idée sur ce culte.

    À la suite des attentats du 11 septembre 2001, l'Église a affiché sur son site Web un vidéoclip de quatre minutes intitulé «I Like to Watch», qui combine une vidéo pornographique avec des images de l'effondrement du World Trade Center.

    Le site Web de l'Église avait auparavant des instructions sur le meilleur moyen de mettre fin à la vie. Ces pages ont été retirées en 2003 après qu'une femme de 52 ans les a utilisées, entraînant des menaces de poursuites contre l'Église.

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    Tags:
    culte, sectes, Guyana, Japon, États-Unis, Russie
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