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    Adoptions irrégulières au Chili: «beaucoup ne se savent pas morts pour leurs parents»

    Adoptions irrégulières au Chili: «beaucoup ne se savent pas morts pour leurs parents»

    CC0 / Pixabay
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    Bien des Chiliens ne savent même pas qu’ils ont participé à un grand mensonge. Ils pensent que leurs mères ont renoncé à eux, mais en réalité, ils ont été volés, et on a dit à leurs mères qu’ils étaient morts. Marisol Rodríguez, coordinatrice de l’Organisation des enfants et des mères du silence, en a parlé à Sputnik.

    La justice chilienne a révélé l'existence de tout un réseau qui avait contribué à l'adoption à l'étranger de plus de 500 enfants chiliens de familles démunies durant la période comprise entre 1950 et 2001, mais ce chiffre est beaucoup plus important, a déclaré à Sputnik Marisol Rodríguez, coordinatrice de l'Organisation chilienne des enfants et des mères du silence.

    «Rien qu'en Suède, 2.065 petits Chiliens ont été irrégulièrement adoptés. […] Dans la ville italienne de Sardegna, 500 autres Chiliens ont été enregistrés et, dans l'ensemble de l'Italie, ce chiffre doit être encore plus important. Nous avons aussi des rapports depuis la France et les États-Unis», a indiqué l'interlocutrice de l'agence.

    Et d'ajouter que le phénomène des adoptions irrégulières s'était répandu au Chili entre 1960 et 2000.

    «En règle générale, il s'agissait de mères démunies ou de grandes familles, dont les filles-adolescentes avaient caché leur grossesse», a poursuivi Mme Rodríguez.

    Une adoption émouvante en compagnie de princesses
    © Photo. Vimeo / capture d'écran

    Selon cette dernière, l'Organisation des enfants et des mères du silence s'est manifestée quand les Chiliens aux États-Unis se sont intéressés à leurs origines pour découvrir qu'ils n'avaient tout simplement pas d'histoire. Il y a aujourd'hui bon nombre d'enfants chiliens qui auraient été adoptés régulièrement et qui ont même un document approprié dans le Service national des mineurs (SENAME). Il s'avère toutefois que leurs mères biologiques ont des documents tout à fait différents.

    «Beaucoup (d'enfants adoptés, ndlr) ne se savent pas morts pour leurs parents», a-t-elle indiqué.

    La coordinatrice de l'organisation a exhorté le SENAME à aider les Chiliens à retrouver leurs parents biologiques.

    Maman, je te cherche. Il ne me reste qu'un pendentif en or sous forme d'épi de maïs que tu m'as laissé le 26 juillet, jour de ma naissance, à Santiago du Chili.

    Tags:
    mensonge, justice, mère, enfants, adoption, Service national des mineurs (SENAME), Sputnik, Marisol Rodríguez, Suède, France, États-Unis, Italie, Santiago du Chili, Chili
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