Société
URL courte
8610
S'abonner

Mohammed Alaa al-Jalil est chauffeur ambulancier à Alep. Sa passion depuis son enfance: les chats, plus particulièrement les chats abandonnés dont il prend soin. Rien d'étonnant à ce qu'il soit le premier à avoir mis en place en Syrie un refuge. Notamment pour inculquer aux enfants l'amour et la sympathie pour les animaux, a-t-il dit à Sputnik.

Il habite Alep et travaille comme chauffeur ambulancier. Depuis son enfance, il aime les chats et voue une sympathie particulière aux félins abandonnés. Il s'appelle Mohammed Alaa al-Jalil. Il est le premier à avoir créé en Syrie un refuge pour les animaux entretenu notamment grâce à l'aide de ceux qui ne sont pas restés indifférents à son projet, a-t-il raconté dans une interview accordée à Sputnik.

«Aujourd'hui, nous avons pu élargir nos activités et nous aidons les enfants. La construction d'un nouveau bâtiment du refuge pour animaux, l'organisation d'un terrain de jeu pour enfants et l'aménagement de la cour ont été possibles grâce aux activités caritatives, a-t-il indiqué. Nous avons également pu ouvrir un centre médical qui accorde gratuitement des soins aux femmes et aux enfants et nous aidons ces derniers à respecter les animaux.»

Mohammed Alaa al-Jalil et ses chats
© Photo / Mohammad Alaa Aljaleel
Mohammed Alaa al-Jalil et ses chats

Il a fait remarquer que son projet d'éducation visait avant tout à «inculquer aux enfants l'amour des animaux».

«Toutes les religions disent qu'il faut prendre soin des animaux et ne pas les maltraiter. S'ils apprennent à aimer les animaux, les enfants auront une attitude plus humaine envers leur famille et leurs voisins. Pour le moment, les animaux dans le monde arabe ne bénéficient pas d'une grande sympathie et, de ce point de vue-là, la Syrie est en avance sur les autres pays parce que nous avons plusieurs refuges pour chats», a noté Mohammed Alaa al-Jalil.

Mohammed Alaa al-Jalil et ses chats
© Photo / Mohammad Alaa Aljaleel
Mohammed Alaa al-Jalil et ses chats

Il a déploré surtout la situation des enfants dans le contexte de la guerre en Syrie.

«Ce que je veux plus que tout, c'est que la guerre prenne fin. Je plains les enfants qui en souffrent énormément. C'est toute une génération de vies mutilées. J'aurais tout donné, même ma vie, pour mettre fin à la guerre».

Mohammed a indiqué que la page du refuge pour chats sur les réseaux sociaux, IlGattaro di Aleppo, aidait à lever des fonds, l'argent arrivant de la part de personnes de différents pays et religions. Toutefois, il a précisé que son projet ne bénéficiait d'aucune aide de bienfaiteurs de pays arabes.

Le refuge de chats à Alep
© Photo / Mohammad Alaa Aljaleel
Le refuge de chats à Alep

Le nombre d'animaux abandonnés est monté en flèche avec le début de la guerre, certains quartiers de la ville ayant été complètement désertés. C'est alors que Mohammed a eu l'idée de fonder un refuge à Alep. Certains n'y logeaient pas, mais venaient seulement y manger. Les chats arrivaient toujours à l'heure pour le déjeuner, sans la moindre minute de retard.

En 2013, les chats étaient au nombre de 170, mais trois ans plus tard, le bâtiment s'est retrouvé sous les tirs et plus de 100 petits félins ont été tués. Néanmoins, le nombre d'animaux grandissait toujours et il a fallu fonder un second refuge qui abrite aujourd'hui des singes, des chevaux et des chiens, a poursuivi Mohammed.

Mohammed Alaa al-Jalil et ses chats
© Photo / Mohammad Alaa Aljaleel
Mohammed Alaa al-Jalil et ses chats

«Les gens nous apportent des animaux trouvés dont bon nombre ont besoin de suivre un traitement. En ce qui concerne les chiens, nous n'acceptons que les malades qui ne peuvent pas survivre dans la rue. En outre, nous avons quatre singes dont les maîtres ont fui la ville les laissant enfermés dans leur cage», a-t-il noté, ajoutant que le refuge abritait également cinq lapins et sept rapaces.

Un enfant avec les chats de Mohammed Alaa al-Jalil
© Photo / Mohammad Alaa Aljaleel
Un enfant avec les chats de Mohammed Alaa al-Jalil

Il a également raconté l'histoire d'un pur-sang dont les propriétaires ont fui Hama lors des récents troubles en l'attachant à leur voiture. Le pauvre animal a perdu ses fers et devait être soigné d'urgence après avoir abîmé ses sabots. Le refuge l'a acheté pour 1.500 dollars (environ 1.300 euros).

Lire aussi:

«On n’a pas été écouté»: un réanimateur fait la leçon à Jean Castex
Il donne des coups de pied à une voiture de police de Sevran, son interpellation dégénère – vidéo
Repas clandestins: deux personnalités dévoilent publiquement leur expérience
Un avion de reconnaissance US intercepté sur fond de regain des tensions entre Washington et Moscou – vidéo
Tags:
réseaux sociaux, guerre, enfants, animaux, chats, refuge, Sputnik, Hama, Alep, Syrie
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook