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    Crise dans les relations entre l’Église orthodoxe russe et le Patriarcat de Constantinople (9)
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    Après la décision du Patriarcat de Moscou et de l’Église russe hors frontières de rompre leurs relations avec le Patriarcat de Constantinople, ce dernier se croit toujours lié avec l’Église orthodoxe russe et appelle notamment les croyants à participer à la vie liturgique de ses paroisses en Europe.

    Le Patriarcat œcuménique de Constantinople et son exarchat à Paris, l’Archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentale, considèrent qu’ils restent toujours en communion eucharistique avec l’Église orthodoxe russe malgré la décision de cette dernière de rompre les relations, a déclaré l’exarchat dans un communiqué.

    «Notre Archevêché-Exarchat, relevant de la juridiction du Patriarcat œcuménique, est en pleine communion avec toute l’Église orthodoxe. En effet, le Patriarcat œcuménique n’a pas rompu la communion avec le Patriarcat de Moscou et continue de le mentionner selon l’ordre des diptyques», a indiqué l’archevêché sur son site internet.

    Et de préciser que tous les fidèles orthodoxes peuvent «participer pleinement à la vie liturgique et sacramentelle» dans ses paroisses.

    Ce communiqué a été publié au lendemain de l’annonce par l’Église russe hors frontières de la rupture de ses relations avec Constantinople. L’Église russe hors frontières est une juridiction orthodoxe russe qui s'était séparée du Patriarcat de Moscou au moment de la révolution bolchévique de 1917, mais a rétabli la communion eucharistique et l'unité canonique avec Moscou le 17 mai 2007.

    Le Patriarcat de Moscou et de Toutes les Russies a rompu le 15 octobre la communion eucharistique avec le Patriarcat de Constantinople après qu’il a décidé d'octroyer le statut d'Église autocéphale (indépendante) à l'Église ukrainienne et de rétablir sa représentation à Kiev.

    Le Patriarcat de Constantinople a de fait souhaité étendre sa juridiction ecclésiastique sur l'Ukraine, annulant le décret historique de 1686 qui permettait au Patriarche de Moscou de nommer le métropolite de Kiev. Il a levé l'anathème prononcé contre les chefs de deux Églises non canoniques ukrainiennes, Philarète Denissenko, patriarche autoproclamé de Kiev anathématisé par l'Église orthodoxe russe en 1997, et Makari Maletitch, chef de l'«Église orthodoxe autocéphale ukrainienne».

    D'après l'Église orthodoxe russe, ces décisions légitiment un schisme et risquent de porter un préjudice catastrophique aux croyants en Ukraine et dans le monde orthodoxe.

    Actuellement, en Ukraine, on trouve l'Église orthodoxe ukrainienne canonique, ainsi que des structures ecclésiastiques qui ne sont pas reconnues par l'orthodoxie mondiale: le «Patriarcat de Kiev» et l'«Église orthodoxe autocéphale ukrainienne». Le Président ukrainien Piotr Porochenko cherche à obtenir la reconnaissance des structures religieuses non canoniques et à créer une Église autocéphale dans le pays bien qu'il ait promis de ne pas s'ingérer dans les affaires de l'Église.

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    Crise dans les relations entre l’Église orthodoxe russe et le Patriarcat de Constantinople (9)

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    Tags:
    relations, communion eucharistique, Église russe hors frontières, Patriarcat de Moscou, Eglise orthodoxe russe, Archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentale, Patriarcat œcuménique de Constantinople, Constantinople, Ukraine, Russie, Paris
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