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    Drapeau de la Victoire sur Berlin

    Revenu de la guerre, «mon père n'a pas rapporté la tête d’Hitler, mais la liberté»

    © Sputnik . Yevgeny Khaldei
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    On connaît bien la photo qui a immortalisé l’image de Meliton Kantaria, sergent de l’Armée rouge, hissant la bannière de la Victoire sur le bâtiment du Reichstag le 30 avril 1945 lors de la prise de Berlin à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Tsiala, fille de ce héros de l’Union soviétique, a parlé de son père à Sputnik.

    Le sergent de l'Armée rouge Meliton Kantaria est connu dans le monde grâce à une photo le représentant au moment où il hissait le drapeau soviétique sur Reichstag lors de la prise de Berlin en 1945, mais sa fille Tsiala n'a appris cet exploit que dans les journaux, car son père n'aimait pas parler de la guerre, a avoué à Sputnik Tsiala Kantaria, habitant en Grèce depuis 1997, quand elle a dû quitter l'Abkhazie à cause du conflit armé.

    Le drapeau soviétique sur le Reichstag
    © RIA Novosti . Haldei
    Le drapeau soviétique sur le Reichstag

    «Mon père a dit: "S'il faut y aller [à la guerre, ndlr], je rapporterai la tête d'Hitler". Mon père n'a pas rapporté la tête d'Hitler, mais la liberté», a raconté l'interlocutrice de l'agence, cette femme de 72 ans qui marche à la tête du Régiment immortel à Athènes chaque année le 9 mai.

    À ses côtés, ce jour-là, sa fille et sa petite-fille portent le portrait de son père, le légendaire Meliton Kantaria.

    L’action Régiment immortel dans différents pays
    © Sputnik . Danilo Garcia di Meo

    «En 1939, mon frère aîné est né, et la même année, mon père a été appelé sous les drapeaux. Peu après, il s'est mis à combattre les troupes nazies. En 1942, il a été blessé et est revenu à la maison. Après sa convalescence, il est retourné au front. C'était au plus fort de la Seconde Guerre mondiale», a poursuivi Tsiala.

    Et d'ajouter qu'elle était fière de porter le nom de son père.

    «Je ne pense pas que le fascisme puisse revenir, mais j'ai peur de la guerre. […] Hormis les Russes, personne n'aurait pu remporter la victoire dans la Seconde Guerre mondiale», a estimé la femme.

    Meliton Kantaria est décédé en décembre 1993 ayant survécu avec amertume à la guerre en Abkhazie.

    «Quand la guerre a éclaté entre nous [en Abkhazie, ndlr], mon père a été profondément affligé. Il disait: "À la guerre, nous avons combattu l'ennemi, […] alors que maintenant, un frère tue son frère"», se souvient la fille du héros.

    Elle a raconté que son fils, qui ressemble beaucoup à son grand-père, avait rencontré en Grèce Manólis Glézos. Selon elle, il y aurait un lien entre Manólis Glézos et Meliton Kantaria. Le premier avait arraché le drapeau nazi de l'Acropole d'Athènes, le second avait hissé la bannière de la Victoire sur le Reichstag.

    À l'époque, ils avaient été trois, notamment Egorov, Samsonov et Kantaria, à avoir reçu l'ordre d'hisser le drapeau rouge de la Victoire sur le Reichstag. Samsonov avait été tué au premier étage et Egorov avait été blessé peu après. C'est ainsi que Kantaria était resté seul pour accomplir la tâche. Cet exploit lui a valu le titre de Héros de l'Union soviétique et la médaille de l'Étoile d'Or. Meliton Kantaria n'avait alors que 25 ans.

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    Régiment immortel, victoire, drapeau, père, fille, médias, exploit, Seconde Guerre mondiale, Sputnik, Manólis Glézos, Adolf Hitler, Tsiala Kantaria, Meliton Kantaria, Athènes, URSS, Grèce, Abkhazie, Berlin
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