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Un Britannique ayant siphonné plus d’un 1,5 million d’euros à sa firme a ensuite dilapidé son magot dans des paris. Un incident qui jette une lumière crue sur l’univers opaque des bookmakers.

Avec l’Euro de football, le Tour de France et les Jeux olympiques de Tokyo, les sociétés de paris se frottent les mains face à la perspective d’un été riche en sport. Un fait divers vient pourtant rappeler combien le monde des paris manque parfois de transparence.

Andy May, un Britannique de 44 ans, a en effet mis dans une situation délicate plusieurs bookmakers, en misant 1,3 million de livres sterling volées sur des paris sportifs, rapporte le Guardian. Ce joueur compulsif avait dérobé cette somme à l’entreprise de vêtement pour laquelle il travaillait.

Le fruit de son vol a été englouti en milliers de paris, passés auprès de sociétés comme Betfair, Betway et BoyleSports. Le quarantenaire n’a pas hésité à placer des mises astronomiques, pouvant grimper jusqu’à 50.000 euros. Sa frénésie du jeu s’est surtout concentrée entre 2017 et 2019, période durant laquelle Andy May a perdu près de 700.000 euros sur le site Betway.

Négligence des opérateurs

Malgré ces mises hors du commun, aucune société de paris ne s’est enquise de la provenance des fonds. Les opérateurs se sont contentés de demander au joueur une preuve de sa solvabilité. Des requêtes auxquelles Andy Bay n’a tout simplement pas répondu, ou a répondu en produisant de faux documents, détaille le Guardian.

Les opérateurs semblent même avoir alimenté la soif de jeu d’Andy May, lui offrant des paris gratuits ou des billets de matchs de foot ou de rugby. Suite à une période d’accalmie dans ses mises, un employé de Betfair lui a même écrit pour prendre de ses nouvelles. Une négligence que condamnent les associations d’aide aux joueurs.

«Ce cas met en évidence la nécessité d'un seuil de pertes beaucoup plus bas, à partir duquel des contrôles doivent être effectués par les opérateurs», souligne auprès du Guardian Matt Zarb-Cousin, de Campaign for Fairer Gambling.

Le sort de l’argent volé reste pour l’heure en suspens. Seule la société Betway a déclaré avoir restitué les sommes à l’entreprise de vêtements, précise le quotidien britannique.

Un secteur en plein boom

Révolutionné par l’arrivée des nouvelles technologies, le secteur des paris sportifs a connu un véritable boom dans les années 2000. À cette époque, l’arrivée de nouveaux opérateurs en ligne a d’ailleurs donné lieu à plusieurs batailles juridiques en France, la Française des jeux (FDJ) et le Pari mutuel urbain (PMU) étant jusque-là les seuls habilités à organiser des jeux d’argent.

Le secteur s’est finalement ouvert à la concurrence en 2010 et s’est développé. Dans le sillage des derniers confinements, l’industrie a battu des records historiques en France. En 2020, les mises engagées sur les compétitions sportives ont atteint 5,4 milliards d'euros, soit le plus haut montant depuis 2010, notait récemment un rapport l'Autorité nationale des jeux (ANJ).

Un succès qui ne va pas sans quelques scandales. Les affaires de paris truqués font en effet régulièrement la Une de l’actualité, éclaboussant parfois les sportifs eux-mêmes. En 2017, les frères Karabatic, joueurs vedette de l’équipe de France de handball ont été condamnés à 10.000 euros d’amende et deux mois de prison avec sursis pour avoir truqué un match du Championnat de France.

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Tags:
pari illégal, bookmakers, sport, Française des jeux (FDJ), jeux en ligne
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