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Aux États-Unis, une bataille est menée pour changer les noms des animaux en plus inclusifs. Parmi ceux-ci: le «papillon gitan» connu pour ses comportements ravageurs qui sera renommé pour ne pas offusquer la communauté des Roms.

Guerre contre le «blackface», déboulonnage de statues de généraux confédérés, équipes sportives rebaptisées… La mort de George Floyd sous le genou d’un policier blanc a donné un nouveau souffle au mouvement antiraciste aux États-Unis, atteignant maintenant le royaume animal.

Connu comme un insecte dont les chenilles ravagent des hectares entiers de forêts chaque année, le «papillon gitan» (Lymantria dispar) a reçu son nom en référence au comportement supposément destructeur des populations gitanes et roms au début du 20e siècle. La Société américaine d’entomologie a annoncé qu'elle allait renommer cet insecte, car il porte un nom qui peut être jugé insultant ou raciste, relate The New York Times.

«C’est comme ça qu’ils nous voyaient. Nous mangeons et détruisons les choses autour de nous», a expliqué au média la spécialiste des discriminations anti-roms, Ethel Brooks. «C'est hideux et hyper raciste et c'est blessant.»

En guise de première mesure, la Société d'entomologie a supprimé le nom commun de l’insecte au motif qu'il était offensant pour la communauté des Roms, selon des représentants de la société.

«Si des gens se sentent exclus à cause de la manière dont nous appelons quelque chose, ce n'est pas acceptable», justifie Michelle Smith, présidente de la Société.

Le débat traverse la sphère animale entière

La carpe asiatique, un groupe de plusieurs espèces introduites aux États-Unis en provenance de Chine par des agriculteurs asiatiques dans les années 1970, est renommée aux États-Unis en «carpe invasive» en raison de préoccupations sur les connotations racistes de ce nom.

Les agences de pêche du Minnesota ont reçu l’ordre en 2014 de commencer à la désigner comme carpe invasive, alors que les politiciens remettaient en question la sensibilité du nom d'origine. Maintenant, d'autres États et organisations commencent à suivre l’exemple, relate Associated Press.

Qui plus est, une délégation d'affaires asiatique a vu un panneau disant «Kill Asian Carp» en arrivant à l'aéroport de Minneapolis. C'était un appel bien intentionné pour empêcher la propagation du poisson. Mais un message rebutant pour ces étrangers, écrit CBC.

L’US Fish and Wildlife Service l’a qualifiée de carpe invasive en avril, selon AP, tandis que le Comité de coordination régional de la carpe asiatique changera de nom le 2 août.

Le directeur régional de l’US Fish and Wildlife Service Great Lakes a affirmé que l'agence «voulait s'éloigner de tous les termes qui jettent une lumière négative sur la culture et les peuples asiatiques», alors que les cas d'attaques anti-asiatiques continuent de faire l'actualité aux États-Unis ainsi qu’en France.

Les oiseaux n’ont pas échappé à l’œil vigilant des antiracistes

En 2020, la Société américaine d'ornithologie a supprimé le nom de l’oiseau «Bachman's sparrow» qui faisait référence à John Bachman, général confédéré, pasteur et naturaliste, lequel possédait des esclaves.

L’institution compte également former un comité pour étudier l'opportunité de débaptiser certains oiseaux portant le nom d'esclavagistes. Le site Bird Names for Birds répertorie par exemple plus 150 d’entre eux dont les noms sont liés à des personnes «problématiques», comme William Alexander Hammond ou John Kirk Townsend.

Dans une tribune au Washington Post en 2020, deux ornithologues, Jordan Rutter et Gabriel Foley, ont appelé à décoloniser l’ornithologie, car «le colonialisme entache les noms vernaculaires de plusieurs oiseaux [qui] à ce titre doivent être modifiés».

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Tags:
animaux, racisme, antiracisme, chercheurs, ornithologie
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