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Alors que le variant Delta poursuit sa fulgurante progression, l’exécutif met les bouchées doubles pour vacciner un maximum de Français. Du coup, les adolescents de plus de 16 ans n’auront pas besoin de l’accord de leurs parents. Une décision que déplore le docteur Marie Fabre-Grenet. La praticienne souligne le manque de données sur les vaccins.

Pas question pour le gouvernement de ralentir la cadence! Dans la course contre la montre pour atteindre l’immunité collective, les adolescents de plus de 16 ans pourront se faire vacciner contre le Covid-19 contre l’avis de leurs géniteurs. Ainsi, le projet de loi relatif à la gestion de la crise sanitaire, adopté par le Parlement, prévoit que l’inoculation «peut être pratiquée, à sa demande, sur le mineur de plus de 16 ans». En revanche, l'autorisation d’au moins un des deux parents est requise pour l'injection du vaccin contre la Covid-19 pour les jeunes de 12 à 15 ans.

Pour le pédiatre Marie Fabre-Grenet, le «gouvernement ouvre la boîte de Pandore»:

«Vacciner des jeunes sans autorisation parentale, cela pose quand même de nombreuses questions, notamment en matière d’autorité parentale, qui finalement n’existe plus», explique la porte-parole du collectif de santé pédiatrique, affiliée à Réinfo Covid.

Un choix que le médecin explique par le manque de moyens dont disposent les autorités face à une crise sanitaire d’une telle ampleur: «Vu la saturation chronique des hôpitaux, ils ne pourraient pas faire face à une vague massive d’une épidémie quelconque, surtout si elle était grave.» «Dans cette optique, évidemment que vacciner massivement les jeunes est une suite logique» pour l’exécutif, poursuit-elle.

Des cas de myocardite aiguë chez les jeunes

Cependant, notre interlocutrice rappelle que «l’on est toujours en essais cliniques» concernant le vaccin de Pfizer. Une affirmation confirmée par la firme elle-même dans un entretien accordé au Monde. Résultat, «on ne connaît pas la toxicité à long terme», ni, surtout, l’ampleur des effets secondaires à venir, prévient la praticienne. Par exemple, des cas de myocardites aiguës (réaction inflammatoire du muscle cardiaque) ont été dépistés chez les jeunes. Quentin, un Audois de 18 ans, a été hospitalisé durant huit jours à la suite d’une première injection du sérum Pfizer à cause de cette pathologie.

«Sans recul suffisant, faut-il mettre un point d’interrogation sur l’avenir biologique de jeunes qui ont la vie devant eux?» nous interpelle le docteur Fabre-Grenet. De semblables interrogations ont d’ailleurs poussé un médecin à refuser de vacciner plusieurs adolescents dans un centre itinérant en Indre-et-Loire. Le toubib rétif aurait expliqué à l’un des parents des adolescents éconduits que «les études pour les moins de 16 ans n'étaient pas bien faites et a dit que, plus tard, on le remercierait», rapporte France Bleu.

Après avoir analysé 164 cas de myocardite et 157 cas de péricardite sur un total de 177 millions de doses injectées, le comité de sécurité de l'Agence européenne des médicaments a conclu que les deux maladies pouvaient survenir dans de très rares cas après la vaccination avec les sérums de Pfizer et Moderna. En outre, le comité a recommandé «d'inscrire la myocardite et la péricardite comme nouveaux effets secondaires dans l'information sur le produit pour ces vaccins». Il a en outre préconisé «un avertissement pour sensibiliser les professionnels de la santé et les personnes qui prennent ces vaccins».

Des jeunes faciles à convaincre

Le gouvernement a mis le paquet sur la campagne de communication à destination des ados, à renfort d’influenceurs, pour les pousser à piqûre. Une décision importante pour une population qui n’a pas le droit de voter, ni de conduire, ni même d’acheter la moindre bouteille d’alcool.

«Convaincre les jeunes, c’est facile. Ils en ont ras le bol. Ils n’ont qu’une envie, c’est de sortir. Faire des test PCR tous les trois jours ne leur dit rien… Je pense que l’exécutif joue là-dessus. Donc les jeunes se précipitent», analyse la pédiatre.

Avec le nouveau protocole sanitaire pour l’école dévoilé par le ministre de l’Éducation nationale, les lycéens vaccinés pourront au moins ne pas rater les cours en présentiel. Une fausse bonne nouvelle, diraient certains...

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