La France n’exclut pas d’utiliser le Spoutnik V bien qu’elle reproche à la Russie de le promouvoir

© Sputnik . Vladislav Vodnev / Aller dans la banque de photosLe vaccin russe Spoutnik V
Le vaccin russe Spoutnik V - Sputnik France, 1920, 20.04.2021
Le secrétaire d'État chargé des Affaires européennes assure que les concepteurs du vaccin russe font de la propagande sur la question de son autorisation en Europe. Il a tout de même affirmé que s’il est disponible et obtient le feu vert du régulateur européen, la France «l’utilisera».

Si le Spoutnik V est disponible, la France l’inclura dans son portefeuille vaccinal, a déclaré Clément Beaune sur Franceinfo ce mardi 20 avril.

«C'est pas plus, pas moins que les autres [vaccins] en matière d'exigence sanitaire», estime M.Beaune qui rappelle que l’Agence européenne des médicaments (EMA) étudie la demande d’autorisation du Spoutnik V en Europe et «attend encore des éléments». Le régulateur donnera son avis final dans de deux à trois mois. «C’est le tarif pour tous les vaccins», souligne le secrétaire d'État chargé des Affaires européennes.

«Restons sérieux et calmes. S’il [le vaccin russe, ndlr] est disponible, on l’utilisera», conclut-il.

«Les Russes en font la propagande»

Parallèlement, concernant l’autorisation du vaccin en Europe, M.Beaune a fait état de ce qu’il considère être «de la propagande» de la part des concepteurs du Spoutnik V.

«Je ne vais pas dire aux gens: "on va vous donner le vaccin russe parce qu’il est sympathique, parce que monsieur Mélenchon l’aime bien ou parce que les Russes en font la propagande"», lance-t-il.

Le 1er avril, Jean-Luc Mélenchon, candidat à la présidentielle, a estimé sur RTL que le Spoutnik V n'était toujours pas utilisé «pour des raisons politiques […], pour favoriser le business des grands groupes de pharma multinationales qui gagnent des milliards dans cette histoire et n'ont pas envie de voir arriver un concurrent qui vient de Russie». Le 15 mars, sur France Inter, il avait appelé à ce que la France aille frapper «à toutes les portes sans faire de l’idéologie».

«Il y a une action manifeste de propagande pour dire "les Européens n’en veulent pas, nous on peut le produire, ça marche avec certains pays"», nuance Clément Beaune.

Le 25 mars, sur Franceinfo, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian lui avait qualifié le Spoutnik V d’«outil de propagande».

Les précommandes

Selon le secrétaire d'État, «tous les pays européens qui avaient envisagé le Spoutnik V l’ont exclu», à part la Hongrie.

Cependant, en attendant le feu vert de l’EMA, l’Autriche, la région PACA ou encore la Bavière ont passé des «précommandes» pour respectivement un million, 500.000 et 2,5 millions de doses. La Suède, quant à elle, s’attend à recevoir des doses du vaccin russe dès le mois de juin.

Le vaccin créé par le centre Gamaleïa, et qui porte le nom d'un scientifique soviétique élève de Louis Pasteur, a déjà été livré à la Hongrie grâce à une procédure d'urgence. Le même dispositif a été utilisé par la Slovaquie début avril mais son régulateur sanitaire SIDC n’a pas donné son feu vert à l’utilisation du Spoutnik V en raison de différences trouvées entre les doses reçues et celles décrites dans la revue médicale The Lancet. Moscou a exigé que Bratislava lui renvoie les centaines de milliers de doses inutilisées, accusant le SIDC d’avoir lancé «une campagne de désinformation contre le Spoutnik V» suite à une crise politique dans le pays.

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