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Comment les talibans cherchent à se rapprocher de la Chine

© AP Photo / Allauddin KhanDes talibans en Afghanistan
Des talibans en Afghanistan - Sputnik France, 1920, 29.07.2021
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Dans le contexte du retrait des soldats américains d’Afghanistan et face au risque de chaos dans le pays, les talibans* tentent de tisser des liens avec la Chine, qui s’inquiète de leurs relations possibles avec les séparatistes ouïghours.

Après l’annonce du retrait des États-Unis d’Afghanistan, les talibans* enchaînent les déplacements à l’étranger. Peu après une visite en Russie début juillet, la délégation de ceux qui contrôlent 80% de leur pays a visité la Chine.

Wang Yi, ministre chinois des Affaires étrangères, s’est entretenu avec neuf talibans* le 28 juillet à Tianjin (nord de la Chine). Selon le communiqué du ministère, il a souligné que les insurgés sont une «force militaire et politique importante en Afghanistan et devraient jouer un rôle important dans le processus de paix, de réconciliation et de reconstruction du pays». Pékin a aussi fait savoir qu’il adhère à la «non-ingérence dans les affaires intérieures de l'Afghanistan et poursuit une politique amicale».

De leur côté, les talibans*, menés par le mollah Abdul Ghani Baradar, chef du «bureau politique», ont assuré qu’ils «ne permettront jamais à aucune force d'utiliser le territoire afghan pour se livrer à des actes préjudiciables à la Chine». Ils ont également affirmé leur volonté de protéger «les droits de l’Homme, notamment les droits des femmes et des enfants».

Les talibans* ne permettront à personne «d'utiliser le sol afghan contre la sécurité d'aucun pays, y compris la Chine», a tweeté à l’issue de la rencontre leur porte-parole, Suhail Shaheen.

Tout en tissant des liens avec, la Chine ne perd pas de vue le gouvernement afghan officiel. Ainsi le 16 juillet, Xi Jinping s’est entretenu avec son homologue Mohammad Ashraf Ghani. Durant la conversation le chef d’État chinois a souligné qu’il «soutenait fermement les efforts du gouvernement afghan pour sauvegarder la souveraineté, l'indépendance et l'intégrité territoriale du pays», selon le communiqué du ministère chinois des Affaires étrangères.

Question ouïghoure

Pékin a exprimé son inquiétude quant aux possibles liens des talibans* avec les séparatistes ouïghours. Ainsi, Wang Yi a mentionné le Mouvement islamiste du Turkestan oriental (Mito)*, organisation séparatiste ouïghoure considérée par l'Onu comme terroriste, en déclarant que les talibans* devraient «couper complètement tous les liens» avec elle pour promouvoir la stabilité régionale.

Enjeux économiques

«Si un pays veut exploiter nos mines, il est le bienvenu», avait assuré depuis le Qatar Suhail Shaheen, interrogé récemment par l'AFP sur la position chinoise.

En 2007 la Chine a obtenu la concession de la mine de cuivre géante d'Aynak, près de Kaboul. Le montant global du contrat s’est élevé à 3,4 milliards de dollars. En 2016 Pékin a inclus l'Afghanistan dans son grand projet d'infrastructures de «Nouvelle route de la soie». Selon le ministère chinois du Commerce, en 2020 les investissements de Pékin n’ont pas dépassé la barre des 4,4 millions de dollars faute de stabilité dans le pays.

«La Chine ne veut pas d'une présence militaire sur place mais souhaite s'impliquer économiquement afin de profiter des vastes ressources minières de l'Afghanistan. Mais pour ça, elle a besoin de sécurité», a observé à Kaboul le politologue Atta Noori interrogé par l’AFP.

En attendant, la Chine a commencé à évacuer ses ressortissants. Début juillet, un avion affrété par Pékin a rapatrié 210 personnes de Kaboul.

«Une chose positive» pour les États-Unis

Lors d’un déplacement en Inde le 28 juillet, le secrétaire d’État Antony Blinken a déclaré que l'éventuelle implication de la Chine en Afghanistan pourrait être «une chose positive» si elle visait une «résolution pacifique du conflit» et un gouvernement «vraiment représentatif et inclusif», rapporte la BBC.

«Un Afghanistan qui ne respecterait pas les droits de son peuple, un Afghanistan qui commettrait des atrocités contre son propre peuple deviendrait un État paria», a-t-il mis en garde.
Visite en Russie

Les 8 et 9 juillet, la délégation des talibans* était en visite à Moscou. Ils se sont entretenus avec un représentant du ministère russe des Affaires étrangères. Comme avec la Chine maintenant, ils ont donné des garanties similaires: que le territoire de l'Afghanistan ne serait pas utilisé contre des pays tiers, dont la Russie ou les États d'Asie centrale.

*Organisation terroriste interdite en Russie.

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