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Alors que les Américains se retirent d’Afghanistan, Joe Biden arguant que les forces afghanes sont parfaitement capables d’agir seules contre les talibans*, ces derniers assurent contrôler 85% du territoire afghan.

Lors d’une récente conférence de presse, le Président américain a avancé plusieurs arguments pour soutenir le retrait des troupes américaines d’Afghanistan après une mission de presque 20 ans.

Il a expliqué pourquoi les forces afghanes peuvent agir seules contre les talibans*. À la question sur la reconquête du pays par ces insurgés islamistes, Joe Biden répond: «Ce n'est pas inévitable», détaillant son propos.

«J'ai confiance en la capacité de l'armée afghane, qui est mieux entraînée, mieux équipée et plus compétente pour mener le combat», précisant que les troupes du pays comptent 300.000 soldats et une force aérienne, tandis que les rangs des talibans* ne comptent que 75.000 hommes.

Par ailleurs, il assure que la formation des forces afghanes est supérieure à celle des talibans et qu’elles disposent désormais de tous les outils nécessaires: formation, équipement et armement avancé. De plus Washington continuera à fournir du financement et de l'équipement et veiller sur leur capacité de maintenir leur force aérienne.

«La probabilité que les talibans* envahissent tout et possèdent tout le pays est très faible», conclut le Président américain.

«Modus vivendi avec les talibans*»

«C'est aux Afghans de décider de l'avenir de leur pays», a conclu Biden.

Selon lui, le gouvernement afghan et ses dirigeants sont tout à fait capables de «maintenir le gouvernement en place», mais la question est de savoir s’ils pourront «créer la cohésion nécessaire à cela».

«La seule façon de maintenir la paix et la sécurité en Afghanistan, c'est qu'ils [le gouvernement afghan] élaborent un modus vivendi avec les talibans* et qu'ils évaluent comment ils peuvent faire la paix. Et la probabilité qu'il y ait un gouvernement unifié en Afghanistan contrôlant l'ensemble du pays est hautement invraisemblable», poursuit-il.

L’offensive des talibans*

Peu après le discours de Biden, les talibans*, dont une délégation est en visite à Moscou, ont affirmé qu'ils contrôlaient 85% des territoires de l'Afghanistan. Lors d’une conférence de presse à Moscou ce vendredi 9 juillet organisée à l’issue de la rencontre avec les représentants du ministère russe des Affaires étrangères, un représentant insurgés islamistes, Latif Mansour, a déclaré que sur les 398 districts d’Afghanistan, environ 250 sont contrôlés par eux.

Néanmoins, Suhail Shaheen, un porte-parole des talibans*, a assuré à l'AFP qu’ils souhaitaient «un accord négocié» avec le gouvernement en place et «ne croyaient pas en un monopole du pouvoir».

«Les talibans* sont plus engagés»

Pour la Russie qui dispose d’une base militaire au Tadjikistan, pays frontalier de l’Afghanistan, et qui suit la situation de près, l’annonce du retrait américain ne signifie pas que la menace terroriste a diminué.

«La menace d'attentats terroristes augmente. Les talibans* sont plus engagés», a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors d’une conférence donnée à Vladivostok le 8 juillet.

Le ministre a noté la présence de Daech* dans le nord de l’Afghanistan.

Toujours ce 9 juillet, Maria Zakharova, porte-parole de la diplomatie russe, a appelé les parties du «conflit inter-afghan» à faire preuve de retenue, notant que les talibans* «contrôlent actuellement environ deux tiers de la frontière avec le Tadjikistan».

Coût de l’opération

La mission militaire des États-Unis en Afghanistan prendra fin le 31 août. Depuis 2001, plus de 2.300 militaires américains ont été tués et plus de 20.000 blessés. Plus de 60.000 membres des forces de sécurité afghane ont été tués. Le coût financier de l’opération pour le contribuable américain est estimé à près de 1.000 milliards de dollars, avance la BBC.

Enfin, selon Associated Press, environ 650 soldats américains devraient rester dans le pays pour assurer la protection des diplomates et contribuer à la surveillance de l'aéroport international de Kaboul.

*Organisation interdite en Russie.

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Tags:
Afghanistan, Joe Biden, opération militaire, Taliban, talibans
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