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Prière, exorcisme, hormones: les thérapies de conversion dénoncées par la communauté LGBT française

Homosexualité - Sputnik France, 1920, 08.08.2021
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Plusieurs homosexuels ont fait part de leur expérience sur BFM TV concernant les thérapies de conversion, lesquelles consistent à changer leur orientation sexuelle. Elles sont toujours pratiquées en France, y compris sur des mineurs. Une proposition de loi déposée à l’Assemblée vise à les interdire.
Depuis le 17 mai 1990, l’Organisation mondiale de la santé ne considère plus l’homosexualité comme une maladie mentale. C’est pourtant sur ce postulat que se basent toujours les thérapies de conversion, censées guérir cette orientation sexuelle. Les «patients» y sont pour la plupart jeunes, parfois envoyés de force par leurs proches.
«Il y a l’idée de changer, d’enlever une forme de perversion, donc le côté guérir est très utilisé», explique à BFM TV Benoît Berthe, porte-parole du collectif «Rien à guérir», qui a suivi lui-même une thérapie de conversion entre ses 15 et 18 ans.
Issu d’une famille catholique, il avait été confié à la «Communauté des béatitudes», un groupe religieux lui ayant appris à associer son homosexualité à une «perversion». «On vient avec le côté foi et spiritualité, broyer la personne mentalement», accuse-t-il.
Dans sa jeunesse marquée par des valeurs catholiques conservatrices, Cyrille de Compiègne a dû apprendre à refouler ses penchants.
«L'idée c'est de ne pas du tout normaliser l'homosexualité, surtout pas. C'est présenté comme une blessure, une forme de faille», décrit-il auprès de la chaîne.
Il fera deux ans de thérapie de conversion: «la démarche venait de moi, j'étais persuadé que j'avais un problème psychologique, des troubles émotionnels. J'étais au fond du trou». Il est désormais le porte-parole de David & Jonathan, un mouvement homosexuel chrétien.

Différentes méthodes

Un rapport du Conseil des droits de l’Homme publié en mai 2020 a identifié plusieurs approches aux thérapies de conversion: psychothérapeutique, médicale, et confessionnelle. «La nature dégradante d’un grand nombre de thérapies de conversion, qui reposent sur la violence physique, le recours aux électrochocs, des procédures pseudo-médicales et l’utilisation d’épithètes et d’insultes anti-LGBT, contribue à créer un environnement largement déshumanisant pour les personnes ayant une orientation sexuelle et une identité de genre différente», dénonce le rapport.
Pour l’approche confessionnelle, une des méthodes utilisées est parfois l’exorcisme, comme l’explique Ludovic Mohamed Zahed, imam et fondateur de l’association HM2F (Homosexuels musulmans de France). Certains croient que l’homosexualité d’un homme est la manifestation d’un corps «possédé par un esprit féminin». Un témoignage repris dans le rapport 2020 de SOS Homophobie évoque une thérapie consistant à «délivrer du démon».
Selon Benoît Berthe, certains cabinets de psychologues en France ont recours à des électrochocs ou à de la prise d’hormone pour prendre en charge le «problème», appelées officiellement «thérapies d’inversion». «Est-ce que c’est dans les valeurs de la France de laisser ouverts des centres qui torturent les personnes?», interroge-t-il.

Proposition de loi

Le 23 mars, une proposition de loi portée par plusieurs députés de La République en marche et apparentés a été déposée à l’Assemblée nationale. Elle prévoit une condamnation à trois ans d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende pour les responsables d’une thérapie de conversion qui a été effectuée sur un mineur ou en présence d’un mineur, et à deux ans de prison et 30.000 euros d’amende s’il s’agit d’une personne majeure.
Début mai, Olivier Véran, interrogé par Sciences Po TV sur le sujet, répondait: «Je ne sais pas si c'est plus écœurant ou anachronique, mais sans doute un peu des deux». La soumission de cette proposition au vote des députés n’est pas encore à l’ordre du jour, et pourrait ne pas se faire avant la fin du quinquennat, précise BFM TV.
Fin juin, les députés canadiens ont validé l’interdiction des thérapies de conversion, une promesse électorale de Justin Trudeau datant de 2019. Un mois plus tôt, Boris Johnson avait déclaré vouloir les proscrire au Royaume-Uni. Pour l’Europe, c’est Malte qui a été un précurseur en la matière, suivi par l’Allemagne en mars 2020. En Espagne, la pratique est interdite dans plusieurs régions, mais pas à l’échelle nationale, tandis qu’elle est illégale de facto en Albanie et en Suisse sans être inscrite dans la loi.
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