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Xavier Bertrand évoque «un risque de guerre civile» sur fond de violences de mineurs

© AFP 2021 FRANCOIS LO PRESTIXavier Bertrand
Xavier Bertrand - Sputnik France, 1920, 20.09.2021
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En dénonçant des règlements de comptes entre gangs composés de mineurs, Xavier Bertrand, candidat de droite à la présidentielle, a parlé de «vrai risque de guerre civile» en France, où certaines villes sont gangrénées par le trafic de stupéfiants. Il milite entre autres pour l’abaissement de l’âge de la majorité pénale à 15 ans.
Crédité de 14% d’intentions de vote, selon le dernier sondage Harris, Xavier Bertrand, candidat de droite à la présidentielle, s’est exprimé sur la sécurité, son thème de prédilection.
«Il y a aujourd'hui un vrai risque de guerre civile. Le Président de la République doit tout faire pour l'éviter», a-t-il déclaré le 19 septembre, invité du «Grand Jury» RTL-LCI-Le Figaro.
Ces propos font écho à son discours phare sur la sécurité, prononcé le 15 septembre à Saint-Quentin. «J'entends l'exaspération et la colère de nos concitoyens. Demain, si l'on ne fait rien, certains se feront justice eux-mêmes. Et après-demain, ce sera la guerre civile», avait-il alors lâché, un jour après que le chef de l’État avait présenté ses conclusions au sein du Beauvau de la sécurité.
​Pour le «Grand Jury», Xavier Bertrand a évoqué l’exemple de Marseille où «vous avez un check-point, à l’entrée dans le quartier».
«Vous avez des gangs, des bandes qui se battent avec des Kalachnikov, c'est quoi, ce n'est pas une guerre civile?», s’est interrogé le candidat de droite.

Pour une réponse pénale plus forte

Pour contrer la hausse des violences, Xavier Bertrand entend rendre la réponse pénale plus «sévère» et miser sur la prévention.
«Il y a aujourd’hui des phénomènes de bandes de jeunes de 15 ans qui sont capables de se massacrer les uns les autres», avance-t-il.
Ainsi, il veut abaisser l’âge de la majorité pénale à 15 ans car ce seuil pourrait «correspondre à la réalité de la violence et de l’hyperviolence», a-t-il affirmé pour RTL-LCI-Le Figaro.

L’exemple de Marseille

Sur l’année 2020, les régions de Corse et de Provence-Alpes-Côte d’Azur ont montré les taux d’homicides les plus élevés de France (respectivement 3 pour 100.000 habitants et 2 pour 100.000 habitants), d’après les statistiques du ministère de l’Intérieur.
Depuis le début de l'année 2021, 15 personnes sont décédées à Marseille dans des règlements de comptes liés au trafic de drogue, selon les derniers chiffres de la préfecture de police communiqués mi-septembre, dont 12 durant l'été, y compris l’assassinat d’une fille de 17 ans et d’un adolescent de 14 ans.
Sur les huit premiers mois de 2021, 17% des poursuites pénales ont été représentées par des affaires de stupéfiants à Marseille, d’après Le Monde.
«Il y a 20 ans, le trafic de drogue restait circonscrit à certaines cités (de Marseille) et assez discret. Aujourd’hui, les dealers sont partout, de plus en plus jeunes et toujours plus nombreux. Ils ne se cachent même plus. La situation a échappé aux politiques», commentait début septembre à Marianne Charles Hoareau, militant de la CGT marseillais.
Chaque année à Marseille, 800 mineurs sont conduits dans le bureau d’un juge des enfants à l’issue d’une garde à vue, toujours d’après Le Monde.
«Des quartiers entiers voient l’espace public confisqué par les trafiquants, des cités sont prisonnières. Les enfants sont les premières victimes qui voient leur mère contrôlée, qui entendent des tirs, voient pour certains des armes de guerre, quand ce n’est pas des corps», commentait début septembre auprès du Monde Dominique Laurens, la procureur de la République de Marseille.
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