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Covid-19

Réputation mise à mal: une clinique russe veut interdire à l’OMS d’utiliser le mot Omicron

© AFP 2021 JUSTIN TALLISOmicron
Omicron - Sputnik France, 1920, 03.12.2021
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Une clinique russe dont le nom est Omicron s’estime être victime du variant, car sa réputation en souffre. Elle a assigné l’OMS en justice pour que l’organisation cesse d’utiliser ce mot pour désigner la nouvelle souche. Suite à cette appellation, les clients commencent à éviter la clinique, explique son directeur à Sputnik.
L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé il y a une semaine que le nouveau variant préoccupant du Covid-19 serait nommé Omicron, reprenant ainsi le nom de la 15e lettre de l'alphabet grec.
Cette démarche dans l’appellation des variants correspond bien au système mis en place par l'organisation, soucieuse de la non-stigmatisation et de la facilité de prononciation des noms des nouvelles souches. Suivant cette logique, deux lettres avant Omicron, Nu et Xi, n'ont pas été attribuées pour des raisons éthiques.

"Ce mot est un coup de massue pour nous"

Néanmoins, malgré tous ces efforts, une plainte a été déposée contre l’OMS en vue de lui interdire d’utiliser le mot Omicron pour atteinte à la réputation.
À l’origine de cette plainte se trouve une clinique russe dénommée … Omicron. Estimant que sa réputation est mise à mal et que son chiffre d’affaires pourrait baisser, cette clinique ophtalmologique, avec des filiales dans une dizaine de villes sibériennes, en Russie, est obligée de réagir, explique auprès de Sputnik son directeur général, Alexandre Padar.

"Pendant six ans nous avons essayé de faire en sorte que les gens associent l’Omicron à la santé, en particulier aux organes de la vision, car nous sommes spécialisés dans la microchirurgie oculaire. La connotation actuelle de ce mot est un coup de massue pour nous, c'est pourquoi nous agissons pour compenser d'une manière ou d'une autre les dégâts", expose-t-il.

La plainte a été déposée le 30 novembre auprès du tribunal du commerce de la région de Moscou. Elle vise le bureau régional de l’OMS en Russie. La plainte sera examinée en janvier. Les juristes de la clinique en ont informé le bureau moscovite de l’OMS, mais pour l’heure l’organisation n’a pas réagi, précise le chef de l’établissement. Contacté par Sputnik, le bureau régional de l’OMS à Moscou a précisé qu’il "n’a pas reçu de notification" concernant la plainte déposée.
Interrogé sur les raisons du choix du nom Omicron, le fondateur de la clinique ophtalmologique souligne que cette lettre de l’alphabet grec "est associée avec la précision".

"L’Omicron? Vous avez décidé de me contaminer?"

Depuis le 26 novembre, jour où l’OMS a décidé de nommer le nouveau variant Omicron, l’établissement médical voit des clients partir.

"Nous avons déjà quelques refus [de prise de rendez-vous] de la part de clients actuels […]. Jusqu'à présent, c’étaient des cas isolés. Le premier cas, je l'ai pris pour une blague. Mais quand les refus se sont multipliés, on a commencé à réfléchir", poursuit M.Padar.

Le directeur de la clinique se souvient d’ailleurs de l’argument du premier client, qu’ils ont appelé pour lui rappeler qu’il avait rendez-vous: "L’Omicron? Mais vous avez décidé de me contaminer?".

"L’Omicron désigne [actuellement] le coronavirus, et pour nous c’est une catastrophe", regrette le directeur de la clinique éponyme.

Le futur

Quant aux pertes financières, elles ne se font pas encore sentir, mais la connotation négative autour de l’Omicron pourrait empêcher la clinique de se développer. "Nous ouvrons dans de nouvelles régions, où personne ne nous connaît. Changer l'opinion et la perception auprès du public n'est pas une tâche facile, je dirais presque impossible", abonde-t-il.
En cas de décision négative du tribunal, la clinique envisage de changer de nom.
Cependant, Alexandre Padar tente de positiver:

"J'espère vraiment que tout se conclura au mieux et que dans une semaine tout le monde oubliera toutes ces nouvelles [concernant la dangerosité de l’Omicron]".

Il avance pourtant que toutes ces réclamations auprès du tribunal pourraient prendre fin si l’agitation autour de l’Omicron (le variant) cesse "dans une semaine".
Affaire à suivre, de nombreuses inconnues demeurant: contagiosité, efficacité des vaccins existants, gravité des symptômes de l’Omicron. Autant de questions dont les réponses ne seront connues que dans quelques semaines. Néanmoins, ce 3 décembre, l’OMS a fait savoir que pour l’heure il n’y avait aucune information sur un éventuel décès lié au nouveau variant Omicron.
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