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Cancel culture, transition de genre chez les moins de 16 ans: qu’en pensent les Français?

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Parmi les citoyens de quatre pays ayant pris part au sondage d'Ifop pour Sputnik News sur les valeurs libérales, les Français sont les plus favorables à la cancel culture. Globalement, l’attitude de la population face à la transition de genre ou aux contenus sur les homosexuels à l’école dépend souvent de l’âge ou de l’appartenance politique.
Un sondage réalisé par l’Ifop pour Sputnik News révèle l’attitude de la population française, britannique, allemande et nord-américaine aux valeurs libérales comme la cancel culture, la "théorie critique de la race" ou encore l’utilisation à l'école de contenus mentionnant des couples homosexuels ainsi que la transition de genre.
Fin octobre, dans le cadre du Forum international de discussion Valdaï, Vladimir Poutine a jugé que la cancel culture se muait en discrimination à l’envers, "en racisme inversé". Pour le Président russe, l’idée selon laquelle les enfants ont le droit de choisir eux-mêmes leur genre est un "crime contre l’humanité".
D’après les résultats du sondage, une partie des sujets comme la cancel culture ou la décision que peut prendre un adolescent de moins de 16 ans quant à un traitement en vue d’une transition de genre ne sont toujours pas acceptées par la majorité absolue de la population. Les questions de l’inclusion dans le programme scolaire de thèmes sur les couples homosexuels ou sur la transition de genre reçoivent un accueil favorable auprès d’une grande majorité des sondés, atteignant parfois une moitié, voire plus.

La cancel culture

Le premier sujet traité dans le sondage est la cancel culture, laquelle dénonce publiquement des individus, groupes ou organisations en vue de leur ostracisation, en raison de propos ou de comportements considérés comme offensants ou problématiques.
D’après les résultats, ce phénomène est perçu presque de la même manière aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne, le nombre de ceux qui le prennent négativement étant prépondérant (50% des personnes sondées aux États-Unis, 49% au Royaume-Uni et en Allemagne).
En France, la situation est différente. Le nombre de personnes interrogées qui s’opposent à la cancel culture est de 38%, soit plus bas que dans les trois autres pays. En outre, le pourcentage des sondés montrant de l’indécision y est également plus élevé, soit 29% contre 22% en Allemagne, 24% au Royaume-Uni et 17% aux États-Unis.
Le phénomène est toutefois soutenu par 29% des personnes interrogées en Allemagne et par 27% au Royaume-Uni. En France et aux États-Unis, ce chiffre est identique, soit 33%.
La répartition des avis est observée en fonction des groupes d’âge, de l’enseignement ou du choix politique des répondants.
Ainsi, en France, parmi ceux de moins de 35 ans, 41% soutiennent la cancel culture contre 34% qui s’y opposent. Parmi les sondés âgés de plus de 35 ans, la situation est inverse: 43% sont contre et 30% y sont favorables.

La démocratie impactée par la "théorie critique de la race"?

Selon la "théorie critique de la race" émergeant actuellement dans les médias américains, le racisme s'avère intrinsèque aux systèmes juridiques et aux politiques publiques, qui doivent être modifiés en conséquence. Les participants à ce questionnaire ont donc été invités à répondre s’ils estimaient "que cette théorie permet une amélioration de la démocratie" ou bien "qu’elle conduit à traiter différemment les personnes selon leur 'race' et ne serait donc pas démocratique".
Il ressort des résultats du sondage que dans les quatre pays mentionnés, la "théorie critique de la race" est soutenue de manière plutôt faible.
Seulement 16% des personnes interrogées en France, 19% au Royaume-Uni, près d'un quart en Allemagne (24%) et légèrement plus d’un quatre (27%) aux États-Unis croient que cette théorie "permet une amélioration de la démocratie".
La proportion la plus élevée de personnes indécises face à cette théorie est observée en France, où elle est de 39%, contre 37% au Royaume-Uni, 22% en Allemagne et 20% aux États-Unis.
D’importantes divergences sont observées en fonction des groupes sociaux en France.
Ainsi, 59% des dirigeants d’entreprise considèrent cette théorie comme antidémocratique contre 44% de salariés du même avis.
Au niveau de la formation, 58% des personnes qui ont fait des études supérieures la considèrent comme antidémocratique, ceci contre 41% des personnes ayant fait des études secondaires.

Transition de genre chez les enfants de moins de 16 ans

En septembre 2021, la Cour d’appel d’Angleterre a rendu une décision d'après laquelle les jeunes de moins de 16 ans sont en mesure de donner un consentement éclairé pour suivre des traitements médicaux retardant la puberté. Ce type de traitement est entre autres utilisé lors de la transition de genre.
D’après le même sondage, la proportion des Français, Britanniques, Allemands et Américains interrogés s’opposant à cette décision est plus élevée que ceux y étant favorables.
Presque la moitié des sondés sont contre cette décision en Allemagne et aux États-Unis (48%) et un peu plus de la moitié (52%) au Royaume-Uni et en France.
Plus d’un tiers des Américains et Allemands sondés (36% et 34% respectueusement) soutiennent la décision de la Cour d’appel, contre 30% des Britanniques et 27% des Français.
Quant à la répartition selon la tranche d'âge en France, 39% des personnes de moins de 35 ans soutiennent la décision, et 22% seulement parmi ceux de plus de 35 ans. 61% des personnes ayant un diplôme supérieur s’y opposent contre 53% parmi les diplômés du secondaire.
Concernant le choix politique, 34% des personnes votant à gauche soutiennent la décision, ceci contre 16% pour la droite et 30% des sympathisants de La République En marche (LREM).

Utilisation à l’école de contenus mentionnant des couples homosexuels

Dans les quatre pays ayant participé au sondage, le nombre total de personnes soutenant l'utilisation à l'école de contenus mentionnant des couples homosexuels est plus élevé que le pourcentage de ceux s’y opposant. La proportion des "pour" est la plus élevée en Allemagne (64%), et est de 52% au Royaume-Uni, de 48% en France et de 42% aux États-Unis.
Concernant la proportion de ceux qui se prononcent contre, la plus élevée est aux États-Unis (43%). En France, elle est de 34%, dépassant d’1% le Royaume-Uni, alors qu'elle est de légèrement plus d’un quart en Allemagne (27%).
Dans l’Hexagone, parmi les moins de 35 ans, la majorité absolue (61%) s'avère pour. S’ils sont 44% de la génération plus âgée à soutenir l’idée, ce chiffre est plutôt dû aux personnes âgées de plus de 65 ans (34%).
La majorité (57%) des personnes ayant fait des études supérieures soutiennent la mention de couples homosexuels dans les programmes scolaires, alors que parmi les personnes ayant suivi une formation secondaire et professionnelle ce chiffre est de 41%.
En termes de choix politique, la majorité absolue des personnes se réclamant de la gauche (62%) et seulement un peu plus d'un tiers de la droite (35%) soutiennent ce type de contenus dans les programmes scolaires.

Des contenus scolaires mentionnant des transitions de genre

Ce n’est qu’en Allemagne qu’on constate un nombre prépondérant de personnes favorables à l'utilisation à l'école de contenus mentionnant des transitions de genre. Ils sont 53% à soutenir ceci contre 37% pour ceux qui s’y opposent.
Alors qu’au Royaume-Uni et aux États-Unis le nombre des "contre" est plus élevé (44% de favorables contre 39%, 48% de favorables contre 40% respectivement), en France les avis sont divisés presque de manière égale. Ainsi, 41% des personnes sondées sont pour l’introduction de ces contenus et 42% contre.
Toujours en France, 62% des 18-24 ans sont favorables à l’inclusion d'un contenu de changement de genre dans le programme scolaire, mais ce chiffre n’est que de 29% parmi les plus de 65 ans.
L’appartenance aux partis politiques montre que 56% des personnes votant à gauche et 22% à droite sont favorables à l'inclusion de ce type de contenus dans le programme scolaire.
Le panel a été réalisé du 24 au 26 novembre 2021 en ligne sur un échantillon représentatif de 4.010 personnes de plus de 18 ans, l’erreur d’échantillonnage pour chaque pays ne pouvant dépasser +/- 3,1% avec un niveau de confiance de 95%.
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