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Rien n’oblige la Russie à fournir tout son gaz à l’Europe via l’Ukraine, rappelle Moscou

© Sputnik . Stringer / Aller dans la banque de photosUne entreprise gazière (image d'illustration)
Une entreprise gazière (image d'illustration) - Sputnik France, 1920, 03.01.2022
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L’Ukraine n’a pas vocation à voir passer par elle toutes les livraisons de gaz russe vers l’Europe, souligne la diplomatie russe. Kiev craint que la manne des droits de transit ne finisse par lui échapper.
Malgré le redoux hivernal et l’augmentation de l’offre, qui ont permis aux prix du gaz de se stabiliser en ce tout début d’année, la question des livraisons russe vers l’Europe reste d’actualité.
Si le géant Gazprom a nettement augmenté ses exportations vers l’Ouest en 2021, les canaux d’acheminement sont variés. Et les livraisons n’ont pas à passer exclusivement par l’Ukraine, comme l’a rappelé à Sputnik le vice-ministre des Affaires étrangères Alexandre Pankine.
"Si le but est de faire passer le gaz uniquement par l'Ukraine, alors rien ne nous y oblige. Les contrats sont remplis, avec même un excédent de 8 à 10 %", a ainsi déclaré le diplomate.
La Russie honore en effet déjà ses contrats de transit signé avec Kiev, qui courent jusqu’en 2024. Le Président ukrainien, Volodymyr Zelensky, s’est d’ailleurs déclaré favorable à la prolongation de ces contrats.
Gazprom s’est également dit prêt à poursuivre le transit par l’Ukraine après 2024, sous condition de faisabilité économique et si l’état technique du GTS (système de transport du gaz naturel de l'Ukraine) le permet. Les volumes de transit devront cependant correspondre aux volumes d’achats des partenaires européens, avait récemment souligné Alexeï Miller, patron du géant gazier.

Rente gazière

Depuis plusieurs mois, l’Ukraine a manifesté de vives inquiétudes vis-à-vis de cette rente gazière, jusqu’à provoquer une crise diplomatique avec son voisin hongrois. Kiev a en effet reproché à Budapest d’avoir signé un contrat de 15 ans avec Gazprom, pour un approvisionnement qui passera principalement par le gazoduc Turkish Stream et qui contournera donc son territoire.
Face à la colère de Kiev, la Hongrie avait répondu qu’il en allait de sa "sécurité énergétique" et que nul n’avait le droit de s’immiscer dans ces questions de souveraineté nationale. L'ambassadeur ukrainien à Budapest avait d’ailleurs été convoqué.
Pour les mêmes raisons, l’Ukraine s’était élevée contre la construction du Nord Stream 2, dès le lancement du projet. Le tracé à travers la mer Baltique prive en effet Kiev de précieux droits de transit.
Certains observateurs voient dans cet attachement à la rente gazière l’illustration d’une Ukraine à la dérive. La manne des droits de transit revêt parfois des allures d’"aumône", consentie par les Européens à un pays "qui est un réel poids mort", déclarait ainsi récemment à Sputnik Thibaud Gibelin, professeur associé au Mathias Corvinus Collegium (MCC) de Budapest.
Fin décembre, la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, avait elle aussi souligné que la question gazière cachait un mal plus profond en Ukraine. La responsable avait pointé du doigt le "dysfonctionnement absolu du système étatique", principale menace à la sécurité énergétique du pays.
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