Des militaires russes contrôlent un site militaire sur le territoire britannique

CC BY-SA 2.0 / mrgarethm / MODLe siège du ministère britannique de la Défense à Londres
Le siège du ministère britannique de la Défense à Londres - Sputnik France, 1920, 18.01.2022
Le Royaume-Uni accueille ce 18 janvier des inspecteurs militaires russes qui contrôleront un site militaire pour vérifier les informations communiquées par la partie britannique sur le déploiement de ses forces. Cette visite s’effectue conformément au Document de Vienne de 2011 sur les mesures de confiance et de sécurité.
Des inspecteurs militaires russes se rendent au Royaume-Uni pour effectuer des vérifications sur un site des forces armées britanniques.
Cette visite se tiendra ce 18 janvier dans le cadre du Document de Vienne 2011 sur les mesures de confiance et de sécurité, a déclaré le directeur du Centre national sur la diminution du danger nucléaire, Sergueï Ryjkov.
L’équipe est chargée de vérifier les informations communiquées sur les forces armées et les projets de déploiement militaire du pays, a souligné la Défense russe. En parallèle de ce contrôle, le commandant britannique du site livrera au personnel russe les informations dont il dispose sur les armements présents et le personnel qui y travaille.
Aucun détail supplémentaire sur ce site, "déployé dans un lieu habituel en période de paix", n’a été communiqué.
Le Document de Vienne scelle un accord sur la transparence militaire auquel sont parvenus les 57 pays membres de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) en 2011. Le document prévoit des visites d’inspection annuelles sur des sites militaires des pays signataires par les représentants des pays membres de l’OSCE, pour s’assurer qu’il n’y a pas de capacités militaires non déclarées ou d’activités inquiétantes.
Les parties s’échangent également des informations sur leurs forces armées, leurs systèmes militaires essentiels et leurs armements, ainsi que sur la planification des budgets militaires. Des consultations sont aussi prévues en cas d’"activités militaires inhabituelles" et d’incidents dangereux à caractère militaire.
Un précédent contrôle avait été annoncé en septembre dernier. Les inspecteurs russes s'étaient rendu le 28 septembre sur un autre site militaire britannique.

Relations militaires entre la Russie et le Royaume-Uni

La veille de la visite des inspecteurs, le ministre britannique de la Défense, Ben Wallace, a déclaré avoir invité son homologue russe, Sergueï Choïgou, à se rendre à Londres "durant les semaines à venir" pour discuter des questions liées aux préoccupations de sécurité mutuelle et pour collaborer "de manière constructive et de bonne foi". Cette annonce a été faite lors d’une réunion parlementaire à Londres.
Pour l’heure, on ignore si le ministre russe a accepté cette invitation. Un précédent entretien entre les autorités militaires des deux pays avait eu lieu le 23 décembre. Le chef d’état-major russe, Sergueï Guérassimov, et son homologue britannique Tony Radakin, se sont parlés au téléphone. Ils ont convenu de reconnaître l’importance vitale de maintenir la communication pour comprendre les intentions mutuelles et pour éviter de mauvais calculs.
Motivant sa décision de s’entretenir avec M.Choïgou, Ben Wallace a fait part de ses allégations sur la présence de troupes russes près de la frontière avec l’Ukraine, ce que l’Otan qualifie de menace d’invasion du pays. Ces accusations à l’encontre de Moscou, qui ne cessent d’affluer depuis plusieurs mois, ont été démenties à maintes reprises par la Russie.

Sur fond de négociations avec l’Otan

Vladimir Poutine a dénoncé en novembre les "lignes rouges" que l’Alliance transatlantique avait franchies, en renforçant ses activités militaires près des frontières russes. Cette situation a conduit à la formulation par Moscou de propositions d'accords sur les garanties de sécurités entre la Russie, l’Otan et les États-Unis. Une série de négociations tenues entre les parties en janvier n’a pas abouti à des accords concrets, l’Otan ayant refusé de ne pas s’élargir à l’est, ce qui constitue l’une des exigences principales de la Russie.
Entre-temps, le Kremlin a constaté une "invasion graduelle" de l’Ukraine par l’Otan via des activités que cette dernière effectue sur le territoire du pays. Cette situation "tendue" dicte l’importance de maintenir les forces armées russes près de la frontière russo-ukrainienne, a déclaré le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov, dans une interview accordée à CNN.
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