Des députés invitent l’Assemblée nationale à envisager un retrait de la France de l’Otan

© Sputnik . Alexeï Vitvitski / Aller dans la banque de photosOtan
Otan - Sputnik France, 1920, 25.01.2022
En plein débat concernant l’utilité pour la France de rester au sein de l’Otan, le groupe La France insoumise à l’Assemblée nationale a rédigé une proposition de résolution questionnant la nécessité pour l’État de cette alliance.
La France doit-elle rester au sein de l’Otan? Cette question semble préoccuper de plus en plus de Français, tant à droite qu’à gauche. Aussi bien Éric Zemmour, Marine Le Pen ou Éric Ciotti que Jean-Luc Mélenchon appellent à un retrait du commandement intégré de l'Alliance. C’est maintenant au tour de Michel Larive, membre du groupe La France insoumise (LFI) à l’Assemblée nationale, de soulever la question.
Il a ainsi attiré l’attention du chef de la diplomatie française sur "la nécessité pour la France de quitter l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord", annonce son parti. Avec plusieurs autres députés, le membre de son parti Bastien Lachaud et le groupe LFI ont soumis à la chambre basse du Parlement une proposition de résolution qui "questionne l’intérêt de la France à être membre" de l’Otan, "la seule alliance militaire intégrée au monde" qui aurait dû disparaitre à la fin de la guerre froide, selon les élus.

Une alliance qui ne cesse de s’élargir

Malgré cela, l’Alliance ne cesse d’étendre en permanence "ses champs d’action", souligne le député en citant notamment les interventions dans les Balkans, en Afghanistan et en Libye. Celles-ci ont eu des "résultats désastreux" et ont favorisé entre autres l’émergence "de groupes armés potentiellement terroristes".
Cependant, l’Otan continue de se présenter comme une "alliance défensive, qui ne représente une menace pour aucun pays", s’indignent les auteurs du document.
Ils rappellent en outre les divergences des positions de la France avec certains autres membres de l’Alliance comme la Turquie, "avec laquelle les épisodes de tensions se sont multipliés ces dernières années", mais aussi les États‑Unis et l’Australie, qui ont créé l’alliance AUKUS face à la Chine et rompu le contrat de livraison de sous‑marins. Ce geste a été qualifié de coup de "couteau dans le dos" par l'ambassadeur de France en Australie, Jean-Pierre Thebault.
"Notre pays a tout intérêt à se libérer du carcan que représente l’Otan pour parler de sa propre voix", martèlent les auteurs.

Ne pas lutter contre Moscou et Pékin

Ils évoquent au passage l’"exagération de la menace russe pour faire accepter la ‘protection’ supposée des États‑Unis" et disent que la Chine, qui représenterait un "défi systémique" d’après l’Otan, "n’est pas une menace militaire pour la France". Paris, note pour sa part sur son site La France insoumise, "n’a aucun intérêt à se ranger dans un ‘bloc’ belliciste contre la Chine et la Russie".
Les députés invitent le gouvernement à "interroger la place de la France dans l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord". Le retrait de la France, pourrait, selon eux, "s’opérer en deux temps: un retrait immédiat du commandement intégré de l’alliance dans un premier temps, et une sortie complète de l’organisation planifiée dans un second temps".

Une question qui divise

Même si Emmanuel Macron lui-même avait constaté "la mort cérébrale de l'Otan" en octobre 2019, l’actuelle hystérie autour de la prétendue intention russe d’attaquer l’Ukraine, que Moscou ne cesse de démentir, pousse de nombreux politiques à préconiser l’attachement de Paris à l’Alliance.
Ainsi, le secrétaire d'État français chargé des Affaires européennes Clément Beaune a estimé dimanche que le retrait de l'Otan serait "le plus beau cadeau que l'on puisse faire à la Russie".
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