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Le ministre marocain des Affaires étrangères a affirmé dans une déclaration à Sky News Arabia qu’il était hors de question que le royaume chérifien rétablisse ses relations diplomatiques avec l’Iran, sans que ce dernier n’apporte la preuve «contraire de ce qui est évident pour nous dans son soutien clandestin aux séparatistes» du Front Polisario.

Lors d’un entretien accordé ce lundi 12 octobre à la chaîne Sky News Arabia, le chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita, a évoqué les relations diplomatiques de son pays avec l’Iran rompues depuis mai 2018. Selon lui, Téhéran avait menacé «la sécurité nationale» du royaume chérifien en soutenant clandestinement «les séparatistes» du Front Polisario.

«Les relations diplomatiques demeureront rompues avec l'Iran jusqu'à ce que Téhéran prouve le contraire de ce qui est évident pour nous dans son soutien clandestin aux séparatistes [du Front Polisario, ndlr] et les atteintes à la sécurité nationale de l'État marocain», a déclaré Nasser Bourita.

Le 1er mai 2018, le Maroc avait annoncé la rupture de ses relations avec l’Iran. Des «preuves irréfutables» et des «données très précises» démontrent, selon Rabat, le soutien militaire dont aurait bénéficié le Front Polisario à travers le Hezbollah, allié de Téhéran, et l'implication de l'ambassade de Téhéran à Alger pour livrer des armes de pointe, notamment des missiles Sam 9, Sam 11 et Strella.

La réaction de l’Iran aux allégations marocaines

Deux semaines après, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères de l’époque Bahram Qassemi avait réfuté lors d’un point presse les accusations du Maroc, soulignant que «Rabat n'avait pour l'heure apporté aucune preuve à l'appui des accusations qui ont motivé sa décision de rompre ses relations diplomatiques avec l'Iran».

«Tout le monde a pris conscience que la politique marocaine dans la situation que traverse actuellement le monde musulman, en particulier après que les États-Unis ont transféré leur ambassade à Jérusalem et avec les crimes perpétrés par Israël contre des Palestiniens à Gaza, ne rend service qu'aux ennemis du monde musulman, dont elle détourne l'attention de sa première cause qui est la Palestine et la mosquée al-Aqsa», avait souligné le diplomate iranien.

Évoquant les accusations relatives à l'implication de l'Iran, via son ambassade à Alger, dans une opération clandestine de livraison d'armes du Hezbollah au Front Polisario, M.Qassemi avait déclaré «qu'il semble que les responsables marocains pensent qu'en répétant sans cesse leurs accusations à l'encontre de l'Iran, ils finiront par convaincre l'opinion publique de la justesse de leurs allégations».

La position du Front Polisario

En avril 2019, soit une année après que le Maroc avait rompu ses relations avec l’Iran, M’hamed Khadad, membre de la direction et responsable des relations extérieures du Polisario, avait également réfuté les allégations marocaines.

«Plusieurs mois sont passés depuis que Nasser Bourita […] a dit qu'il a des preuves de ces accusations, mais jusqu'à maintenant il ne peut présenter aucune preuve de ses dires», a souligné pour sa part M.Khadad. «C'est de l'opportunisme politique malveillant, […] le Maroc est acculé et il cherche à faire plaisir à l'Arabie saoudite», a-t-il conclu.

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Tags:
relations diplomatiques, relations bilatérales, reprise de relations, relations publiques, Front Polisario, Maroc, Iran
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