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«L’ambassade des États-Unis aurait dû œuvrer à la promotion de la coopération avec l’État où elle est établie [l’Algérie, ndlr]», écrit sur Facebook l’ambassade de Chine à Alger, en réponse à une publication de son homologue américaine sur la situation des Ouïghours. Elle a dénoncé une «ingérence dans les affaires intérieures» chinoises.

Un article du département d’État américain sur la situation des Ouïghours, repris sur Facebook par l’ambassade des États-Unis à Alger, a provoqué la colère de son homologue chinoise qui a répliqué par un communiqué diffusé également sur ce même réseau social.

L’article en question relate l’activité de deux restaurants aux États-Unis qui profitent des moments de partage culinaire pour attirer l’attention de leurs clients sur la situation des Ouïghours, «qui sont persécutés depuis des décennies par le parti communiste chinois dans la province du Xinjiang».

«L’ambassade des États-Unis aurait dû œuvrer à la promotion de la coopération avec l’État où elle est établie [l’Algérie, ndlr], mais elle réfléchit toujours à la manière de discréditer les autres pays et de s’immiscer dans leurs affaires intérieures», a écrit la représentation chinoise à Alger, soulignant que ceci «était incompréhensible».

Quid de la situation des musulmans aux États-Unis?

Tout en rappelant qu’en Chine, des restaurants de différentes cuisines, y compris les restaurants ouïghours du Xinjiang, «sont répartis dans tout le pays et attirent un grand nombre d’amateurs», l’ambassade de Chine à Alger évoque en réponse la situation des musulmans aux États-Unis.

«Selon les données de l’American Pew Research Center, 75% des musulmans américains estiment qu’il existe une grave discrimination raciale à leur égard dans la société américaine», cite le communiqué. «Ignorer les faits et discréditer les autres pour servir ses fins et semer la discorde, est quelque chose qui nuit aux autres sans servir ses propres intérêts», ajoute-t-il.

Une déclaration de Pompeo

Pour l’ambassade de Chine à Alger, la curieuse attitude de son homologue américaine s’explique parfaitement par «une phrase de Mike Pompeo».

«Nous mentons, trompons, volons et nous avons des cours particuliers à donner en la matière», avait lancé le secrétaire d’État américain, selon la note de l’ambassade chinoise.

Les équipages des Il-76 de l'ANP à l'aéroport d'Alger à leur retour de Chine
© Photo / Sputnik via le Ministère algérien de la Défense nationale
En conclusion, le même communiqué explique qu’«il s’agit aussi d’une manœuvre permanente des États-Unis pour s’ingérer dans les affaires intérieures d’autres États».

Une guerre commerciale en arrière-plan?

En septembre, les États-Unis qui avaient déjà accusé la Chine d’interner plus d’un million de Ouïghours musulmans «dans le cadre d’une campagne systématique et brutale pour éradiquer leur religion et leur culture au Xinjiang» sous couvert de lutte antiterroriste, ont élargi leurs sanctions commerciales contre Pékin aux produits agricoles en provenance de la région du Xinjiang.

En novembre, le département d’État américain a également retiré le Mouvement islamique du Turkestan oriental (Etim) de sa liste noire des organisations terroristes. Ce groupe ouïghour opère principalement dans l’ouest de la Chine.

Pékin, qui pointe régulièrement la responsabilité du mouvement Etim dans les attentats commis dans la région autonome du Xinjiang, nie en bloc les accusations de génocide contre les Ouïghours.

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Congrès mondial des Ouïghours, ouïghours, contre-sanctions, sanctions, États-Unis, Chine
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