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Après de nombreuses demandes d’étudiants afro-américains, la direction de l’université du Wisconsin à Madison a pris la décision d’enlever un rocher qui y avait été installé il y a près de 100 ans en mémoire d’un ancien président de l’établissement et surnommé depuis cette époque «rocher tête de nègre».

«Peu importe l’ampleur de ce pas, car c’est un pas dans la bonne direction», a réagi le 7 août l’Union des étudiants noirs de l’université du Wisconsin à Madison après qu’une grue a enlevé un rocher installé dans les années 1920 dans l’un des campus de l’établissement.

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Публикация от Wisconsin Black Student Union (@badgerbsu)

D’après les étudiants, dès son installation en octobre 1925, le rocher a symbolisé la discrimination envers les Afro-Américains. Comme en témoigne un article ancien de la presse locale repris par cette union, ce bloc de pierre était baptisé «rocher tête de nègre» selon une tradition courante de l’époque qui consistait à donner un tel nom aux objets semblables à la tête d’une personne noire.

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D’après Fox News, les chercheurs de l’université n'ont pas découvert d'autres publications dans la presse où ce rocher était mentionné avec un tel nom, mais ils soulignent que le Ku Klux Klan était actif dans le campus au moment de l'inauguration de ce monument en l’honneur de Thomas Crowder Chamberlin, géologue et ancien président de l’établissement.

Ses origines

Ce rocher est un bloc glaciaire erratique de l'ère précambrienne qui, selon les experts, est daté probablement de plus de deux milliards d'années. Si initialement son poids avait été évalué à 70 tonnes, la dernière mesure a montré qu'il pèse 42 tonnes. À des fins éducatives, le rocher continuera d’être exposé mais sur un nouveau site.

Son déplacement, que les étudiants demandaient depuis l’été 2020, a été approuvé par l’université en janvier dernier mais il a fallu attendre l'approbation de la société historique du Wisconsin car le rocher se trouvait à seulement quelques mètres d’une sépulture amérindienne.

Les étudiants avaient également demandé le retrait d'une statue d'Abraham Lincoln car «même s’il exprimait son opposition contre l’esclavage il n’était pas pro-Noirs». Cependant, les dirigeants de l’université ont rejeté cette demande.

Destructions de monuments

Dans la foulée des manifestations de masse ayant suivi la mort de George Floyd, le mouvement antiraciste a entrepris la démolition des monuments à la gloire de personnalités responsables de l’esclavage, de génocides ou encore de guerres à travers le pays.

En juin 2021, la Chambre des représentants des États-Unis a approuvé le retrait des statues des confédérés du Capitole. La Chambre avait adopté une loi similaire l'année dernière, mais elle avait été bloquée au Sénat qui se trouvait sous contrôle républicain. Sous Biden, cette loi a plus de chances d’être approuvée par le Sénat où maintenant les démocrates détiennent la majorité.

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Tags:
pierre, racisme, George Floyd, Black Lives Matter
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